© Famille Morvan
MORVAN Henri
- DIR
- GRG-Morpain
- L'HEURE H
Date de naissance: 26/07/1923  à Le Havre (76)
 
Né le 26 juillet 1923 à Le Havre (Seine Inférieure) ; domicilié au Havre ; déporté le 23/24 janvier 1943 vers Sachsenhausen, rescapé.
Henri MORVAN est né le 26 juillet 1923 au Havre, au 9, rue Guillaume Le Conquérant à la maternité de l'hôpital, fils de Yves Joseph Marie Morvan, navigateur, absent et de Marie Françoise Allanic, femme de chambre, demeurant 9, Place du Vieux Marché au Havre. Il est le troisième enfant. Ses frères ainés sont Yves Jean Morvan né le 6 août 1918 à Morlaix et Jean Louis Morvan né le 27 juillet 1920 au Havre.
Jeune célibataire, 1m 75, cheveux châtains, yeux gris-vert, Henri Morvan habite chez sa mère.
C’est un brillant élève à l’école des garçons de son quartier où il passe son certificat d’étude à 11 ans et est reçu premier du canton. Il rejoint le cours supérieur de l’établissement pour 3 années (1934-1936).
Après son apprentissage aux chantiers navals Augustin Normand et riche de son CAP d’ajusteur-mécanicien, il y est embauché en 1939. En 1940, il est requis sur place.
Puis, comme des milliers de Havrais, il connaît l'exode à partir du 10-11 juin et part pour la Bretagne, destination Esquibien, d'où il a l'intention de rejoindre le Général De Gaulle en Angleterre ; mais faute de bateau, il repart vers Le Havre.
Un ami de Henri Morvan, Michel Burgard, le présente à Jean Morpain (dit Gérard Morpain) qui le recrute fin octobre 1940 dans le Groupement de Résistance Générale. Son travail sur le port l’intéressait-il pour observer les mouvements allemands ? Aucun document ne fait mention de sa participation au groupe « Port ».
Henri Morvan fait partie de la trentaine de l’hôtel de ville dirigée par Pierre Morgand père et plus précisément de la dizaine dirigée par Pierre Morgand fils.
En janvier 1941, il est incorporé dans la section paramilitaire. Il participe à la récupération et au transport d'armes (casernes « Eblé » et « Kléber » du Havre), et d'explosifs laissés par les anglais au terrain de hockey à Bléville (mars 1941). Il distribue aussi des tracts et des journaux de propagande gaulliste.
Après l'arrestation de Jean Morpain (juin 1941), il se dissimule pendant 5 mois dans le Centre de Jeunesse de Normanville. Revenu sur Le Havre en novembre 1941, il reprend son poste sous la direction de Pierre Morgand dans le Groupement réorganisé par Roger Mayer (janvier 1942).
Naturellement, il intègre le réseau L'Heure H, nom du journal clandestin « l'Heure H » qui absorbe le Groupement. Dans ce réseau, il participe à l’entraînement des nouvelles recrues. Selon son témoignage (dossier de Déporté Résistant), il participe à certains sabotages de navires ennemis.
Le 25 novembre 1942, Henri Morvan est arrêté par 2 agents de la Gestapo, après dénonciation, en rentrant à son domicile, avec une arme. Joseph Drillet, René Gandon, Jean Langlois, et Yves Tanguy sont arrêtés le même jour. Pierre Morgand avait été arrêté quelques jours plus tôt, relâché puis re-arrêté. Ils sont incarcérés à la prison du Havre jusqu’au 3 décembre 1942 puis au Palais de Justice de Rouen, où il est interrogé et frappé par le capitaine Hart.
Henri Morvan est transféré dans le camp de Royallieu à Compiègne (baraque 5) le 19 janvier 1943. Le 23 ou 24 janvier 1943, il est déporté, avec ses compagnons du Havre, vers le camp de concentration de Oranienburg-Sachsenhausen à une trentaine de kilomètres de Berlin. Les deux convois du 23 et 24 comptent environ 1600 hommes. Il y reçoit le numéro matricule 58 785 et installé dans la baraque d’isolement N° 10 . Il n’a pas encore 20 ans.
Après une dizaine de jours de quarantaine, Henri Morvan est transféré au camp usine Heinkel. Ernst Heinkel, a installé l’usine en 1936 à Gemendorf, à une dizaine de km de Oranienburg. Membre du parti national socialiste, c’est un nazi modéré et un patron paternaliste. Avec l’usine, il crée une cité pour les ouvriers, et dans l’enceinte de l’usine un lycée et des installations sportives pour les enfants. Ernst Heinkel est également le premier industriel à réclamer de la main-d’oeuvre concentrationnaire à l’Inspection Générale des Camps de Concentration (sise à Oranienburg).
