Havrais en Résistance

L’Annuaire rend hommage aux 3 734 femmes et hommes dont l’engagement au péril de leur vie a porté l’espoir et œuvré pour la Libération du Havre et de la France et le rétablissement d’un régime républicain dans notre pays. Il permet aux Havrais de se réapproprier un pan de leur mémoire collective en découvrant l’histoire de leurs valeureux ainés. Toute personne ou organisation intéressée à enrichir ces connaissances est la bienvenue (cf. Le Collectif)

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Le traumatisme collectif des bombardements subis par Le Havre en septembre 1944 a en quelque sorte submergé la mémoire collective et occulté la part active de résistance à l’occupation et au régime nazi, conduite dès 1940 et jusqu’à la Libération, par près de 3.700  hommes et femmes liés à notre cité ou à ses communes avoisinantes.

Les travaux de Monsieur Michel BALDENWECK, Docteur en Histoire contemporaine, ont révélé la part prédominante de la région du Havre – 36,5 % – dans les effectifs de la Résistance en Seine Inférieure.

L’extrême dispersion des sources d’archives et de connaissances souvent restreintes au domaine de la recherche, a engagé un collectif local dans la mise en oeuvre de l’« Annuaire Havrais en Résistance(s) ».

Crédit et copyright : Un fichier général des combattants de la guerre et de la libération dans le département de Seine Inférieure : Histoire des résistances. Annexes. Juin 2020, Michel BALDENWECK
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Rejoignez le groupe Havrais en Résistances

Né au Havre le 18 mars 1905, Jean DUHAIL (alias Commandant Vallin), officier d’active, intendant militaire, adjoint de l’infanterie coloniale, entra en janvier 1942 à l’ORA puis devint un responsable de l’Armée secrète (AS).

sa notice her
www.havrais-en-resistance.fr/annuaire/entry/32552/
Sous le pseudonyme de Vallin, il devient le chef du maquis du Haut Jura à la fin de 1943, avec le grade de commandant. Le maquis de Jean DUHAIL fut soumis à de nombreuses attaques des GMR (Groupes Mobiles de Réserve) de Vichy.

Le commandant Vallin est arrêté le 9 avril 1944 au Martinet (Jura) par les Allemands et la Milice, lors de l'opération Fruhling

il est torturé au Grand Hôtel de France à Saint-Claude, siège de la Gestapo mais refuse de dénoncer ceux qui l'avaient aidé.

Le 13 avril, il est transporté attaché sur une automitrailleuse à Viry (39), puis fusillé près du chalet de fromagerie au hameau de Sous le Rosay, près de Viry le 13 avril 1944 à 19 heures.

Il a été reconnu Mort pour la France. Son corps qui avait été inhumé provisoirement à l’endroit où il décéda fut exhumé le 22 avril 1944 et réinhumé au cimetière communal de Viry (Maitron).
Jean DUHAIL a été homologué FFI et DIR.

Distinction : Médaille de la Résistance française avec rosette à titre postume (1946). Mémoire : Rue du Commandant Jean Duhail à Fontenay sous Bois (94).

Sources :

www.maquisdelain.org/personnage-jean-duhail-77.html

[fusilles-40-44.maitron.fr/?article158972](fusilles-40-44.maitron.fr/?article158972)

F. Marcot : *La Résistance dans le Jura
*A. Robert : *Jura : Territoires de Résistance*

Un lien vous permettant d’en connaitre plus sur l’opération Fruhling sur RCF radio

rcf.fr/culture-et-societe/les-rdv-de-lhistoire?episode=4975

Une stèle commémorative a été érigée au hameau de sous le Rosay(39).

