© IHS 76 - UL CGT Le Havre
CASAUX Edmond Louis François
- FFL
- FFC
- DIR
- Choquet
- COHORS ASTURIES
- LIBE NORD
Date de naissance: 07/11/1900  à Le Havre (76)
 
Fils d’Edmond Casaux et d’Armandine Henri-François, Edmond Louis François CASAUX , né au Havre le 7 novembre 1900, est un Ancien de la Grande Guerre.
Anticipant l'Appel, il s'engage à l'âge de 17 ans. Il participe en 1921 à la campagne de Cilicie, une série de conflits (décembre 1918 - octobre 1921) entre les forces françaises, alliées à la Légion arménienne (la Légion d’Orient), et les forces turques de la Grande assemblée nationale de Turquie, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Ces conflits s'inscrivaient dans le cadre de la guerre d’indépendance turque suite aux accords Sykes-Picot et de l’accord franco-arménien de 1916, qui avait entrainé l’établissement des forces arméniennes sous la tutelle de l’armée française. Fin 1921, la France renoue avec les autorités turques et signe le traité d'Ankara.
Au verso de sa photographie prise en février 1921, Edmond CASAUX indique qu'il vient de parcourir 75 km à pied en une journée....
ll se marie au Havre en 1922 avec Odette Marie.
Edmond CASAUX était franc-maçon, membre de la Loge Les 3 H avec Maxime Frérot, Maurice Cosnier, Jean Barbier, Georges Le Sidaner, William Barlow, Maurice Rolland, William Berne, Albert Le Noan et Lucien Robin.
Mobilisé en 1939 aux Armées, il fut démobilisé quelques mois après le début des hostilités, sans doute pour des raisons liées à sa situation familiale : il perd son épouse, de maladie, en 1939. Il restait seul chargé de famille, père de Huguette, née en 1924.
Au Printemps 1940, toute la famille traverse la période de l’exode, et ses parents, sa fille et ses sœurs ,partent avec lui à bord de deux voitures. Ils prirent la route pour ne pas tomber sous domination allemande espérant, comme beaucoup d'autre Français, que l'Armée française finirait, comme en 1914, par arrêter l'invasion.
Pendant la période de l’Occupation, Edmond Casaux était magasinier à la Compagnie Générale Transatlantique, ce qui lui permettait de circuler librement sur le port grâce à un Ausweis que lui procurait son emploi.
Il fut recruté par Henri Choquet en mai 1942 et intégra son Groupe, composé d’une dizaine de lieutenants, qui s'était spécialisé dans l’observation des mouvements des navires et des troupes allemandes. A travers le Groupe Choquet, Edmond Casaux travailla avec le mouvement Libé Nord puis avec le réseau Cohors (alias RK 899), sous les ordres du rouennais Césaire Levillain.
Fondé par Jean Cavaillès, le réseau Cohors était subordonné à l'Intelligence Service et au BCRA. Initialement, ce réseau fut étroitement associé au mouvement Libé Nord, avant de s'en détacher. Sa centrale était à Paris et ses premiers sous-réseaux s'implantèrent en Normandie et en Bretagne. Il fut homologué sous le nom de « Cohors-Asturies ».
Edmond Casaux délivrait des renseignements sur la base de vedettes rapides en construction et sur les points de défense sur la rive gauche de la Seine dans l'Eure et le Calvados. Selon l’historique du Groupe, dressé par Henri Choquet : « quand il trouvait quelque chose d’anormal, il accélérait son vélo inséparable vers mon bureau, et chaque lundi, à la chute du jour, j’allais chez lui, 63 rue Victor Hugo. Notre grand port martyr était le champ d’action d’Edmond les jours ouvrables, et le dimanche, il parcourait à bicyclette les cantons de l’Eure et du Calvados sur a rive gauche de la Seine, rien ne lui échappait. Aucun point mis par les boches en état de défense qui ne fit le motif d’un bref rapport. Lorsque la fameuse base sous-marine (de vedettes rapides) fut commencée, il se rendait compte de l’avancement, des difficultés d’envasement, des dimensions exactes, mètre en main, de chacune des huit cales pour sous-marin, de l’épaisseur des cloisons des voutes – celles-ci nécessitèrent 9 mètres de béton armé qui ne résistèrent pas aux bombes de 6 tonnes lâchées au cours du siège de septembre 1944 par l’aviation alliée » .
Edmond CASAUX est arrêté le 31 octobre 1943 par la Gestapo à son domicile, suite à l'internement et à l'interrogatoire d'agents de son réseau.
Henri Choquet témoigne : « Tout était paré, cependant les arrestations augmentaient déjà et le 23 novembre (en fait le 31 octobre), sur dénonciation, Madame Lévy qui abritait chez elle à Notre-Dame de Gravenchon, par période d’un mois ou deux, des réfractaires au STO, fut amenée au 63 avenue Victor Hugo au Havre, où demeurait son frère, mon fidèle Edmond Casaux, tous deux arrêtés, conduits à la prison (Hôtel de la rue Lesueur), au Palais de Justice de Rouen, ... mon brave Edmond, martyrisé partout, robuste et brutal, capable de se cabrer sous les tortures des boches, est mort en bochie. Ni l’une ni l’autre ne dévoilèrent notre activité ».
