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© Jean-François Juliot
Photos


JULIOT Marcel Narcisse

Chronologie : 1942

Statut : 
  • FFI
Mouvements : 
  • FRONT NATIONAL
FTP : 
  • FTP
BOA : 
  • BOA
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 13/07/1924  à Plessis-Robinson (92)

Parcours dans la résistance :
 

Né le 13 juillet 1924, au Plessis-Robinson (Seine), Marcel Narcisse JULIOT alias Armaury, était membre du Front National. Il était domicilié chez sa grand-mère, rue de la Solitude à Sainte-Adresse,,

Dans son ouvrage "Les braconniers de l'espérance", Georges Touroude, - l’un des trois créateurs en Seine Maritime de l’Union des Etudiants Patriotes devenu par la suite le Front Uni des Jeunesses Patriotiques - évoque son ami Marcel Juliot :
" Avec mon copain Juliot, en 1937-1938, nous ne nous gênions pas de participer librement aux « clubs libres de discussion » du samedi après-midi, chers au Ministre Jean Zay, un des meilleurs ministres de l’Education Nationale que nos Républiques aient connu".

En 1942… « Je profitais de vacances au Havre pour revoir l’ami Juliot dans le secret espoir de le recruter. De ce côté, nulle crainte, il n’avait pas changé, imperméable à la force et à la discipline des défilés musicaux des troupes allemandes, opérant chez certains l’attirance malsaine du faible mulot devant la vipère ! … Je promis à ce vieux Marcel de le mettre en liaison avec un régional « jeunes » dès que possible...
Je profitais d’un dimanche au Havre pour présenter Juliot à Gérard (Gilbert Pineau, originaire d’Eure et Loir, ex régional J.C. de la Manche) et tenir ma promesse. L’entrevue parut satisfaire notre régional. Le manque aigu de cadres dynamiques valut à Marcel (devenu Eugène), d’être très vite chargé de la direction FPJ de l’agglomération havraise ».

En 1943 : « Le Havre nous donnait toute satisfaction. Les J.C. n’étaient que dix car un certain nombre de jeunes s’étaient trouvés enrôlés dans le Parti ! Gérard ne décolérait pas. C’était la croix et la bannière de les sortir des griffes des adultes, et ses demandes réitérées d’obtenir quelques précieuses bases à la campagne restaient lettre morte ! Marcel Juliot, en travaillant avec le responsable local du Front National., Marcel Larriven (alias Hugues), jusqu’à l’arrestation et la déportation à Buchenwald de celui-ci, parvint à accrocher quelques bons éléments ».
Suite au bombardement de Sotteville-les Rouen du 28 mars 1943 : « Notre participation aux sauvetages et au déblaiement, les propos cordiaux échangés avec les « Equipiers », nous donna l’idée de proposer à Gérard notre « entrisme » dans les Equipes nationales…. Je chargeais Francis de l’opération de noyautage. Lors de ma prochaine visite à Juliot, je lui proposerai la même tâche. Sa bonhomie, son flegme, sa diplomatie seraient probablement des atouts sérieux. Mon choix se révéla de premier ordre. Par curiosité, car je ne courrais aucun risque, j’assistais à l’une de leurs réunions. Le climat me parut favorable. Juliot laissa à plusieurs copains du F.J.P. dont Patrice Gonidec, le soin de suivre l’évolution des Equipes et des les orienter adroitement vers nous. Quant à lui, il poursuivra le même effort à la Défense passive, aidé par son responsable Auguste Lepiller, un artisan serrurier membre du Front National de Sanvic à Sainte-Adresse, ses deux fils René et Pierre, ainsi que par Emile Schild pour la ville".

Le 14 juillet 1943 sera l’occasion de montrer notre force. En gare du Havre, une inondation monstre de tracts annoncera la célébration de la fête nationale. Un court séjour dans ma bonne ville permet de mettre sur pied une série d’actions spectaculaires : destruction de grues quai Colbert, explosions au pied des pylônes électriques, coupures variées de câbles téléphoniques, distribution massive de notre presse. De son côté, le groupe d’Harfleur dirigé par René Baudet (alias Henri), s’attaque aux circuités téléphoniques allemands.
L’ami Juliot devait obtenir, par le canal du Front National local, un contact fort intéressant avec un nommé Bellanger (alias Todt), travaillant pour l’organisation Todt, au fort de Sainte-Adresse. Grâce à lui, les réfractaires pourront avoir des papiers en règle et du travail ou des certificats de travail, leur évitant le redouté départ en Allemagne. Pour réaliser ce périlleux exercice, Toto n’hésitait pas à « mouiller » plusieurs officiers coupables de trafics illicites, de vol et de revente au marché noir, au détriment de la Wehrmacht. Il les tenait ainsi, ce qui aida grandement à l’exécution de sabotages perlés par quelques un de nos requis, jusqu’à la fin de l’occupation.
Pareillement, le Front National, avec l’aide précieuse d’Emile Schild, responsable de la Défense passive du Havre-ville et de ses deux fils, dressait la liste exacte de tous les « repaires » ennemis : casernes, entrepôts de matériel, de stockage, de réparation, lieux de plaisir, hôtels réquisitionnés etc.. »

