© Claudine Cardon-Hamet Politique Auschwitz
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EUDIER Louis Arthur

Chronologie : 1941

Statut : 
  • RIF
  • DIR
Mouvements : 
  • FRONT NATIONAL
FTP : 
  • FTP
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 20/04/1903  à Le Havre (76)

Parcours dans la résistance :
 

Né au Havre le 20 avril 1903, Louis Arthur  EUDIER, fut gravement blessé au pied dans son enfance qui lui valut une amputation des orteils.

Charpentier de navire à  la Compagnie générale transatlantique, il est ensuite  ouvrier à l'usine d'aviation Bréguet.

Grand organisateur des luttes syndicales depuis 1922, il ne renie pas ses convictions sous l’Occupation : il reconstitue le syndicat des métallos (dissout le 9 juillet 1941) sous sa forme autorisée,  et développe parallèlement l’action clandestine, appelant au sabotage de la production.

Domicilié 8 Rue Ernest Lefèvre dans le quartier de l’Eure au Havre, il était membre de la CGT clandestine, secrétaire de la CGT métallurgie du Havre.

Fondateur du Front national havrais, mouvement de résistance proche des communistes, il est harcelé presque chaque jour par la police française.

Selon l'attestation du Liquidateur National du Front National : "A, dès l'occupation et durant le deuxième semestre de 1940, a déployé son activité résistante parmi les travailleurs de la métallurgie au Havre (...) expliquant par la parole et par tracts (...) qu'il y avait une autre voie que celle de la soumission, qu'il fallait porter un coup d'arrêt à l'asservissement de la patrie. Ainsi prirent naissance au Havre les premiers noyaux d'opposition à l'occupant qui diffusèrent dans les entreprises des tracts antiallemands (...) rédigés par M. Eudier, confectionnés à l'aide d'une machine à ronéotyper dont il était détenteur. Ils soulignaient l'importance économique du secteur métallurgique hâvrais pour l'ennemi, montraient aux ouvriers qu'en conséquence le sabotage de la production était la forme de Résistance qu'il devaient employer (...). M. Eudier, l'un des pionniers de la résistance hâvraise a été par ses activités et notamment par des distributions de tracts émanant du Front National, l'un des fondateurs du Front National hâvrais" (Fmd).

Louis EUDIER est arrêté le 12 juillet 1941 vers 11 heures : des militaires allemands viennent l'arrêter à la permanence du syndicat des marins au n°32 de la rue Fulton qui était le siège du Syndicat des Marins où le parti avait pris asile depuis la déclaration de guerre parce qu'expulsé du Cercle Franklin, et le conduisent d’abord dans le local de la Gestapo, rue Hippolyte Fenoux, pour un interrogatoire.

Jugé rapidement par le Tribunal de grande instance du Havre comme « secrétaire d’un syndicat communiste », il est condamné en application des décrets de septembre 1939,  avec Gaston Mallard, Louis Richard et Eugène Thépot.

Avec ses trois autres camarades du syndicat de la Métallurgie , il passe de la maison d’arrêt rue Lesueur au Havre à la prison Bonne-Nouvelle de Rouen.

Louis Eudier est interné au camp allemand de  Compiègne (matricule 1567), où il adhère à l’organisation (clandestine) du Parti communiste  dirigée par Georges Cogniot intégrant un « groupe de trois » avec Gaston Mallard et Louis Richard.

Il participe au boisement du tunnel qui permit l’évasion de 19 militants communistes et syndicalistes dans la nuit du 21 au 22 juin 1941.

Il est déporté de Compiègne par le convoi du 6 juillet 1942 (dit des 45000) à Auschwitz (matricule 45523). Ce convoi transportait  1170 hommes « nous étions peut-être 1 000 communistes, indique Louis Eudier, une centaine de non communistes syndicalistes,  cinq ou six droits communs et une cinquantaine de Juifs ». En août 1943, nous n’étions déjà plus que 120 à 125 survivants ».

Les wagons étaient cadenassés et les déportés savaient qu’ils partaient pour l’Allemagne sans connaitre leur destination ni quand ils pourraient envoyer des nouvelles à leurs familles. Aussi Louis Eudier et son camarade Arthur Fleury décidèrent-ils d’écrire un petit mot dans une boite à fromage qu’ils lancèrent sur le ballast aux bons soins de leurs camarades cheminots. Contre toute attente, Louis Eudier sut au retour des camps que  sa mère avait bien reçu le message.