Lucette Lévy, l’une des sœurs d’Edmond Casaux évoquée par Henri Choquet fut emprisonnée plusieurs mois à Rouen. Elle était active dans la Résistance mais son frère aurait déclaré aux Allemands que sa famille n'était pas informée de ses activités de résistance et Lucette fut libérée. « En d'autres termes il aurait décidé de se sacrifier pour leur éviter le pire » , indique son petit-fils Jean-François Juliot.
Edmond CASAUX fut donc interné le lendemain de son arrestation au Palais de justice de Rouen, en même temps que le policier Jean Fafin.
Transféré à Paris le 3 avril 1944, après être passé en jugement, il est condamné aux travaux forcés, déporté comme « NN », Nacht und Nebel (« Nuit et brouillard »). Ce protocole interdisait tout contact des détenus avec leurs familles, jusqu’en septembre 1944.
Il est déporté le 6 avril 1944 depuis la gare de l'Est à Paris à destination du KL Natzweiler camp du Struthof (67) (matricule 11770). Il arrive le 7 avril 1944 à Natzweiler, et reçoit son matricule (11 770), ainsi que le triangle rouge et les vêtements qu’il doit marquer des lettres « NN ».
Il est ensuite emmené à la prison de la ville de Brieg, proche de Breslau, puis dans cette même ville pour y être jugé. Mais en septembre 1944, la procédure « NN » est abrogée et Edmond Casaux est envoyé au camp de Gross Rosen - Rogosnica (matricule 65866).
Le 8 février 1945, ce camp doit être totalement évacué et Edmond Casaux est transféré en train avec des milliers de détenus, dans des conditions épouvantables (wagons découverts sous la neige) à Mittelbau-Dora, devenu camp indépendant depuis novembre 1944.
Il y parvient le 11 février et reçoit le matricule 115137. Il entre au Revier (infirmerie - mouroir) de Dora le 11 mars, et y meurt quatre jours plus tard, le 15 mars 1945.
Il a été reconnu Mort pour la France.
Edmond CASAUX a été homologué FFC FFL et DIR.
Distinctions : Médaille de la Résistance française à titre posthume (1959) - Croix de Guerre 39-45 avec étoile de bronze à titre posthume (1946) - Croix de Guerre 1914-1918.
Citation à l’Ordre du Régiment : « agent d’un S.R. en territoire occupé par l’ennemi, a donné des renseignements de premier ordre sur la base sous-marine du Havre*, avec la liste de tous les ouvrages défensifs, les plans et cotes relevés par lui-même. S’est introduit à maintes reprises et avec le plus grand courage dans les zones surveillées par l’ennemi. Arrêté par la Gestapo et déporté, est mort en déportation ».
* base de vedettes rapides.
Mémoire au Havre : son nom est inscrit sur le Monument Résistance et Déportation - Rue Edmond Casaux au Havre.
Sa fille Huguette s’est mariée à Marcel JULIOT, résistant membre des FTP du Havre.
D'après Jean-François Juliot, petit-fils d'Edmond Casaux, Brigitte Garin (auteure) , Dominique Mathieu (La Coupole), et Henri Choquet (archives du Collectif HER)..
Documents annexés : Certificat de membre du réseau Cohors Asturies - Edmond Casaux en Cilicie, 1921 (archives Jean-François Juliot) – Documents des archives de la Col. Arolsen - Plaque de la rue Edmond Casaux au Havre (F. Tocqueville) - Acte de décès (Sylvie Baudouin) - Archives officielles (Messieurs Juliot et Gosselin) : attestations, courrier sur la situation de M Casaux en 1943, certificat de B. Montgomery , homologation au grade de sous-lieutenant.
Document annexés : Pièces du dossier AC 21 P (D. Fouache)
5oo francs-maçons membres du Grand Orient de France
Fiche matricule de la Grande Guerre
Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie
Médaille de la résistanceVincennes : GR 16 P 109968
Archives Familles Juliot et Gosselin - Fichier DIR Fndirp 76 (M Baldenweck) - Le Visage des martyrs, Maison des Syndicats (P. Lebas) - La Résistance au Havre de 1940 à septembre 1944. Rodrigue Serrano, mémoire de Maitrise, Université de Rouen, 1999 (JH Caillard) - Archives Choquet - Liste 76 des Médaillés de la Résistance française (M. Baldenweck)
Cote 94Z155 - Cote 115Z12
Biographies : 
 Dominique Mathieu in : Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, 2020.
Bibliographie :  Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020
Crédit Photo de la notice :  © IHS 76 - UL CGT Le Havre
Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)
Fiche mise à jour le:  17/04/2025


















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