Distinction : Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume (1946). Mémoire : Rue du Commandant Jean Duhail à Fontenay sous Bois (94).
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11 minutes

**Septembre 1944 - Episode 1/2 : La traversée des Hallamshires de la Seine à Vieux-Port et leur avancée sur Le Havre ** **(De la Normandie à Arnhem - lt-colonel Hart Dyke commandant du bataillon des Hallamshires 49ID). *Extrait proposé par Jean-Hugues Caillard et traduit de l'anglais par Estelle Vallois, membres du Collectif HER.***

Pendant que les plans se préparaient pour passer la rivière Seine, on nous permit d’aller dans le village de Vieux-Port, qui avait été si durement touché par le feu de nos bombardiers et artilleurs, et où nous ne pouvions pas échapper aux carcasses putrides de vieux chevaux morts et de monts de vitrines en décompositions et insalubres. Nous fûmes en mesure de récupérer et de nous organiser en paix, après tant de jours et nuits sans repos. Mais nous eûmes aussi nos problèmes, car Arthur Cowell, notre commandant de bataillon antichars et son chauffeur furent soufflés par une mine en prenant un raccourci sur une piste près du village. Arthur s’en sorti finalement mais son chauffeur succomba plus tard de ses blessures.

Bien que nos pertes au jour le jour n’étaient pas énormes, elles avaient monté depuis que nous avions reçu nos derniers renforts à Ducy St Marguerite, et nous avions fonctionné un temps avec seulement 3 compagnies. Ce fut donc avec plaisir que nous avons reçu toute la compagnie du 11ème South Stafford de la 59ème division, qui avait du être démantelée pour faire face aux pertes sévères subies par notre armée en Normandie. Au lieu de les affecter dans plusieurs compagnies, je les ai affectés sous le commandement du commandant de compagnie Geoffrey Grey et de son second, Salmon. Ils sont devenus la compagnie « B » des Hallamshires et ils sont devenus des champions en qualité de combat et en loyauté au bataillon dans les futures batailles.

Ce fut aussi à Vieux-Port que Michael Halford nous a rejoint. Il devait remplacer le commandant en second Johnnie Mott avant de partir hors de France pour prendre part aux opérations en Belgique et en Hollande.

Nous avons tous apprécié ce bref repos sur les rivières de la Seine. Tous les hommes étaient logés dans des maisons pour la première fois et les personnes étaient très accueillantes. On pouvait manger de délicieux repas dans les deux auberges et ce fut là que les officiers les plus chanceux ont pu goûter leur première bouteille de champagne.

On ordonna à la division de faire une première marche sur les bords de Seine. Afin de traverser la rivière part le pont survivant à Rouen et ensuite d’avancer sur Le Havre.

Cela entraina deux marches considérables à pied et à une vitesse militaire exténuante, alors que notre éventuel point de rassemblement, en fait, n’était qu’à 7 miles (10 km) à vue d’oiseau sur la rive d’en face. J’avais anticipé que nous pourrions avoir à traverser la Seine à Vieux-Port et avais demandé à nos Pionniers de réparer 3 ou 4 bateaux abimés qui flottaient sur les rives. Les civils nous avaient dit que l’ennemi avait évacué l’autre côté et en fait le Major Nodwell avait traversé et vérifié l’information. Je demandais donc permission pour nos fantassins traversent là où nous étions. Ce fut accordé si je pouvais tous les faire passer avant 9 heures du soir. Je ne pouvais pas le garantir.

Les bateaux étaient très difficiles à manier et le courant les emportait de 500m en haut ou en bas de la Seine à chaque traversée, suivant la marée. Cela entrainait le fait de tirer le matériel longtemps après chaque traversée. Cependant, un camion civil apparut de l’autre côté et cela nous a décidé à prendre la compagnie « C » et les groupes de commandes ; le reste du bataillon traversant via Rouen sous les ordres du Commandant en Second Johnnie Mott.

La rivière ici était très large, avec beaucoup de courant et il se faisait tard avant que la compagnie « C » ne soit de l’autre côté.

Il y avait maintenant deux bateaux de notre côté et alors que nous leur tournions le dos un moment, une foule de civils avec vélos et autres s’amassèrent dans un de ces précieux bateaux et commencèrent à s’approcher en ramant.

C’était comme si pendant un moment nous aurions à passer la nuit du mauvais côté. Me sentant désespéré, j’ai dégainé mon revolver et en mis une devant la proue des bateaux. Cela eu un effet miraculeux. Je pense que le fait d’avoir un revolver n’a jamais été aussi bien employé. Les rameurs sont vite revenus de l’autre côté et ont évacué le bateau avec une énergie désespérée. Poursuivant notre avantage, nous avons intimidé les rameurs pour qu’ils nous emmènent de l’autre côté. Ce ne fut pas chose facile, car avec moi et Jerry Bedward, il y avait deux aiguillers, le très lourd 22 Set et ses batteries de rechange et il n’y avait qu’une paire de rames. Il fallait tirer fort et au milieu, alors que nous dérivions vers Le Havre et l’ennemi, le rameur leva les bras et dit que nous étions perdus.