Henri Morvan est affecté au Hall 7 (ajustage de pièces de la carlingue centrale du bombardier He 177). Il participe à la résistance clandestine sous les ordres de Fernand Chatel, un instituteur, résistant communiste du Havre (1940-1941).
Le 21 Avril 1945, l'usine-camp est évacuée et les déportés jetés sur la route pour une marche forcée de 150 à 200 km vers la mer Baltique dans un couloir de quelques km entre les fronts alliés (à l'ouest) et soviétiques (à l'est). Cette évacuation est appelée par les déportés « Marche de la Mort ». Il se retrouve libre (les SS ont fui dans la nuit) près de Schwerin le 3 mai 1945 ; il pèse 37 kg. Ce jour là, les fronts alliés et soviétique fusionnent.
Henri Morvan est hospitalisé un mois à Haguenow. Il est rapatrié par avion le 13 juin et accueilli à Paris à l'Hôtel Lutétia. Après un passage au Havre chez sa mère, il est envoyé en convalescence par l’Hôpital de Rouen au château des Câteliers à Houppeville (Seine-Inférieure) du 19 juillet au 30 octobre 1945. Il y fête ses 22 ans le 26 juillet.
Lors de goûters organisés par Juliette Lechartier, il rencontre sa future femme. Le 4 mai 1946, à Houppeville, c'est le mariage d'Henri Morvan et de Vénus Lechartier. Huit enfants naissent de cette union, dont 3 pendant le séjour des époux à Houppeville (1946-1952) et 2 après la construction de leur maison, 645 rue André Pican à Houppeville (1961). Entre les deux séjours à Houppeville, la famille a habité à Bolbec (1952-1957) où sont nés 3 enfants et à Maromme (1958-1960).
Entre temps, la réadaptation au travail est compliquée entre chômage, travail partiel, et CDD ; il travaille successivement aux chantier Naval Normandie (Le Havre), établissement BUTLER (Le Houlme), LINOLEUM (Notre Dame de Bondeville), à l’Usine Desgenétais ou Gillet Thaon (Bolbec).
C'est grâce à un ancien déporté de Buchenwald, M. Pierre GrandJean, directeur de l'usine Gillet-Thaon à Déville-Les-Rouen, qu'il est embauché comme photograveur (1958 -1970) en tant que ouvrier hautement spécialisé. Après la fermeture de l'usine et une courte période de chômage, il est embauché à FlexaFrance (Le Houlme) jusqu'à sa liquidation (1976) et un départ en pre-retraite à l'âge de 55 ans (1978).
Distinctions : Il est décoré de la Médaille Militaire, de la Médaille de la Résistance et de la Légion d'honneur.
Henri Morvan décède le 18 mars 1991 des suites de sa déportation. Il n’a pas encore 68 ans. Il est reconnu par l'état Français, « Mort pour la France ».
En 2020, un monument est inauguré en Hommage aux 6 déportés de Houppeville (Bélisaire Bertrand Pierre Behague, Louis Elie, Lucien Genin, Ismael Gueudry, Henri Morvan)
Sources : SHD-Caen : 21P625244 ; Archives Départementales 76: archives CHU Rouen ; archives personnelles famille Morvan
Notice rédigée par Francine & Claudine Morvan
Henri Morvan a été homologué FFI et DIR et était titulaire de la carte CVR (1953).
Variante d'état-civil relevée dans les sources : né le 26/01/1923 (Shd).
Documents annexés : deux photographies de Henri Morvan (Famille Morvan) - Dossier de pièces d'archives officielles : état-civil, pièces du dossier GR 16 P 432453 (Famille Morvan)
Sources : SHD-Caen : AC21P 625244 ; SHD-Vincennes GR 16 P 432453 ; Archives Départementales 76: archives CHU Rouen ; archives personnelles famille Morvan
Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie
Légion d'honneur
Médaille de la résistanceVincennes : GR 16 P 432453 - GR 16 P 131 (Heure H)
3868 W
Fichier CVR ADSM (M. Baldenweck) - Listing Fmd (M. Baldenweck) - GR 16 P 131 Heure H (D. Fouache)
Crédit Photo de la notice :  © Famille Morvan
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Fiche mise à jour le:  11/04/2026



Décédé le 18 pas le 8