Annuaire des résistant(e)s du Havre
© Maitron
BUSHELL épouse Szabo, Violette
- DIR
- HAMLET BUCKMASTER
Date de naissance: 26/06/1921  à Levallois Perret (92)
 
Née à Levallois-Perret le 26 juin 1921, Violette BUSHELL épouse Szabo (alias Corinne Leroy, Vicky Taylor, Louise), naquit au British Hospital de Paris, issue d’une famille franco-britannique. Son père, Charles Georges Bushell travailla comme chauffeur de taxi, vendeur de voitures d’occasion puis commerçant ; sa mère, Reine Leroy, couturière, était originaire de Quevauvillers (Somme). Le couple eut cinq enfants et elle était la seule fille. Ses parents s’installèrent en Angleterre où Violette fut scolarisée, mais elle revenait en France passer ses vacances chez sa tante. A quatorze ans, elle arrêta l’école et travailla chez une corsetière puis comme vendeuse. D’une « beauté incandescente » (Beryl E. Escott, op. cit., 242), elle était sportive et parfaitement bilingue.
Au début de 1940, elle rejoignit la Women’s Land Army, travaillant notamment dans une usine d’armement. Le 14 juillet 1940, la mère de Violette Szabo invita un soldat français à passer la soirée après le défilé des FFL à Londres. C’est ainsi que sa fille fit la connaissance d’Étienne Szabo, un adjudant-chef de la Légion étrangère né à Marseille le 4 mars 1910, et d’origine hongroise. De retour de Narvik, il s’était rallié à la France Libre.
Entre le légionnaire de 30 ans et la jeune fille de 19 ans, ce fut le coup de foudre, et ils se marièrent le 21 août 1940. De cette union naquit une fille, Tania Désirée Szabo, le 8 juin 1942. Alors que son mari participait à des opérations outre-mer, notamment à la bataille de Bir-Hakeim, Violette Szabo travailla comme standardiste, s’engagea dans l’Auxiliary Territorial Service (ATS) puis devint sous-lieutenant dans les First Aid Nursing Yeomanry (FANY) où elle servit comme pointeuse de canons de DCA. Elle apprit bientôt la mort de son mari, tué au combat en Égypte le 24 octobre 1942, au début de la bataille d’El Alamein, sans avoir connu sa fille (Dominique Tantin, Maitron).
Elle est recrutée en juin 1943 à l'âge de 22 ans, en tant que sous-lieutenant de la section F du Special Operation Executive britannique (SOE). Elle fait la connaissance de Philippe Liewer (alias Clément) en février 1944 avec lequel elle effectue sa 1ère mission en France le 5 avril 1944.
Ils furent déposés par un Lysander à Bléré en Indre et Loire. Cette mission de reconnaissance avait pour but de relancer le réseau Salesman (Hamlet Buckmaster) qui venait d'être décimé au Havre et à Rouen.
Violette Szabo prit un train pour Rouen où elle découvrit les portraits de Philippe Liewer et de Robert Maloubier placardés sur les murs.
Elle se rendit ensuite du 14 au 17 avril 1944 dans la zone interdite du Havre, nantie de faux papiers au nom de Corinne Leroy, née à Bailleul et domiciliée au Havre.
Selon Jean-Hugues Caillard, elle fut acheminée en camion par une personne se faisant appeler Monsieur Jean ou Jean Marais, entrepreneur pour les Allemands au Havre.
Elle rencontra au Havre le lieutenant d'aviation Alain Phéllippeau, tout nouveau commandant des FFI en Seine Inférieure (arrêté en juin 1944) et lui fit part des directives venant de Londres.
Le lendemain 16 avril, elle entra en contact avec Victor René Lenteigne, membre du groupe Sappey et du réseau Marathon, ingénieur chez Caillard et chef de service de la Défense Passive sur le port, ainsi qu’un responsable des rescapés de L’Heure H.
Elle leur redonna de l’espoir en leur montrant l’importance de leur combat et en donnant des instructions venues de Londres en prévision du débarquement.
Sa mission terminée, elle put rendre compte à Philippe Liewer des travaux de renforcement de la défense du Port et lui rapporta des plans utiles en vue du futur Débarquement (B. Garin).
Elle regagne Londres avec Philippe Liewer le 1er mai 1944 depuis le terrain d’aviation du Fay au Sud-est d’Issoudun, sa mission accomplie. Dans son rapport, elle fit le même constat que Philippe Liewer : le réseau Hamlet Salesman était complètement brûlé, même si elle avait établi des contacts avec quelques éléments restants non détectés par le SOE.
C'est au cours de sa seconde mission en Corrèze que Violette SZABO fut arrêtée le 10 juin 1944.
Elle fut déportée au camp de Ravensbrück par le transport de Paris du 8 août 1944.
Elle fut affectée au kommando de Torgau (Buchenwald) puis transférée au KL Ravensbrück, affectée au kommando de Königsberg.
Elle a été exécutée sommairement entre le 26 janvier et le 5 février 1945 au camp de concentration de Ravensbrück (Bddm).
Distinctions à titre posthume : Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze (1947) - Médaille de la Résistance française (1973) - George Cross britannique (1947).
Le 28 janvier 1947, la famille Bushell fut reçue à Buckingham et le roi George VI épingla lui-même cette décoration sur la robe de sa fille Tania.
Mémoire : à Sussac, où Violette Szabo fut parachutée le 8 juin 1944, une stèle fut élevée à sa mémoire - Buste de Violette Szabo situé au 20 Albert Embankment, Lambeth à Londres.
(Sources : Jean-Hugues Caillard, B. Garin et Maitron).
AERI (museedelaresistanceenligne.org
Documents annexés : mosaïque et fresque en hommage à Violette Szabo à Londres
Médaille de la résistanceVincennes : GR 28 P 11 / 112 Dossier 29477
Archives Jean Hugues Caillard
Bibliographie :  Violette Szabo De Londres à Ravensbrück : une espionne face aux SS, Guillaule Zeller, Taillandier ed. 2022 - Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020.
Crédit Photo de la notice :  © Maitron
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Fiche mise à jour le:  10/12/2024





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