Jerry et moi avons pris la suite, mais je compris qu’il était un rameur et moi non. Il prit finalement le relais et on est finalement arrivés de l’autre côté. J’étais content de ne pas avoir retenu les autres compagnies, même si en fin de compte ça n’aurait rien changé. Après quelques altercations de l’autre côté, nous nous sommes empilés dans le vieux camion à charbon, escorté par quelques hommes de la Résistance Française, qui étaient très excités.

Ce ne fut que lorsque nous fîmes quelques kilomètres sur la route, qu’il faisait nuit et que nous avions commencé à nous demander si nous allions atteindre notre destination, qu’on nous a dit que le camion ne pouvait pas prendre la route directe, la colline étant trop haute, et que nous devions passer par Lillebonne, une ville assez conséquente qui, d’après ce que je compris, était aux mains de l’ennemi. Il fut facile pour les commandant s de compagnie et les autres d’en rire et de traiter l’information comme une grande blague. Le poste de commandement et les hommes clefs du bataillon piaffaient et faisaient des bruits étranges, tout en avançant péniblement vers l’ennemi. Et c’était ma responsabilité.

J’ai ordonné de charger les fusils et les pistolets, que tous se positionnent en avant et j’ai confié le reste à la Providence. On nous a beaucoup acclamé alors que nous passions dans les petits hameaux et villages à partir desquels des quotas d’hommes de la Résistance s’accrochèrent au véhicule, montrant ostensiblement pistolets et drapeaux français. Nous sommes donc arrivés avec fracas à Lillebonne après 10h du soir de la direction du Havre rencontrant une multitude de personnes qui nous félicitaient sauvagement. On nous a dit que les Allemands venaient juste de partir. Le cinéma local avait juste fini sa dernière séance et quelques soldats allemands s’y étaient rendus.

Nous continuâmes notre voyage avec réticence. A plusieurs kilomètres au côté droit de Lillebonne, nous faillîmes rencontrer notre Waterloo. Les Lincolns, la garde avancée de la division, nous regardèrent avec grande suspicions alors qu’ils nous retenaient sur la route. On a dû prendre un peu de temps pour les convaincre de notre identité.

Je pense que je me suis senti comme un mauvais gamin alors que j’arrivais à hauteur de la compagnie « C », de notre point de rassemblement et que je repris mes responsabilités. Le bataillon n’était pas arrivé et bien que je ne ménageais pas les vigiles, ces derniers ne tiraient aucune information de personne. Je ne savais pas que le pauvre bataillon était avec le reste de la division dans un vaste bouchon sur le côté ouest de la rivière, à 90 kilomètres.

On nous avait dit qu’il était important d’arriver sur Le Havre avant que l’ennemi ne soit retranché dans son périmètre, et de plus, que le 51ème bataillon avançait rapidement du nord sur le port et que nous devions y être avant. Donc, n’ayant pas de nouvelles du bataillon le lendemain, j’ai décidé de retourner vers Rouen pour les rencontrer sur la route.

Les Canadiens avaient trouvé en arrivant qu’il y avait un des ponts démolis de la station sur lequel on pouvait mettre des planches et le rendre à la circulation pour les véhicules. Ce qui fut fait avec beaucoup de talent. Etant le seul pont sur la Seine dans le secteur anglais, on donna aux divisions son utilisation seulement à des périodes spécifiques. Un mauvais chauffeur pouvait tout retenir pendant au moins une demi-heure, alors que les planches avaient été par nécessité mises à tous les angles et plans sur la superstructure malmenée des poutres originelles.

