Annuaire des résistant(e)s du Havre
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FAFIN Jean Henri
- FFL
- FFC
- DIR
- MARATHON
- Résistance Intérieure
Date de naissance: 12/12/1916  à Sanvic (76)
 
Né le 12 décembre 1916 à Sanvic, Jean Henri FAFIN, était le fils de Joseph Fafin, employé de commerce et de Prudence Lénis. Fonctionnaire de police, il s’est marié le 24 décembre 1937 avec Marguerite Saillot à Sainte-Adresse et a un enfant. Il est domicilié 18 rue Charlemagne au Havre,
Sergent au 36e R.I., il est fait prisonnier de guerre le 20 juillet 1940, mais s'évade le 5 janvier 1941 du Frontstalag 172 situé au camp Nancy de Sébastopol à Toul.
Il rejoint Le Havre et devient membre du groupe HAD (Hier-Aujourd'hui-Demain), rattaché à plusieurs réseaux de résistance, qui avait été créé par Valentin Thomas et qui restera clandestin même après la Libération.
Le 15 mars 1943, Jean FAFIN intègre le sous-réseau Narbonne, affilié au réseau Marathon (Praxitèle) en tant qu'agent P1 et est placé sous les ordres d'Emile Denise.
Le réseau Marathon (dirigé par Adrien Pedron) eut pour vocation de collecter des renseignements d'ordre économique et militaire transmis au BCRA, le service de renseignement de la France Libre à Londres. Le sous-réseau Narbonne, implanté dans la capitale et en Seine Inférieure, avait pour responsable Marcel Serre (basé à Paris) et Marcel Legallais, chef du secteur du Havre.
Jean FAFIN participa à des incendies, à la cache de réfractaires et de résistants et au trafic de fausses cartes d'identité (Fmd).
Il est arrêté par la Gestapo le 21 juillet 1943 ou le 7 août 1943 (selon Arolsen) à Plombière les Dijon (21) pour trafic de cartes d'identité, faux et usage de faux-papiers.
Il est interné à Dijon, à Rouen puis au Havre.
Il est déporté le 27 janvier 1944 au KL Buchenwald (matricule 43646) puis est transféré le 13 mars 1944 au KL Dora, et quelques jours plus tard, le 27, à Bergen Belsen, dans un convoi composé de 1000 malades de Dora.
Michel FLIECX, un de ses camarade de déportation à Buchenwald témoignera :
A la construction des baraques qui vont abriter les femmes, je suis employé à coller des bandes de papier sur les jointures des fenêtres pour que le soufre qu'on fait brûler à l'intérieur pour les désinfecter, ne s'échappe pas. Je commande à quelques Russes et Polonais qui mangent la moitié de la colle ! En effet, dans la composition de celle-ci entre de la farine, et une fois délayée, elle présente l'aspect de la pâte à pain. Il ne leur en faut pas plus pour l'avaler à pleine cuillère. La première fois que cela se produit je pense qu'ils vont tous en crever la nuit. Pensez-vous ! Ces êtres-là ont un estomac d'autruche. Le S.S. à qui je demande la poudre, s'étonne de la rapidité avec laquelle elle est employée, et un jour il s'aperçoit de la chose. Heureusement il n'est pas terrible et il les laisse faire. A la fin de novembre, il commence à faire vraiment froid et comme je ne m'entends pas très bien avec Belunek, un Tchèque, le Kapo, je préfère ouvrir ma plaie et me faire envoyer au block 5 où se trouvent les demi-malades. Là je passe encore un certain temps en paix. Le Secrétaire est un camarade du Havre, Jean Fafin, qui m'apporte chaque jour un peu de soupe et de pain et cela m'aide à tenir. Je me lève seulement pour aider les Stube à porter les bouteillons de l'entrée du camp jusqu'au block. Ces dix minutes de travail me valent encore un litre de soupe supplémentaire ! ..." (Pour délit d'espérance Buchenwald, Peenemünde, Dora, Belsen)
Libéré Libéré par les britanniques le 15 avril 1945, Jean FAFIN fut rapatrié le 20 septembre 1945 (Bddm, Fmd).
Le 27 octobre 1945, selon les Papiers de Valentin Thomas conservés aux AD de Vendée, ce dernier rencontre Jean FAFIN "le flic de la 16, au palais", déporté à Büchenwald où il avait assisté aux derniers moments de Georges Valois, homme politique français,. Il a réintégré son commissariat où sa hiérarchie lui refuse l'avancement promis aux résistants et lui reproche même son indiscipline. Des souvenirs de résistants sont évoqués : transport d'armes parachutées, relevés adressés par avion à Londres, renseignements sur la rampe de lancement de Bléville… (Papiers Valentin Thomas (1921-1946) 98 J 63 - Vol. 70, [Un peu de philosophie (suite)] : 1 lettre du 4 novembre 1945 (n° 329), pages 22613-23060).
Jean FAFIN a été homologué FFC et FFL et était titulaire de la carte CVR (1959).
Il exerce après guerre le métier de transporteur.
Jean FAFIN est décédé le 3 juillet 1975 au Havre et a été inhumé au Cimetière Sainte-Marie : Division 54 Section : 1 Rang : R Emplacement : 10 (expire le 04/07/2035)
Mémoire : Ecole Jean Fafin 119 rue Labédoyère au Havre.
Documents annexés : Organigramme du groupe Cambouis de Marathon - sépulture (Sylvain Prentout) - Fiche de déporté (Arolsen)
Sources :
Cité dans : Résistance(s). Alain Alexandre et Stephane Cauchois. Editions L'Echo des vagues.
Notice de Joelle Helleboyd- Allouchery in : Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, 2020 et Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie
Vincennes : GR 16 P 214417
3868 W
Fichier CVR ADSM (M. Baldenweck) - Archives Marathon (D. Fouache) - Liste FFC 76 établie par Jean Thomas (M. Baldenweck) - Fichier DIR Fndirp 76 (M Baldenweck) - Listing FMD (M. Baldenweck)
Cote 115Z11
Crédit Photo de la notice :  © ONaCVG
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Fiche mise à jour le:  26/05/2025






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