Havrais en Résistance

L’Annuaire rend hommage aux 3 651 femmes et hommes dont l’engagement au péril de leur vie a porté l’espoir et œuvré pour la Libération du Havre et de la France et le rétablissement d’un régime républicain dans notre pays. Il permet aux Havrais de se réapproprier un pan de leur mémoire collective en découvrant l’histoire de leurs valeureux ainés. Toute personne ou organisation intéressée à enrichir ces connaissances est la bienvenue (cf. Le Collectif)

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Le traumatisme collectif des bombardements subis par Le Havre en septembre 1944 a en quelque sorte submergé la mémoire collective et occulté la part active de résistance à l’occupation et au régime nazi, conduite dès 1940 et jusqu’à la Libération, par près de 3.700  hommes et femmes liés à notre cité ou à ses communes avoisinantes.

Les travaux de Monsieur Michel BALDENWECK, Docteur en Histoire contemporaine, ont révélé la part prédominante de la région du Havre – 36,5 % – dans les effectifs de la Résistance en Seine Inférieure.

L’extrême dispersion des sources d’archives et de connaissances souvent restreintes au domaine de la recherche, a engagé un collectif local dans la mise en oeuvre de l’« Annuaire Havrais en Résistance(s) ».

Crédit et copyright : Un fichier général des combattants de la guerre et de la libération dans le département de Seine Inférieure : Histoire des résistances. Annexes. Juin 2020, Michel BALDENWECK
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**Mémoire du 18 Juin : le saviez-vous ? Félix BRUNAU, né à Paris le 18 juin 1901 (!), sorti de l’Ecole des Beaux-Arts, est le concepteur du Mémorial du Mont Valérien inauguré le 18 juin 1960…. Félix Brunau était lié au réseau Français Libre Saint Jacques de Maurice Duclos, dont il créa le sous-réseau Nardan au Havre.**

*Nous remercions chaleureusement **Daniel Haté **pour le portrait de Félix Brunau, ainsi que la photographie prise devant un Plan du Havre publiée sur le Blog Havrais Dire (Thérèse Bonney).*

**Le créateur du sous-réseau Nardan**

C’est Jacques Lurot (alias Donald) qui mit en contact Maurice Duclos avec le lieutenant-colonel de réserve Félix Brunau (alias Nardan) qui dirigera la région parisienne, la Seine-et-Oise, la Seine-Maritime et sera chargé plus spécialement des sabotages et des coups de main.

Félix BRUNAU était entré en résistance selon les circonstances décrites dans l'ouvrage collectif "Histoire de la Résistance en France (1),

"Lorsque Maurice Duclos (alias Saint-Jacques) entre en rapport, en octobre 1940, avec l’architecte Félix BRUNAU, chef de bataillon de réserve du Génie, tout fraîchement démobilisé après avoir été blessé, fait prisonnier et s’être évadé, il ne lui demande pas de se lancer dans le renseignement mais bien dans l’action.

Il est vrai que Félix BRUNAU a déjà, si l’on peut dire, une certaine « expérience » de la Résistance : entré à titre bénévole, après son évasion, dans les services des Prisonniers de guerre installés boulevard de Latour-Maubourg sous l’autorité du contrôleur général Bigard, BRUNAU avait organisé, avec Marthe de Chambrun et Nathalie de Fœlkersham, une filière pour le passage en zone Sud.

Marthe de Chambrun avait été arrêtée peu après, tandis que BRUNAU et les autres membres du groupe échappaient de justesse à la Gestapo.

***Sa couverture : son poste d’urbaniste au Havre en 1941***

" *En octobre 1940, *nous dit Félix BRUNAU, *Maurice Duclos (Saint-Jacques), qui depuis quelques semaines s’emploie à mettre un réseau sur pied, me contacte par l’intermédiaire de Jacques Lurot (Donald-D 550) directeur du Comptoir général des papiers, et me donne pleins pouvoirs pour organiser, sous le pseudonyme de Nardan-SC II, des « groupes d’action » destinés à créer un climat d’insécurité autour des troupes allemandes ; les autres sous-réseaux de Saint Jacques étant plus spécialement chargés des renseignements et des transmissions.*

*Mais, pour cela, il me faut une couverture. La ville du Havre est à cette époque constamment bombardée par les avions anglais. C’est pourquoi le poste d’urbaniste n’est pas pourvu. On est donc content d’accéder à ma demande et on me le confie (en 1941).*

*Ainsi, je pourrai circuler entre Paris et la zone côtière avec, en ma possession, non seulement les plans de la ville, mais encore ceux de toute la région havraise. Il me faut aussi un domicile. Or, je suis prisonnier évadé. Mon appartement parisien et celui de ma mère sont brûlés.*