Toute notre division fut arrêtée pendant une heure par des ingénieurs insistant sur le fait de casser une poutre avec une flamme acétylène pour faciliter l’accès d’un véhicule spécialisé de réparations. Nos hommes étaient restés assis toute la nuit dans leurs camions, et ce fut tard dans l’après-midi qu’ils regagnèrent le point de rassemblement, complètement fatigués. Alors que je regardais la file de véhicules traverser le pont vital, je vis la charrue mise avant les bœufs comme pour une vengeance. Il y avait réellement besoin d’un officier avec beaucoup de volonté et d’une autorité réelle pour contrôler le trafic, et pour décider qui pouvait ou ne pouvait pas passer, au lieu de deux policiers militaires bien intentionnés.

Bien que le pont ait été alloué à notre division en ce temps, il était bien sûr sur les Lignes de Communication des divisions qui poussaient même maintenant vers la Belgique, et tous les étranges et innumérables officiels d’une armée, semblant immensément importants dans leur grosse voiture, clamaient qu’ils avaient priorité sur les troupes combattantes de notre division, qui n’avait ni dormi ni mangé chaud depuis 24 heures. Pourquoi beaucoup de personnes pensent qu’un travail, même subalterne dans un état major est supérieur à l’entrainement et à la commande d’hommes qui gagnent ou perdent une guerre ? Car chaque soldat dépense des quantités d’énergie en temps de guerre pour s’éloigner des hommes qui commandent et un large nombre d’officiers sur le terrain sont relégués à des métiers de bureau quelque part derrière les lignes.

Les Lincoln et les KOYLI (Kings’s own Yorkshire Infantry) furent utilisés pour l’avancée sur Le Havre, entre la rivière et Montivilliers, et nous étions en réserve. Pendant ce temps, la 70 Brigade d’infanterie devait venir vers nous au Nord de Montivilliers et contacter la 51ème Division qui avançait vers l’ouest le long de la côte, après avoir pris une revanche sur ses prédécesseurs en recapturant St Valery.

A cause du bouchon à Rouen, seulement un bataillon de la 70ème brigade avait réussi à franchir la Seine. Ce qui eut pour résultat que les Hallamshires furent placés temporairement sous la commande de la brigade pour avancer du Nord vers Le Havre.

Alors que le bataillon était en embuscade, je rendis visite au quartier général du 70 pour prendre mes ordres. Sur la route, je vis une grosse voiture avec une enseigne en blanc roulant rapidement vers le port. Alors que je l’arrêtais, un officier naval impatient me dit qu’il allait prendre commande du port. J’ai du lui dire que cela était un peu prématuré et qu’il tomberait sur un piège si il y allait. Il le prit bien et ne fit pas de blague sur la lenteur du service des jeunes.

Le bataillon dut faire un circuit considérable et était reçu avec ravissement dans tous les villages. Un escadron de tanks avait été placé sous notre commandement et alors que nous arrivions au bout de la vallée, je relevais l’embuscade de la compagnie le plus au front et les poussais sur les tanks pour leur faire gagner du temps, alors qu’il allait faire nuit. Nous avons atteint notre objectif, une crête à 1.8 km près des maisons de la banlieue du Havre juste au coucher du soleil. Il était trop tard pour que l’escadron de tanks ne retourne vers son régiment et ils se mirent en face de nous alors que nous creusions.

