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GARREAU Pierre Lucien Charles
- FFC
- FFI
- GRG-Morpain
- HAMLET BUCKMASTER
- L'HEURE H
Date de naissance: 11/09/1924  à Le Havre (76)
 
Né au Havre le 11 septembre 1924, Pierre Lucien Charles GARREAU, était le fils de Roger Garreau, employé de commerce, et de Paule Garreau née Lelièvre, domiciliés 79 rue Georges Clémenceau à Sanvic.
Pierre qui poursuit sa scolarité au Lycée de Garçons du Havre (François 1er) entre 1933 et 1945, fut un ancien élève du professeur Gérard Morpain.
En classe de Première, alors âgé de 16 ans, il est engagé dans la Défense passive et il décide dès août 1940 d’agir contre l’occupant Avec quelques amis et camarades de classe, il forme un petit groupe pour rechercher en ville des dépôts d’armes anglais. Ils s’initient au maniement des armes dans un local de ping-pong mis à disposition rue Cassard par son ami Jacques Hamon.
En novembre, le petit groupe propose à Gérard Morpain d’en prendre la tête, ce qu’il accepte. A compter de janvier 1941, Pierre Garreau fait partie du cercle élargi des membres fondateurs du groupe Morpain dont il est le benjamin.
Entre 1940 et 1941, il assure la liaison entre les groupes et la direction et est chargé de la rédaction d’un manuel théorique d’instruction paramilitaire pour assurer la formation des jeunes recrues.
Avec différents membres du groupe Morpain, il participe à la recherche d'armes (casernes Eblé et Kléber en décembre 40) et à la découverte d'explosifs et de mines antichar sur le terrain de hockey du HAC à Bléville, abandonnés par les troupes anglaises ou françaises (mars 41). Une partie de cet armement sera cachée dans le jardin de Gérard Morpain, à Sanvic.
En mai 1941, ils établissent dans les combles du cercle Franklin le plus important dépôt d'armes du réseau. Lors des arrestations survenues au sein du groupe Morpain en juin 1941 et qui conduisirent à l'exécution de Gérard Morpain, Pierre Garreau ne fut pas inquiété , contrairement à son ami Jacques Hamon. Il se rend régulièrement à la prison du Havre pour prendre des nouvelles de Gérard Morpain.
En janvier 1942, suivant les volontés de Gérard Morpain, Jacques Hamon, accompagné de Pierre Garreau et quelques camarades, rencontrent Roger Mayer afin qu'il remplace Gérard Morpain à la tête du mouvement de résistance.
Ce groupement prend le nom de L'Heure H, du nom de son tout nouveau journal clandestin, en février 1942 dont Pierre participe à la distribution.
Il est toujours agent de liaison et poursuit également des activités de Renseignement, notamment en explorant les emplacements de munitions, à la Forêt de Montgeon.
Il sera ensuite affilié au réseau Hamlet Buckmaster du SOE, en tant qu’agent P1 à compter du 1er janvier 1941.
Suite à l’arrestation de Raymond Guenot en juin 1943, il reçoit pour mission de préparer son évasion à Rouen en août 1943, et trouve un logement près du Palais de justice. En vain, car Guenot avait été transféré en prison.
En octobre 1943, Pierre qui vient d'obtenir son baccalauréat ès Lettres, part sur Paris pour y poursuivre ses études au Lycée Louis le Grand. Il est pensionnaire et son activité devient dès lors plus réduite. Il conserve cependant le contact avec Roger Mayer qui se rendait à Paris toutes les semaines.
A l'annonce du Débarquement, parti de Paris le 6 juin 1944 au soir avec ses amis Jacques Hamon, Jacques Massot et un certain Forget, ils parviennent au Havre le 13 juin 1944 au terme d'une marche d'une semaine (B. Garin).
Quelques jours plus tard, il rencontre Mauricette Hérault à Vieux-Port. Mais suite aux arrestations survenues en mars 1944, dont celle de Roger Meyer, l’activité de L’Heure H, selon Pierre Garreau, semblait réduite à une « activité fantomatique ».
Ses camarades - Jacques Hamon, Jacques Massot, Maurice Fontaine et quelques anciens amis, cherchent alors une liaison à tout prix.
Ils entrent en contact avec Jean Baptiste Barbier par l’intermédiaire de Madame Lucie Crevel, ainsi qu’avec Godefroy, tous deux membres de Libération-Nord. Mais ils hésitent à s’incorporer à leur groupe, espérant toujours continuer d’agir au nom de L’Heure H.
Selon les informations de Eugène Godefroy, le mouvement FFI était en formation au Havre sous la direction du Capitaine Sappey, mais suite à l’arrestation de ce dernier et de celles de Godefroy et de Barbier, la question de la liaison demeurait entière.
