MALOUBIER Robert
- FFL
- FFC
- Agent du BCRA
- HAMLET BUCKMASTER
- Résistance Intérieure
Date de naissance: 02/02/1923  à Neuilly sur Seine (92)
 
Robert MALOUBIER, dit Bob, est né le 2 février 1923 à Neuilly-sur-Seine où Il fait ses études au Lycée Pasteur. Sportif et nageur, il est notamment membre de l’équipe de natation du Racing Club de France.
En mai 1940, alors qu’il prépare son bac, les troupes allemandes déferlent sur la France. En juin, il quitte Paris, décidé à rejoindre le général de Gaulle. Il tente sans succès de passer par Bordeaux, puis Saint-Jean-de-Luz et enfin Marseille. A Royat, il rencontre le colonel Émile Bonotaux qui lui conseille plutôt de gagner l’Afrique du Nord.
En janvier 1941, il s’enrôle dans l’aviation de l’armée d’armistice afin de mettre le cap sur Gibraltar ou Malte dès qu’il sera seul aux commandes d’un avion. Mais comme il y a déjà trop de pilotes, il demeure rampant et est affecté à la garde de la base aérienne de Bizerte en Tunisie.
Le 8 novembre 1942, la base est encerclée par les Allemands. Robert MALOUBIER et son ami Henri Silhol partent en Algérie à vélo. Ils y rejoignent des soldats britanniques débarqués par l’opération Torch. Il est alors recruté comme agent secret du SOE et quitte Alger pour Londres, via Gibraltar en janvier 1943.
Il passe par le Patriotic School en février puis est dirigé vers Orchard Court où en mars il est à l’entraînement avec Pierre Raynaud et Henri Sihol. Maniement des armes et des explosifs, liaison radio, action commandos au Wanborough Manor, sécurité au New Forext le tout couronné par cinq sauts en parachute dont un de nuit à Ringway.
Dans la nuit du 23 août 1943, il est parachuté en France, près de Louviers. Il atterrit, à minuit passé, dans un champ de blé. Au pied d’un pommier patiente un homme « jeune, plutôt petit, aux lèvres bien ourlées, au regard gris pétillant d’intelligence et d’humour ». C’est Philippe Liewer chef du réseau Salesman (Hamlet Buckmaster), qui sera son « boss ».
Maloubier remplace Gabriel Chartrand comme saboteur pour le réseau. Il est secondé par Claude Malraux. Bob dirige alors une équipe de « terroristes » qui réalise plusieurs sabotages : un « tender » de sous-marins qui, depuis longtemps, force le blocus de la Royal Navy et accroît le rayon d’action des U-Boote ; une usine qui fabrique des pièces d’avions Focke-Wulf ; une centrale électrique qui alimente la région rouennaise.
En septembre 1943, il séjourne 17 jours au Havre chez Henri Chandelier pour assister Jean Thomas dans la formation paramilitaire des membres du réseau Hamlet Buckmaster, comme le raconte Brigitte Garin : " Il quadrille la campagne, ses ustensiles dans les sacoches de son vélo et enseigne le maniement des armes modernes et des explosifs aux différents groupes de L'Heure H". " Bob enseigne l'art des armes modernes et des explosifs aux différents groupes de l'Heure H. Il leur apprend comment nettoyer, déshabiller et utiliser des armes avec des tirs à blanc. Il leur esneigne également l'escrime au couteau ou à la baionette, l'amorçage des grenades ou comment se défendre sans armes. Un homme par groupe est initié à l'utilisation d'une charge explosive".
Il devient à cette époque ami avec Juliette et son époux Roger Mayer (co-dirigeant de L'Heure H avec Henri Chandelier).
Témoignage de Robert Maloubier : "
« En août 1943, j’ai été parachuté près de Rouen comme saboteur du Réseau Clément-Salesman couvrant la 5eine-Inférieure. Le chef du réseau était Charles Staunton (Philippe Liewer) ; son adjoint, Claude Malraux, frère cadet d’André.
Un mois plus tard, Staunton me dit : ”Va former le chef du secteur du Havre, Roger Mayer, un prof de sciences qui, avec sa femme Juliette, a monté un réseau à lui tout seul. Il rédige, imprime, colle aux murs un journal clandestin et vient de faire sauter son labo en essayant de fabriquer des explosifs, il a mis ça sur le compte d’une erreur de dosage au cours d’exercices pratiques.”
Roger, de taille moyenne, le poil noir, l’œil pétillant de malice, et Juliette, une jeune femme pétulante à l’opulente chevelure acajou, cultivent l’humour. Avec leurs deux fillettes, ils se rendent souvent à Valence pour, soi-disant, visiter une grand-mère, en fait, pour acheter encre, papier, caractères délivrés, en Zone Interdite, uniquement aux journaux "honnêtes". La famille sert de couverture, car la Ligne de Démarcation n'existe plus, mais les postes frontières demeurent !
