Havrais en Résistance

L’Annuaire rend hommage aux 3 718 femmes et hommes dont l’engagement au péril de leur vie a porté l’espoir et œuvré pour la Libération du Havre et de la France et le rétablissement d’un régime républicain dans notre pays. Il permet aux Havrais de se réapproprier un pan de leur mémoire collective en découvrant l’histoire de leurs valeureux ainés. Toute personne ou organisation intéressée à enrichir ces connaissances est la bienvenue (cf. Le Collectif)

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Le traumatisme collectif des bombardements subis par Le Havre en septembre 1944 a en quelque sorte submergé la mémoire collective et occulté la part active de résistance à l’occupation et au régime nazi, conduite dès 1940 et jusqu’à la Libération, par près de 3.700  hommes et femmes liés à notre cité ou à ses communes avoisinantes.

Les travaux de Monsieur Michel BALDENWECK, Docteur en Histoire contemporaine, ont révélé la part prédominante de la région du Havre – 36,5 % – dans les effectifs de la Résistance en Seine Inférieure.

L’extrême dispersion des sources d’archives et de connaissances souvent restreintes au domaine de la recherche, a engagé un collectif local dans la mise en oeuvre de l’« Annuaire Havrais en Résistance(s) ».

Crédit et copyright : Un fichier général des combattants de la guerre et de la libération dans le département de Seine Inférieure : Histoire des résistances. Annexes. Juin 2020, Michel BALDENWECK
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***Le désespoir d'une mère : Henri BEGUE, résistant de l'Armée Secrète, disparu en déportation. Merci à James Wisner, rédacteur de cette notice pour le Collectif HER.***

Henri BEGUE est né le 10 décembre 1920 au Havre, fils de Jean-Pierre Begué, vérificateur des douanes et de Marie Céleste Borredon, institutrice, domiciliés 88 rue de Normandie au Havre.

Son état-civil mentionne qu’il est "*adopté par la nation suivant le jugement du tribunal civil de Montauban (Tarn et Garonne) en date du 28 mars 1924". * Cette disposition visait à apporter une protection morale et matérielle, jusqu'à leur majorité, aux nombreux orphelins et enfants de mutilés ou d'invalides de la grande guerre.

Au moment de son arrestation en 1944, Henri est étudiant en droit et secrétaire d'exploitation Forestière à Grisolles (Tarn et Garonne), domicilié place du Parvis à Grisolles.

Un document établi en 1948 par le le général commandant la Ve région militaire, atteste que Henri BEGUE a fait partie des FFI à compter de janvier 1942, au sein de la Compagnie A.S. (Armée Secrète) du Tarn-et-Garonne. Dans une déclaration, son camarade Jean Lacaze indique qu’il avait pour pseudo « Zizi ».

La mère d’Henri indique dans un courrier qu’il était le chef de la résistance à Grisolles et exécutait les ordres qu’il recevait de Montauban et de Toulouse.

Henri BEGUE est dénoncé et arrêté avec douze autres personnes le 2 mai 1944 à Grisolles par la Das Reich, suite au sabotage par l’A.S. des voies et pylônes de la ligne de Paris. Les personnes impliquées dans la même affaire étaient Charles Delboulbes et Manuel Alberia.

Il est interné à Montpezat puis à la prison Saint-Michel à Toulouse (6 mai 1944) avant d’être transféré à Compiègne (n° 37435) jusqu’au 4 juin, date à laquelle il est déporté politique par le convoi de Compiègne au KL Neuengamme, avec Charles Delboulbes (attestation).

Il est ensuite transféré en juin1944 à Hambourg, puis à Sachsenhausen-Oranienburg en septembre, où il demeure jusqu’en février 1945. Puis il fut transféré à Bergen-Belsen.

Venant de Bergen Belsen, il est acheminé le 15 avril 1945 au camp de Sandbostel, tel qu’il l’écrit lui-même, annonçant son arrivée à sa famille, mais il se dit souffrant. Il est alors soigné pour dysenterie à l'hôpital anglais du Stalag X à Sandbostel (matricule 73991).

Selon un courrier de sa mère, le 7 mai, il est changé de salle et vers le 10 mai, un camarade, Serge Castet, témoigne le retrouver à l’hôpital Canadien N°7 de Bassum. Ils se parlent longuement le 29 mai, et de nouveau le 6 juin, date ou son camarade tuberculeux fut rapatrié par train sanitaire.