1944 : « Quant à Juliot, il continuait d’ossifier ses sections F.U.J.P., secondé par le jeune ajusteur André Rousvoal (alias Albert puis Alain), son « double », au courant de ses rendez-vous, prêt à le suppléer en cas d’»accident ». Le responsable de la C.G.T. illégale, Louis Le Flem, l’avait mis en relation avec Juliot. Ce militant chevronné, dénoncé comme saboteur par le directeur de la SNCAN, sera massacré à l’Arsenal en février 1944, par la Gestapo.
Autour d’eux gravitent des jeunes plein de fougue, dont l’ami Marcel Juliot se souvient avec émotion : Georges Vangeon (futur chef FTPF), René Vallin, Lucien Lenud, Maurice Gilles, Jean-Pierre Maron, Lionel Toulouzan, le benjamin (14 ans en 1944), dont le père, docker, sera fusillé et la mère déportée. ; Fernand Penard, préposé à la circulation des fausses cartes d’identité et « Marceline », chargée du périlleux service de désertion des soldats. Tous « compagnons d’élite et d’escarmouche », comme l’écrivait le cardinal de Retz !".

Le parcours de Marcel JULIOT dans les FTP :

Il avait rejoint en août 1942 le Détachement FTP du Havre commandé par Jean Hascoet en tant que membre du 1er groupe (Félix Panel chef de groupe) de la section de réserve (Charles Domurado, chef de section).

En mars 1943, il est membre du 1er groupe et du 2e groupe (Léon Hauchecorne chef de groupe) de la 1ère section de réserve du Détachement commandé par Jean Hascoet.

En septembre 1943, il est membre du 2e groupe du 1er Détachement de la Cie FTP du Havre.

En janvier 1944, il est chef de la 2e section de réserve de la Cie FTP du Havre commandée par Henri Roblin.

Le 7 février 1944, la section de Marcel Juliot détruit un dépôt de munitions à Harfleur (site Beaucoudray.fr)

En juin 1944, il est chef du 2e groupe de la 3e section (Auguste Lepiller chef de section) de la Cie FTP du Havre commandée par Marcel Larriven.

Le 15 août 1944, il est chef du 2e groupe de la 3ème section (Auguste Lepiller chef de section) de la Compagnie FTP du Havre commandée par Maurice Moyon (Anacr).

il participe à la tête de son groupe aux actions de la section Lepiller dans la Libération du Havre : 11 septembre 1944 : attaque à la grenade et à la mitraillette du plateau des Phares et de la chapelle Notre Dame des Flots à Sainte Adresse puis attaque de la CIM au parc de la Hève. Le bilan est de 1 tué, 1 blessé et 90 prisonniers. 12 septembre 1944 : nettoyage des casemates de Sainte Adresse, de Saint Barthélémy et du Nice havrais. 13 septembre 1944 : la section Lepiller remonte à l’attaque pour réduire la résistance du blockhaus du Pain de Sucre, qui cède finalement avec l'aide de plusieurs chars : 180 prisonniers.

Le 19 janvier 1946, il épouse Huguette Casaux, fille du résistant mort en déporation  Edmond Casaux.

Après sa retraite, il s'installe à Montpellier où il réside quinze ans, jusqu'en 1998. Pour des raisons de santé, il se rapproche ensuite de son fils Jean-François Juliot à Pessac (33), ville où il est décédé le 20 septembre 2002 .

Il a été homologué FFI. et était titulaire de la carte CVR (1954).

Il a obtenu la Médaille commémorative de la Guerre 39-45.

Documents annexés : photographie de Marcel Juliot avec son épouse Huguette dans les années 1940 . - Attestation FFI - Certificat d'appartenance aux FFI - Etat de services 1 et 2 - Notification de grade- (archives Jean-François Juliot, fils de Marcel et Huguette)

Lien externe :

Cité dans La résistance normande, Chapitre XVIII - Coup d'oeil sur Le Havre


Carte du Combattant Volontaire de la Résistance (CVR): 18/01/1954

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : Non identifié
Caen: 

Archives départementales : 
3868 W
Archives du collectif : 
Archives FTP - FFI (D. Fouache) - Ordre de bataille du secteur FTP du Havre 41-44. Anacr, Maison des syndicats (P. Lebas) - Fichier CVR ADSM (M. Baldenweck) - Les braconniers de l'espérance, Georges Touroude, éditions de la Langrotte, 1995 (Archives Jean-François Juliot)

Bibliographie :  Communistes au Havre. Marie-Paule Daille-Hervieu PURH, 2009



Crédit Photo de la notice :  © Jean-François Juliot


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Fiche mise à jour le:  17/09/2024

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