Cette nuit là, les patrouilles poussèrent jusqu’à Montivilliers et presque jusqu’à Harfleur sans rencontrer d’ennemi. Ils ont aussi localisé des champs de mines s’étendant sur notre front et ont reporté qu’il n’y avait pas d’ennemi à Fréville. Aucun contact ne pu être établi avec le Régiment Recce à notre droite et on découvrit plus tard qu’il y avait eu une erreur sur le point de rendez-vous.la nuit était très sombre et par conséquent les patrouilles ne sont revenues que juste avant l’aube, nous donnant une bonne nuit d’angoisse. Ils avaient tous fait un excellent travail, mais ce ne fut qu’après les premières lueurs que je j’ai eu une vue réelle de la situation. (*A suivre...)*
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2 jours
**Septembre 1944 - Episode 1/2 : La traversée des Hallamshires de la Seine à Vieux-Port et leur avancée sur Le Havre ** **(De la Normandie à Arnhem - lt-colonel Hart Dyke commandant du bataillon des Hallamshires 49ID). *Extrait proposé par Jean-Hugues Caillard et traduit de langlais par Estelle Vallois, membres du Collectif HER.***Pendant que les plans se préparaient pour passer la rivière Seine, on nous permit d’aller dans le village de Vieux-Port, qui avait été si durement touché par le feu de nos bombardiers et artilleurs, et où nous ne pouvions pas échapper aux carcasses putrides de vieux chevaux morts et de monts de vitrines en décompositions et insalubres. Nous fûmes en mesure de récupérer et de nous organiser en paix, après tant de jours et nuits sans repos. Mais nous eûmes aussi nos problèmes, car Arthur Cowell, notre commandant de bataillon antichars et son chauffeur furent soufflés par une mine en prenant un raccourci sur une piste près du village. Arthur s’en sorti finalement mais son chauffeur succomba plus tard de ses blessures.Bien que nos pertes au jour le jour n’étaient pas énormes, elles avaient monté depuis que nous avions reçu nos derniers renforts à Ducy St Marguerite, et nous avions fonctionné un temps avec seulement 3 compagnies. Ce fut donc avec plaisir que nous avons reçu toute la compagnie du 11ème South Stafford de la 59ème division, qui avait du être démantelée pour faire face aux pertes sévères subies par notre armée en Normandie. Au lieu de les affecter dans plusieurs compagnies, je les ai affectés sous le commandement du commandant de compagnie Geoffrey Grey et de son second, Salmon. Ils sont devenus la compagnie « B » des Hallamshires et ils sont devenus des champions en qualité de combat et en loyauté au bataillon dans les futures batailles.Ce fut aussi à Vieux-Port que Michael Halford nous a rejoint. Il devait remplacer le commandant en second Johnnie Mott avant de partir hors de France pour prendre part aux opérations en Belgique et en Hollande.Nous avons tous apprécié ce bref repos sur les rivières de la Seine. Tous les hommes étaient logés dans des maisons pour la première fois et les personnes étaient très accueillantes. On pouvait manger de délicieux repas dans les deux auberges et ce fut là que les officiers les plus chanceux ont pu goûter leur première bouteille de champagne.On ordonna à la division de faire une première marche sur les bords de Seine. Afin de traverser la rivière part le pont survivant à Rouen et ensuite d’avancer sur Le Havre.Cela entraina deux marches considérables à pied et à une vitesse militaire exténuante, alors que notre éventuel point de rassemblement, en fait, n’était qu’à 7 miles (10 km) à vue d’oiseau sur la rive d’en face. J’avais anticipé que nous pourrions avoir à traverser la Seine à Vieux-Port et avais demandé à nos Pionniers de réparer 3 ou 4 bateaux abimés qui flottaient sur les rives. Les civils nous avaient dit que l’ennemi avait évacué l’autre côté et en fait le Major Nodwell avait traversé et vérifié l’information. Je demandais donc permission pour nos fantassins traversent là où nous étions. Ce fut accordé si je pouvais tous les faire passer avant 9 heures du soir. Je ne pouvais pas le garantir.Les bateaux étaient très difficiles à manier et le courant les emportait de 500m en haut ou en bas de la Seine à chaque traversée, suivant la marée. Cela entrainait le fait de tirer le matériel longtemps après chaque traversée. Cependant, un camion civil apparut de l’autre côté et cela nous a décidé à prendre la compagnie « C » et les groupes de commandes ; le reste du bataillon traversant via Rouen sous les ordres du Commandant en Second Johnnie Mott.La rivière ici était très large, avec beaucoup de courant et il se