Les brutalités commencèrent dès leur arrivée au camp où ils ne dormirent qu’une seule nuit. Dès le lendemain, le groupe de Louis Eudier rejoignit à pied Birkenau sous les coups.

Louis et une partie de son groupe revint sur Auschwitz et il fut affecté au block A 15, dont le chef était un communiste allemand, ce qui fut pour les hommes un grand réconfort.

ll  doit travailler à la DAW, une usine d’armement où il se livre à de discrets mais dangereux sabotages. Avec d’autres militants, il met en place un début d’organisation clandestine et essaie d’organiser la solidarité. Il est membre de l’organisation française de résistance à Auschwitz.

Bien que malade du typhus, il est transféré en septembre 1944 au KL Gross Rosen où il travaille à l’usine Siemens, puis affecté en février 1945 au Kommando de Hersbruck (matricule 84454)  : aménagé entre mars et septembre 1944 sur un ancien terrain du service du travail allemand, à 30 km à l'est de Nuremberg, ce Kommando avait été créé pour installer une usine souterraine fabriquant des moteurs d'avion. Le travail des détenus consistait à déblayer les roches, préalablement dynamitées, afin d'aménager les galeries. 10000 détenus environ sont passés par ce camp annexe, 4000 y sont morts.

Le travail auquel est soumis Louis Eudier est d' aller scier des arbres en forêt. Par trois fois, à bout de forces, il échappe aux sélections pour la chambre à gaz en faisant passer sa blessure au pied pour une blessure de guerre.

En avril 1945, au cours  d’une Marche de la Mort, la S.S. évacue 1600 malades par train et 3800 à pied vers le KL de Dachau. Plus de 600 meurent en route. Quand il arrive à Dachau, Louis Eudier a perdu 50 kg.

Le 29 avril 1945, le KL Dachau est libéré par les troupes américaines. Louis Eudier rentre en France le 16 mai 1945 dans des camions de l’armée Leclerc et retrouve sa famille au Havre.

Dans les années qui suivent son retour, il est rétabli dans ses fonctions à l’Union locale CGT du Havre. Il se consacre à la carrière politique avec succès : élu conseiller général, député et maire adjoint de la ville du Havre. Il a été aussi président de la FNDIRP locale.

Une rue et une salle municipale du Havre portent son nom.

Il a été homologué RIF avec le titre d'adjudant et DIR et il était titulaire de la carte CVR (1956).

Distinctions : Légion d’Honneur - Croix de guerre avec palme - Médaille militaire - Croix du Combattant volontaire - Médaille de la déportation.

Louis EUDIER est décédé le 11 août 1986 au Havre et a été inhumé au cimetière Sainte Marie (Division 47, Rang : Ouest Emplacement : 10).

Mémoire : Rue Louis Eudier au Havre.  Une salle des fêtes porte son nom au square saint Nicolas

Rédacteur : F. Roumeguère, mise à jour du 17 avril 2025 d'après la biographie établie par catherine Voranger pour le Dictionnaire des victimes du nazisme en Normandie.

Documents annexés : Col. Arolsen archives - Sépulture de Louis Eudier au cimetière Sainte-Marie (F. Roumeguère) - Plaque de rue Louis Eudier (F. Tocqueville) - pièces du dossier AC 21 P (David Fouache)

Témoignage de Louis Eudier, Blog Politique Auschwitz 

Biographie Claudine Cardon-Hamet Politique Auschwitz

Biographie Mémoire vive

Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie


Décorations : 
Légion d'honneur

Carte du Combattant Volontaire de la Résistance (CVR): 16/08/1956

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 212663
Caen:  AC 21 P 642591

Archives départementales : 
3868 W
Archives du collectif : 
AC 21 P 642591 (D. Fouache) - Ordre de bataille du secteur FTP du Havre 41-44. Anacr, Maison des syndicats (P. Lebas) - Fichier CVR ADSM (M. Baldenweck) - Dossier CM 2 (F. Amiel)
Archives municipales : 
Cote 115Z11 - Dossier Bio 37/7.5 - 167w46 n°15 - AC 21 P 642591 (D. Fouache)

Bibliographie :  Louis Eudier, Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945, imprimerie Duboc, Le Havre, sans date (1977 ?)



Crédit Photo de la notice :  © Claudine Cardon-Hamet Politique Auschwitz


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Fiche mise à jour le:  17/04/2025

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