Annuaire des résistant(e)s du Havre
© Famille Vicens
VICENS GIRONELLA Aniceto
- FFC
- L'HEURE H
Date de naissance: 17/05/1915  à Agullans (Espagne)
 
Aniceto VICENS GIRONELLA, républicain espagnol clandestin né le 17 mai 1915 à Agullana (Espagne) s’était replié en France au moment de la retraite de l’armée républicaine espagnole en 1939. Il est domicilié avenue du Maréchal Foch à Perpignan au moment de la déclaration de guerre.
Il se déclare volontaire pour combattre mais il est arrêté quelques jours plus tard et interné au camp de Vernet d’Ariège (quartier B) où il fait l’objet de mesures disciplinaires.
Il se réfugie ensuite en zone occupée dans la région du Havre fin 1942 pour échapper à Vichy et « pouvoir mieux combattre l’occupant ».
Il cherche à ses risques et péril à entrer en contact avec des patriotes français. Il rencontre Gabriel Caillet à Harfleur, lequel le met en relation avec Roger Mayer alias « Paul » .
Il entre officiellement en contact avec les résistants de L’Heure H lors d’une réunion chez Gaston Le Borgès à Harfleur, en présence de Roger Mayer, Gabriel Caillet et Jean Thomas.
Il lui est confié entre autres missions, de chercher et d’organiser des groupes étrangers. Il réussit à regrouper des Italiens, et des Belges et des Espagnols - dont ses camarades républicains espagnols, Pablo Llurda Fontana et Julio Carrillo Galvez.
Ce groupe était placé sous le contrôle de son chef JeGaston Le Borges an Thomas alias Lieutenant Pierre., probablement à Harfleur, selon les informations de José Marco Piza. Aniceto Vicens Gironella participe au recueil de plans sur la défense de l’Atlantique et notamment l’emplacement de gros canons.
Le 12 novembre 1943, sous la direction de Roger Mayer, chef du réseau Hamket Buckmaster, de Jean Thomas et de de Harfleur, il participe avec Pablo Llurda Fontana et Julio Carrillo Galvez, au sabotage de l'usine Fouré Lagadec au Havre. Celle-ci travaillait à la réparation de navires allemands endommagés.
" Dans la nuit, un attentat aurait eu lieu à l’usine Fouré-Lagadec. Trois hommes auraient pénétré dans l’usine, révolver au poing et ligoté le gardien qui, déposé sur une civière, aurait été recouvert de son pardessus pour qu’il n’ait pas froid. Après l’avoir rassuré en lui disant : Nous ne sommes pas des assassins ; ne t’en fais pas, reste tranquille. Les trois hommes seraient allés poser leurs bombes qui, en éclatant, détruisirent les machines-outils qui servaient aux réparations de matériel allemand." (extrait du livre « Le Havre, 1939-1944 », de B. Esdras-Gosse, cité dans La guerre en veston). La destruction partielle du matériel entrava fortement l’activité de réparation de navires allemands endommagés.
Aniceto Vicens Gironella tombe malade à la fin de l'année 1943 et est soigné pendant quelques semaines par Léa Saintive, à l’hôtel de la gare à Bolbec. Roger Mayer le fait embaucher comme infirmier auxiliaire dans un hôpital de l'armée allemande à Notre-Dame-du-Bec, ce qui lui permet de bénéficier de soins appropriés, de recruter de nouveaux membres et de dérober du matériel sanitaire à la demande de Roger Mayer et au profit des résistants.
Prévenu en mars 1944 par Carrillo des arrestations survenues au Havre, celles de Roger Mayer et d’autres membres du réseau, il y croise alors des fugitifs qui lui recommandent de fuir et il est averti par deux Belges de son groupe qu’il est recherché par la Gestapo qui l’attend à Notre-Dame du Bec.
En dépit des risques, il gagne son logement pendant la nuit pour y détruire des pièces compromettantes puis s’échappe de justesse et regagne Le Havre où il est caché par une certaine « Madame Odette ».
Quinze jours plus tard, avec la complicité d’ouvriers travaillant de l’autre côté de la Seine, il gagne Paris où il retrouve Carrillo et Llurdo rue de Londres et de là, décide de gagner la province.
Après s'être arrêté à Toulouse, Aniceto Vicens Gironella franchit la frontière franco-espagnole grâce une filière franco-anglaise et parvient à Barcelone où il fut pris en charge par la Croix Rouge française, Calle Muntaner.
Il souhaitait se rendre en Algérie pour rejoindre les FFL. Les services du consulat britannique à Barcelone firent connaître son projet au réseau d'évasion FFL Bourgogne. Mais la nationalité de Aniceto Vicens Gironella ne leur permit pas de le prendre en compte. Néanmoins le réseau Bourgogne demeura en contact avec lui jusqu'en juin 1944 et malgré sa situation alarmante et difficile, "il agit toujours en sorte de se tenir prêt à servir, nous rendant le cas échéant les services demandés", souligne dans son attestation Jean Olibo, responsable régional du réseau Bourgogne.
Il ajoute : "j'ai su par la suite que M Vicens vécut dans des conditions lamentables mais combien courageuses et nobles et qu'il réussit enfin, au prix de multiples difficultés, à rejoindre la France".
Selon des informations reçues en 1949 par son camarade de groupe de L'Heure H, José Marco Piza, il s’établit à Toulouse, 8 bis rue Châteaudun puis est domicilié 7 rue de la Providence en 1957.
Compte tenu des circonstances de son départ du Havre, Roger Mayer indique dans son attestation qu'il a été "oublié" mais qu'il aurait dû figurer dans la liste des membres du réseau Hamlet Buckmaster.
Aniceto Vicens Gironella était titulaire de la Carte CVR (1958).
Rédacteur : F. Roumeguère
Documents annexés : pièces du dossier familial
Vincennes : Non référencé
Archives familiales et Dossier CVR (M. Baldenweck) - La guerre en veston (D. Fouache)
Bibliographie :  De la résistance au rétablissement de la légalité républicaine en seine inférieure.Michel Baldenweck. Delattre éditeur, 2017
Crédit Photo de la notice :  © Famille Vicens
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Fiche mise à jour le:  01/12/2024







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