faisait tard avant que la compagnie « C » ne soit de l’autre côté.Il y avait maintenant deux bateaux de notre côté et alors que nous leur tournions le dos un moment, une foule de civils avec vélos et autres s’amassèrent dans un de ces précieux bateaux et commencèrent à s’approcher en ramant.C’était comme si pendant un moment nous aurions à passer la nuit du mauvais côté. Me sentant désespéré, j’ai dégainé mon revolver et en mis une devant la proue des bateaux. Cela eu un effet miraculeux. Je pense que le fait d’avoir un revolver n’a jamais été aussi bien employé. Les rameurs sont vite revenus de l’autre côté et ont évacué le bateau avec une énergie désespérée. Poursuivant notre avantage, nous avons intimidé les rameurs pour qu’ils nous emmènent de l’autre côté. Ce ne fut pas chose facile, car avec moi et Jerry Bedward, il y avait deux aiguillers, le très lourd 22 Set et ses batteries de rechange et il n’y avait qu’une paire de rames. Il fallait tirer fort et au milieu, alors que nous dérivions vers Le Havre et l’ennemi, le rameur leva les bras et dit que nous étions perdus.Jerry et moi avons pris la suite, mais je compris qu’il était un rameur et moi non. Il prit finalement le relais et on est finalement arrivés de l’autre côté. J’étais content de ne pas avoir retenu les autres compagnies, même si en fin de compte ça n’aurait rien changé. Après quelques altercations de l’autre côté, nous nous sommes empilés dans le vieux camion à charbon, escorté par quelques hommes de la Résistance Française, qui étaient très excités.Ce ne fut que lorsque nous fîmes quelques kilomètres sur la route, qu’il faisait nuit et que nous avions commencé à nous demander si nous allions atteindre notre destination, qu’on nous a dit que le camion ne pouvait pas prendre la route directe, la colline étant trop haute, et que nous devions passer par Lillebonne, une ville assez conséquente qui, d’après ce que je compris, était aux mains de l’ennemi. Il fut facile pour les commandant s de compagnie et les autres d’en rire et de traiter l’information comme une grande blague. Le poste de commandement et les hommes clefs du bataillon piaffaient et faisaient des bruits étranges, tout en avançant péniblement vers l’ennemi. Et c’était ma responsabilité.J’ai ordonné de charger les fusils et les pistolets, que tous se positionnent en avant et j’ai confié le reste à la Providence. On nous a beaucoup acclamé alors que nous passions dans les petits hameaux et villages à partir desquels des quotas d’hommes de la Résistance s’accrochèrent au véhicule, montrant ostensiblement pistolets et drapeaux français. Nous sommes donc arrivés avec fracas à Lillebonne après 10h du soir de la direction du Havre rencontrant une multitude de personnes qui nous félicitaient sauvagement. On nous a dit que les Allemands venaient juste de partir. Le cinéma local avait juste fini sa dernière séance et quelques soldats allemands s’y étaient rendus.Nous continuâmes notre voyage avec réticence. A plusieurs kilomètres au côté droit de Lillebonne, nous faillîmes rencontrer notre Waterloo. Les Lincolns, la garde avancée de la division, nous regardèrent avec grande suspicions alors qu’ils nous retenaient sur la route. On a dû prendre un peu de temps pour les convaincre de notre identité.Je pense que je me suis senti comme un mauvais gamin alors que j’arrivais à hauteur de la compagnie « C », de notre point de rassemblement et que je repris mes responsabilités. Le bataillon n’était pas arrivé et bien que je ne ménageais pas les vigiles, ces derniers ne tiraient aucune information de personne. Je ne savais pas que le pauvre bataillon était avec le reste de la division dans un vaste bouchon sur le côté ouest de la rivière, à 90 kilomètres.On nous avait dit qu’il était important d’arriver sur Le Havre avant que l’ennemi ne soit retranché dans son périmètre, et de plus, que le 51ème bataillon avançait rapidement du nord sur le port et que nous devions y être avant. Donc, n’ayant pas de nouvelles du bataillon le lendemain, j’ai décidé de retourner vers Rouen pour les rencontrer sur la route.Les Canadiens avaient trouvé en arrivant qu’il y avait un des ponts démolis de la station sur lequel on pouvait mettre des planches et le rendre à la circulation pour les véhicules. Ce qui fut fait avec beaucoup de talent. Etant le seul pont sur la Seine dans le secteur anglais, on donna aux divisions son utilisation seulement à des périodes spécifiques. Un mauvais chauffeur pouvait tout retenir pendant au moins