Par l’intermédiaire de René Vincent (Heure H Etretat), Pierre se rend à Turretot rencontrer Auguste Jean Thomas, alias Lieutenant Pierre, qui leur conseille de ne pas bouger tant qu’ils n’auraient pas récupéré des armes.
Rentré au Havre, Pierre et ses amis finissent par trouver la liaison avec Jean Robinet, alias T 56, avec lequel ils s’entrainent au maniement de la mitraillette.
Le 2 septembre, la section de Pierre reste 24 heures en alerte à la Bourse avec 40 à 50 hommes, en attente d’une livraison d’armes. Aucune directive ni armement ne leur parvenant, les lieutenants Lavie et Fontaine quittèrent la Bourse, suivis rapidement de tous les hommes. Un autre rassemblement de 200 hommes avait eu lieu au Cercle Franklin.
Pierre et ses amis entrèrent alors en contact avec le groupe FFI de Charles Loisel, mais restent toujours en position d’attente, sans armes.
Le mardi 5 septembre, Pierre, ses amis, des hommes de la section Robinet, ainsi qu’une partie des hommes du cercle Franklin se réorganisent. Le jeudi 7 septembre, ils rejoignent le Lycée de garçons, devenu « Hôtel de ville », sur ordre du policier Lecomte, auquel Loisel avait confié le commandement, et qui leur procura des brassards officiels comportant une immatriculation.
Le groupe auquel appartient Pierre Garreau compte alors environ 170 hommes sous le commandement du Lieutenant Lavie. Il comporte deux sous-groupes : celui de René Bavent et celui de Maurice Fontaine. Ces sous-groupes étaient répartis en sections de 26 hommes comprenant chacun trois groupes de 8 commandés par un chef de groupe et son adjoint, ainsi qu’un chef de section et son adjoint. Pierre était chef de section sous les ordres du Lieutenant Bavent.
Le lundi 11 septembre, Pierre Garreau se retrouva bloqué dans un poste de secours par des tireurs isolés allemands. Il ne put en sortir que le 12 septembre, jour de l’arrivée des troupes alliées et dès lors participa à des opérations de nettoyage de la Côte du Havre, à Sanvic et au Fort de Sainte Adresse : avec ses camarades, il obtient la reddition des défenseurs du fort de Sainte-Adresse, faisant ainsi trois cents prisonniers. Il dira : « On était bien embêtés, on ne savait pas quoi en faire » et ils décidèrent de les confier aux troupes écossaises.
Pierre Garreau a été homologué FFC et est titulaire de la carte CVR (1953).
Il a été enregistré comme chef de section FFI au sein du groupe dit « Augustin Normand » (matricule 1430).
Distinctions : Officier de la Légion d’Honneur - Officier dans l’ordre National du Mérite - Croix de Guerre 1939 1945.
Après-guerre, Pierre Garreau mène une carrière de haut-fonctionnaire et de diplomate : breveté de l'École nationale de la France d'outre-mer, il sert outre-mer avant d'entrer aux affaires étrangères en 1961. Il est nommé en 1981 ambassadeur à Djibouti.
Pierre GARREAU est décédé le 27 avril 2006 à Beuzeville-la-Grenier (76) et a été inhumé au Cimetière Sainte-Marie (Division : 66 Rang : J Emplacement : 18 - Expire le 04/05/2051)
Rédacteur : F. Roumeguère
Documents annexés :
Article sur Pierre Garreau (archives municipales)
Sépulture de Pierre Garreau et de son épouse au cimetière Sainte-Marie (F. Roumeguère)
Pièces du dossier GR 16 P (I. Duhamel)
Biographie établie par Jean-Michel Cousin, Association des anciens élèves du Lycée François 1er
Entretien Pierre Garreau et Jacques Hamon (source : Moira Hamon)
Légion d'honneurVincennes : GR 16 P 244455
3868 W
GR 16 P 244455 (I. Duhamel) - Archives L'Heure H (B. Garin) - Liste Heure H établie par Madame Mayer (M. Baldenweck) - Archives L'Heure H (D. Fouache) - Fichier CVR ADSM (M. Baldenweck) - Liste des FFI du Havre engagés au Bataillon de Marche du 129e RI (Archive Armée française, 3e Région - source : M. Leixa) - Livret CNRD 2022-2023, Lycée François 1er
Cote 94Z155 - cote AD 1922 - PER006 Pierre Garreau 1914-2006. asso anciens élèves 31/03/2007
Bibliographie :  "Il y a 60 ans. Pierre Garreau"", article du Bulletin de l'association des anciens élèves n°110 -2003 - Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020 - « Jacques Hamon résistant havrais et défenseur de l'Art », Brigitte Garin et Moira Hamon, éditions Les Choucas 2024.
Crédit Photo de la notice :  © Archives Municipales
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Fiche mise à jour le:  22/11/2024





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