Toujours de bonne humeur, Juliette se bat au marché, mène ses filles à l’école, cuisine et, tard dans la nuit, aide à l’imprimerie. Approvisionné en Plastic, Roger ne fait plus sauter le Lycée. Je forme des groupes de combat le long du Mur de l’Atlantique jusqu’à Etretat, Fécamp. Parfois, si la maison est déserte à mon retour, je laisse mon vélo le long du mur et je vais en ville. Dans les sacoches Plastic, Colt, Sten et grenades Gammon... Lorsqu’elle rentre, Juliette le pousse dans l’entrée sur le sol, lorsque nous sortons afficher le journal sur les murs, elle chantonne : "Roger et toi, vous nous ferez tous fusiller !”. Nous formions une famille unie : j’étais "Tonton Bob” ».
le 19 octobre 1943, "Bob" dispense une formation paramilitaire aux membres du groupe Harfleur de L'Heure H dans le grenier de Gabriel Caillet, chef du groupe.
Dans la soirée du 20 décembre 1943, il manque d’être arrêté par les Allemands à Elbeuf en venant à moto réceptionner un parachutage. Dans sa tentative de leur échapper, il est blessé par balle dans le dos, mais réussit néanmoins à traverser un canal et regagne Rouen en suivant la ligne de chemin de fer.
Dans la nuit du 4 au 5 février 1944, un avion Hudson le ramène à Londres en compagnie de Philippe Liewer. En mars, Philippe Liewer lui apprend que de nombreux membres du réseau ont été arrêtés (les agents Claude Malraux et Isidore Newman, le garagiste Georges Philippon, Roger Mayer au Havre,…). La situation du réseau est dramatique et le retour en Normandie est désormais exclu.
Dans la nuit du 7 au 8 juin 1944, Philippe Liewer dit «Hamlet », Violette Szabo et leur opérateur radio, sont parachutés dans le Limousin pour soutenir les maquis de la région. Violette tombe entre les mains des SS de la Panzer Division DAS Reich qui se rue de Toulouse vers la Normandie.
Bob Maloubier participe à la Libération du Limousin puis il « chatouille les débris des garnisons ennemies qui depuis l’Atlantique s’efforcent de regagner l’Allemagne ». Il remonte vers Châteauroux. Ébloui par le soleil couchant, il pense pouvoir stopper 3 cyclistes qui sont en fait l’avant garde d’une colonne allemande. Il est une nouvelle fois blessé et fait prisonnier. A Billy dans l’Allier les Allemands subissent les attaques des maquisards. Ils ont de très nombreux blessés qui ne peuvent être soignés faute de drogues et pansements. Le Général allemand lui propose de le libérer à la condition qu’il s’engage sur l’honneur à faire soigner ses blessés. A la tête d’un peloton d’ambulance, Bob Maloubier rejoint l’hôpital de Moulins.
En aout 1945, Bob Maloubier est reversé à la Force 136. Cette unité du « Special Operations Executive » (Direction des opérations spéciales) a pour mission d’encadrer les maquis dans les territoires d’Asie occupés par les Japonais et y mener des actions subversives. Il est parachuté au Laos et fait prisonnier par les Japonais juste à la fin de la guerre.
Rentré en France, il entre dans les services de renseignement extérieur (DGER) où il y restera quinze ans. Il participe à la fondation du service action du SDECE (actuelle DGSE). En 1952, il fonde l’unité « nageurs de combat » d’Arzew.
Il décède à Paris le 20 avril 2015. Ses obsèques ont été célébrées en l’Eglise Saint-Louis-des Invalides.
Robert MALOUBIER a été homologué FFC. Il a également été homologué FFL et est titulaire de la Médaille de la France Libre bien qu'agent du SOE britannnique, il a été reconnu comme agent du BCRA.
Distinctions : Chevalier de la Légion d'Honneur - Médaille de la Résistance française (1947) - Distinguished Service Order (GB)
D’après la notice établie par François Fouré pour Wikipédia et Memoresist.org, relue par Brigitte Garin qui a modifié certaines dates, les Mémoires de Robert Maloubier et le livre de Brigiite Garin sur Jacques Hamon cité en bibliographie.
Documents annexés : couverture de sa biographie - photographies extraites de la page Facebook de son neveu Jacques Maloubier
François Foure, Memoresist
In Memoriam Juliette Mayer par Robert Maloubier dans Libre Résistance
Légion d'honneur
Médaille de la résistanceVincennes : GR 16 P 387663 - GR 28 P 4 382 109 - GR 28 P 11 69 dossier 26735
Archives L'Heure H (B. Garin)
Biographies : 
 Bob Maloubier, agent secret de Churchill. Texto éd. 2019
Bibliographie :  Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020 - « Jacques Hamon résistant havrais et défenseur de l'Art », Brigitte Garin et Moira Hamon, éditions Les Choucas 2024
Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)
Fiche mise à jour le:  15/10/2024













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