*Étant architecte en chef des bâtiments civils et des palais nationaux, major de ma promotion, j’obtiens de M. Perchet, directeur général de l’Architecture, d’être nommé à la conservation du domaine de Saint-Cloud, dont les locaux discrètement situés et les 450hectares de superficie, aux accès nombreux, sont particulièrement favorables à l’installation de mon P.C.*

*Je m’organise. Toute une trame peu à peu se tisse pour établir les contacts nécessaires, rassembler les moyens matériels, installer et faire fonctionner les centres d’hébergement et de ravitaillement, fabriquer de faux papiers, organiser les services de renseignement et de liaison, reconnaître les points de passage entre zones. Un personnel soigneusement recruté, trié et entraîné ne va pas tarder à passer à l’action".*

Félix BRUNAU pourra compter sur le Groupe de résistance local formé par Jean Andréani (environ 60 hommes dont de nombreux corses), dont les membres seront affiliés au sous-réseau Nardan de Saint Jacques.

**Après-Guerre, l’œuvre d’urbaniste de Félix BRUNAU : **

***En 1945 son plan de reconstruction du Havre fut évincé au profit d’Auguste Perret !***

A la suite des destructions dues aux bombardements, l’architecte-urbaniste Félix Brunau est nommé par le gouvernement de Vichy en mai 1941. Il devra élaborer un plan de reconstruction prévoyant aussi la modernisation de la ville : c’est la procédure du plan de reconstruction et d’aménagement, organisée nationalement. En novembre, Georges Priem donne une conférence sur le quartier Saint-François. L’étude est accompagnée de notices donnant pour chaque immeuble un historique et une description des éléments de décor. La conférence a pour objectif de convaincre Félix Brunau de la valeur des quartiers historiques. Des contacts sont pris et les notices lui sont envoyées.

Il s’avère que Félix BRUNAU est sensible à l’intérêt archéologique : il est prêt à réfléchir aux moyens de concilier la modernisation urbaine avec la conservation raisonnée des vieux quartiers. En mai 1944 il demandera même aux Amis du vieux-Havre leurs suggestions pour « les disciplines d’architecture à imposer en quartiers anciens ».

Sous sa direction, les études s’engagent vers un curetage des quartiers anciens. Comme les journalistes, mais avec une stratégie moins radicale, les édiles n’envisagent pas qu’une fois la paix revenue, les habitants puissent se réinstaller dans des quartiers insalubres. Le conseil municipal confie en juillet 1943 à Marcel Hennequet, architecte, la mission d’établir un atlas du quartier Saint-François, maison par maison, pour recenser les immeubles à conserver ou à détruire. Il doit aussi trouver des « quartiers de compensations » pour répondre à la dédensification du quartier. Sa mission, sous l’égide du Commissariat à la Reconstruction immobilière, est expérimentale et doit être étendue à l’ensemble des villes sinistrées.

Son plan fut présenté au conseil municipal du Havre en juillet 1945. Cependant, il fut évincé fin septembre au profit d'Auguste Perret.

***La Cité Internationale des Arts***

Félix BRUNAU et son épouse Simone, animés par le désir profond d'ouvrir la Capitale aux artistes du monde entier, façonnèrent le projet de la Cité internationale des arts dès les années 1950. Ils obtinrent le soutien de la Ville de Paris, de l'État, de l'Académie des Beaux-Arts et de plus de 135 partenaires français et internationaux devenus historiques pour la Fondation.

***L'Architecte du Mont Valérien***

Dès 1945, le Mont Valérien est choisi pour accueillir un monument aux morts de la Seconde Guerre mondiale. En 1946, sous la direction d’Henri Frenay, quinze corps de combattants, originaires de la France et de ses colonies dont deux femmes, et symbolisant les différentes forces de la Résistance, sont déposés dans une crypte provisoire.

Devenu président de la république, le général de Gaulle décide la création d’un véritable mémorial conçu par Félix BRUNAU, inauguré le 18 juin 1960.

Chaque année, à la date du 18 juin, la chancellerie de l’Ordre de la Libération y organise une cérémonie de commémoration de l’appel du général pour sauver la France, lancé sur les ondes de la BBC, le 18 juin 40.

Félix BRUNAU a été homologué FFC, FFL et DIR.

**Distinctions : Croix de guerre 39-45, Médaille de la Résistance avec rosette, Grand Officier de la Légion d'honneur, commandeur des Palmes académiques, commandeur des Arts et des Lettres, chevalier de l'Ordre de Victoria d'Angleterre.**

Félix BRUNAU est décédé le 11 mai 1990 à Paris 5e.