une demi-heure, alors que les planches avaient été par nécessité mises à tous les angles et plans sur la superstructure malmenée des poutres originelles.Toute notre division fut arrêtée pendant une heure par des ingénieurs insistant sur le fait de casser une poutre avec une flamme acétylène pour faciliter l’accès d’un véhicule spécialisé de réparations. Nos hommes étaient restés assis toute la nuit dans leurs camions, et ce fut tard dans l’après-midi qu’ils regagnèrent le point de rassemblement, complètement fatigués. Alors que je regardais la file de véhicules traverser le pont vital, je vis la charrue mise avant les bœufs comme pour une vengeance. Il y avait réellement besoin d’un officier avec beaucoup de volonté et d’une autorité réelle pour contrôler le trafic, et pour décider qui pouvait ou ne pouvait pas passer, au lieu de deux policiers militaires bien intentionnés.Bien que le pont ait été alloué à notre division en ce temps, il était bien sûr sur les Lignes de Communication des divisions qui poussaient même maintenant vers la Belgique, et tous les étranges et innumérables officiels d’une armée, semblant immensément importants dans leur grosse voiture, clamaient qu’ils avaient priorité sur les troupes combattantes de notre division, qui n’avait ni dormi ni mangé chaud depuis 24 heures. Pourquoi beaucoup de personnes pensent qu’un travail, même subalterne dans un état major est supérieur à l’entrainement et à la commande d’hommes qui gagnent ou perdent une guerre ? Car chaque soldat dépense des quantités d’énergie en temps de guerre pour s’éloigner des hommes qui commandent et un large nombre d’officiers sur le terrain sont relégués à des métiers de bureau quelque part derrière les lignes.Les Lincoln et les KOYLI (Kings’s own Yorkshire Infantry) furent utilisés pour l’avancée sur Le Havre, entre la rivière et Montivilliers, et nous étions en réserve. Pendant ce temps, la 70 Brigade d’infanterie devait venir vers nous au Nord de Montivilliers et contacter la 51ème Division qui avançait vers l’ouest le long de la côte, après avoir pris une revanche sur ses prédécesseurs en recapturant St Valery.A cause du bouchon à Rouen, seulement un bataillon de la 70ème brigade avait réussi à franchir la Seine. Ce qui eut pour résultat que les Hallamshires furent placés temporairement sous la commande de la brigade pour avancer du Nord vers Le Havre.Alors que le bataillon était en embuscade, je rendis visite au quartier général du 70 pour prendre mes ordres. Sur la route, je vis une grosse voiture avec une enseigne en blanc roulant rapidement vers le port. Alors que je l’arrêtais, un officier naval impatient me dit qu’il allait prendre commande du port. J’ai du lui dire que cela était un peu prématuré et qu’il tomberait sur un piège si il y allait. Il le prit bien et ne fit pas de blague sur la lenteur du service des jeunes.Le bataillon dut faire un circuit considérable et était reçu avec ravissement dans tous les villages. Un escadron de tanks avait été placé sous notre commandement et alors que nous arrivions au bout de la vallée, je relevais l’embuscade de la compagnie le plus au front et les poussais sur les tanks pour leur faire gagner du temps, alors qu’il allait faire nuit. Nous avons atteint notre objectif, une crête à 1.8 km près des maisons de la banlieue du Havre juste au coucher du soleil. Il était trop tard pour que l’escadron de tanks ne retourne vers son régiment et ils se mirent en face de nous alors que nous creusions.Cette nuit là, les patrouilles poussèrent jusqu’à Montivilliers et presque jusqu’à Harfleur sans rencontrer d’ennemi. Ils ont aussi localisé des champs de mines s’étendant sur notre front et ont reporté qu’il n’y avait pas d’ennemi à Fréville. Aucun contact ne pu être établi avec le Régiment Recce à notre droite et on découvrit plus tard qu’il y avait eu une erreur sur le point de rendez-vous.la nuit était très sombre et par conséquent les patrouilles ne sont revenues que juste avant l’aube, nous donnant une bonne nuit d’angoisse. Ils avaient tous fait un excellent travail, mais ce ne fut qu’après les premières lueurs que je j’ai eu une vue réelle de la situation. (*A suivre...)*

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Estelle Vallois Jean-hugues Caillard

Yves Eliot

Remerciements Jean-huges et Estelle ! 😉

un grand merci a vous deux pour cette traduction

Magnifique plan, merci pour ce partage, ce puzzle prend forme, merci encore.

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