A cette époque Henri BEGUE était convalescent. Ayant été contagieux, il devait purger une quarantaine avant d'être rapatrié et devait être envoyé à cet effet dans un camp au Sud-Est d'Hambourg.

Or début juillet, par suite de rectification de zone, cette région était passée en zone russe. Pour rentrer plus tôt, certains déportés s’échappaient et se dirigeaient vers la Hollande, la radio ayant annoncé sa libération.

A Sandbostel et Bassum l'hôpital général Canadien n° 7, les Canadiens avaient donné à chaque malade un sac fixé au pied du lit, où se trouvait une fiche portant le nom du malade et les diagnostics des majors, soins donnés… lorsque le malade quittait la salle ou l'hôpital, le sac le suivait, et s'il décédait, le sac et la fiche restaient.

Ainsi, à la Croix rouge Anglaise et à la Croix rouge Canadienne, se trouvaient des quantités de fiches des décédés de la région de Sandbostel.

En avril 1947, le frère aîné d’Henri, lieutenant d’infanterie coloniale de retour du Tonkin où il se trouvait depuis 6 ans, est allé lui-même à Paris au siège de ces deux Croix-Rouge et a consulté toutes les fiches, cherchant celle de son frère, mais ne l'a pas trouvée.

Ceci laisse supposer, ainsi que le racontait le déporté rapatrié le 6 juin, qu’Henri aurait quitté l'hôpital de Bassum en emportant son sac et sa fiche.

*« S'est-il dirigé vers la Hollande ? Est-il allé au camp au Sud Est Hambourg purger sa quarantaine espérant rentrer ensuite ? Le saura t-on jamais ? »*

Telles sont les questions auxquelles sa mère tenta désespérément de trouver réponse.

Un courrier de la Croix-Rouge d’octobre 1945 lui laissa entendre qu’il aurait séjourné après la libération dans les hôpitaux hollandais, notamment à Bois-le-Duc.

Le 4 décembre 1945, Madame Bégué écrivit un poignant courrier à un « général » dont le nom n’est pas mentionné :

*« le mardi 20 novembre, à l’émission de 16h 30, la radio émettait un communiqué du Ministère des Déportés pour prévenir les familles : « des milliers de français se trouvent dans les nations d’Europe, et ne peuvent communiquer avec leurs familles ».*

*Pourquoi ? C’est inconcevable et inhumain.*

*Depuis qu’il rentre « des absents », quel crève-cœur pour les mamans de ceux dont on ne sait rien. N’y a-t-il pas un remède à cet état de choses ?*

*Je suis fière de mes deux fils, ils ont fait leur devoir, comme de braves petits français, mais je suis aussi leur malheureuse maman, angoissée et terriblement anxieuse.*

*Si j’espère revoir mon cher déporté, je redoute aussi le pire.*

*Pauvre enfant de vingt-quatre ans, si vivant, si courageux. Mon général, pensez à toutes les mamans de France qui pleurent et qui ont peut-être leur fils à l’étranger ; si vous pouvez faire cesser leur calvaire, faites-le. En leur nom et au mien, je vous remercie d’avance et vous exprime ma respectueuse reconnaissance ».*

Selon son état-civil, Henri BEGUE est décédé et déclaré Mort pour la France le 5 mai 1945 "à Hambourg, Sandbostel, Allemagne", son décès a été transcrit à Grisolles (82) le 17 avril 1953.

Il a été homologué FFI et DIR.

Distinction : Médaille de la Résistance française à titre posthume (1958). Médaille d’argent de la reconnaissance française pour faits de résistance (1950).
La commune de Grisolles honore chaque année la mémoire de ses résistants arrêtés par la Gestapo, dont Henri BEGUE.

**NOTICE HER **: www.havrais-en-resistance.fr/annuaire/entry/31771
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3 jours

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Hommage et Respect Monsieur 🌹🙏

il porte un nom réunionnais

terrible lettre de sa mere .....tres emouvant

en complément de l'article sur Henri Begue le dossier GR19 82/69 de la 2 eme compagnie des C.F.L. issu des archives du shd vincennes ainsi qu'un historique des activités de cette compagnie en suivant le lien resistance82.fr/2eme-compagnie-cantons-de-grisolles-et-villebrumier/

En complément de l'article sur Henri Begue le dossier GR19 82/69 de la 2 eme compagnie des C.F.L. issu des archives du shd Vincennes
Sur la 1 ere page on voit bien le nom d'Henri Begue sur la liste nominative de la formation.
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