(1) *La première année : juin 1940-juin 1941 – Marcel Delgiame-Fouché, Henri Noguères, Jean-Louis Vigier *

**Notice biographique Havrais en Résistance **: www.havrais-en-resistance.fr/annuaire/entry/47232/

**Félix Brunau sur le Blog Havrais Dire **: havraisdire2.canalblog.com/archives/2020/03/15/38056419.html

**Les seize haut-reliefs du Mont Valérien** www.mont-valerien.fr/de/visiter/le-memorial-de-la-france-combattante/les-seize-hauts-reliefs/

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4 jours

Nous avons recu une demande via un commentaire sur une notice afin de savoir si il serait possible de rentrer en contact avec des personnes qui auraient connu M. LACHAUX Pierre Edouard à GONFREVILLE.

vous pouvez m'envoyez des reponses ou vos adresses afin que je les transmette aux intéréssés.
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4 jours

Souhaitons la bienvenue aux nouveaux membres :
Andi Rolland
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5 jours

Souhaitons la bienvenue aux nouveaux membres :
Franky Goes
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5 jours

**Le collectif tient a remercier chaleureusement Mr Alain le Maux qui nous a envoyé des photos de son oncle Jean Ribault dit Jean L'abbé, ainsi que de René Sertamboc, membres du maquis Surcouf, avec des photos de son lieu d'éxécution.**

**Vous trouverez une présentation succincte du maquis, de son fondateur ainsi que des circonstance de sa mort tragique tiré "des lucioles de ma nuit de Raymond Ruffin".**

**il est a noté pour ceux qui veulent aller plus loin que deux ouvrages ont été édités sur ce maquis, tous deux écrits par M Alain Corblin, disponibles auprès de la société historique de Lisieux.**

**Maquis Surcouf **
Le Canton de Saint-Georges du Vièvre, grâce à ses vallons aux pentes boisées et son bocage, fut un haut lieu de résistance lors de la Seconde Guerre Mondiale.

En 1942, l’épicier du village Robert LEBLANC, le curé l’abbé MEULANT et le charpentier Robert SANSON dit « la Torpille », commencèrent à cacher des jeunes réfractaires au STO. Puis, l’effectif grossit et le maquis s’organisa en groupes armés qui, à partir de septembre 1943, multiplièrent les coups de main et les sabotages. A la libération, le maquis aligna 300 combattants armés pour soutenir les alliés.

Le Maquis Surcouf deviendra très efficace dès la fin 1943 et surtout dans les mois de mai, juin et juillet 1944. Il fut le maquis le plus actif de Haute Normandie durant la Seconde Guerre Mondiale.

Trente havrais feront aprtie de ce maquis dont vous pourrez trouver les traces dans l’annuaire en cliquant sur l’onglet « Maquis surcouf »

**Robert Leblanc**
Robert Leblanc est né le 5 janvier 1910, Quai de la poissonnerie à Pont-Audemer, sa mère Marie Louise Leblanc y est mercière. Scolarisé à Pont-Audemer, il devient peintre en bâtiment.
Appelé sous les drapeaux comme matelot 2e classe, il est réformé pour tuberculose.
Retrouvant la santé, il épouse en 1933 mademoiselle Denize Prey qui lui donnera quatre enfants. Ensemble ils s'installent à Saint-Étienne-l'Allier et tiennent le café-épicerie du village.

De novembre 1942 à août 1944, Robert Leblanc se consacre au Maquis Surcouf dont il est le chef (contrairement à l'usage il est à noter qu'il ne prend pas de pseudonyme, tous les documents retrouvés sont signés de ses prénom et nom).

En septembre 1944, il participe à la fondation du 1er bataillon de l'Eure dont il est nommé commandant, puis à celle du 1er bataillon de marche de Normandie dont il est également nommé commandant.

Puis les 1er, 2e et 3e bataillons de marche de Normandie vont être fondus en une nouvelle entité qui reprend le nom de 129e régiment d'infanterie.

C'est devant ce régiment qu'à Coutances le 10 juin 1945 le général de Gaulle se déplace et remet la Légion d'honneur au commandant Robert Leblanc.

Démobilisé fin 1945, il crée une entreprise de transport qui rapidement périclite, puis une entreprise de peinture. C'est au service de cette entreprise qu'il trouve la mort dans un accident de la circulation sur une petite route de la commune de Planquery (Calvados), le 13 avril 1956. Il a 46 ans et laisse une veuve et quatre jeunes enfants.

Distinctions:
Chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur.
Croix de guerre 1939-1945 avec Palmes.
Croix du combattant volontaire de la Résistance.
Croix du combattant volontaire 1939 - 1945.
Bronze Star Medal des États-Unis.

**Jean Ribault **
Les circonstances de l’exécution de jean l’abbé dit jean Ribault sont tirés du livre de Raymond Ruffin « Les lucioles de ma nuit ».

Le 4 août 1944 à la ferme breval, à Epaignes, Le jour ne va pas tarder à se lever, dans un bâtiment Jean l’abbé, arrivé la veille au soir d’une mission, se repose avant de repartir
Pour le pc du maquis, près de lui Pélican et Raspail qui rentrent de Morainville ou ils ont effectués une liaison chez Vesque, sommeillent également, dans une autre bâtisse, deux autres personnes se reposent exténués par leurs navettes incessantes de la veille effectués dans les sections pour porter les plis contenant les ordres d’actions.

Un peu plus loin à, la maison même deux autres résistants ont trouvé un asile provisoire pour la nuit.

Mais, dans les premières lueurs de l’aube, une troupe silencieuse de plus de deux cents hommes, dirigé par le commissaire de police Alie en personne, cerne le bâtiment et la cour planté de pommiers.

Déjà, le chef des brigades antiterroristes jubile, il va prendre au nid l’insaisissable Leblanc car les renseignements qu’il possède sont précis et suffisants ; il connait les principales caches du maquis.

Il distribue rapidement ses consignes et immédiatement, le groupe d’intervention SS se rue sure les portes qui sont enfoncées.

Surpris dans leur sommeil les agents de liaison sont brutalement arrêtés et l’interrogatoire commence
- ou est Leblanc ? ou sont les chefs ?

Avec des cris de joie, les soldats découvrent une mitraillette, un revolver et des balles laissés par un maquisard.

L’un d’eux s’empare de la soutane de Jean L’abbé, suspendue à un clou.

-A qui hurle Alie ?

- A moi répondit le jeune aumônier qui pense que le vêtement le fera respecter.
Mais sa réponse ne lui vaut que sarcasmes et ricanements. On l’oblige à s’en vêtir, avant de le frapper avec un gourdin et des coups de crosse.

Les maquisards encaissent les coups mais ne parlent pas.

Après plusieurs heures de torture, les trois hommes sont amenés près d’un gros poirier (dont vous trouverez la photo dans cet article), Jean l’abbé ne peut plus marche à cause des coups reçus et ses tortionnaires doivent le trainer, jusqu’à son lieu d’exécution.

Des coups de feu claquent, Jean Ribault dit Jean L’abbé, Kléber Mercier dit Raspail, René Sertamboc, photo de celui-ci dans l’article) dit Pélican viennent d’être fusillés, un autre homme qui ne sera jamais identifié sera du nombre aussi.

Robert Leblanc, le fondateur du maquis sera très touché par ces disparitions.-

Notice de jean Ribault
www.havrais-en-resistance.fr/annuaire/entry/34501/

Un parcours a été crée par l’office du tourisme retraçant le parcours de ce maquis
actu.fr/normandie/saint-georges-du-vievre_27542/sur-les-pas-des-maquisards-une-visite-audio-guide...

Vous pourrez également trouver des infos intéressantes sur cette formation et sur la résistance en Normandie en suivant les liens suivants, présenté par Raymod Ruffin.

www.youtube.com/watch?v=MpBHZBeEOHM Interview de Raymond Ruffin guide des maquis

www.youtube.com/watch?v=GqItiGkg9Ss 1939 - 1944: La résistance en Normandie (Documenté et raconté par Raymond Ruffin)
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2 semaines

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Merci pour votre travail de mémoire....

Merci David, poignante histoire de Jean Ribault et de ses camarades... on trouvera dans sa notice de nombreux documents annexés dont les photographies que vient de nous envoyer Sylvain Prentout de la stèle commémorative , la sépulture de Jean Ribault et la Rue Jean Ribault à Octeville-sur-Mer...

Merci à tous, je ne suis jamais allé sur la tombe de Jean, je viens juste d'avoir les références que j ai transmis à Sylvain, beaucoup d'émotions en perspective....

David Fouache René Sertamboc un ancien du maquis Surcouf serai-t-il toujours vivant, lors des commémorations fin Aout dans la région de Surcouf il y a bien un dernier survivant mais ce n'ai Sertamboc ??

Quel courage avaient toutes ces personnes, merci pour toutes ces informations

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