GELIN épouse Hubac Anita Lucie
- FFC
- HELPER
- HAMLET BUCKMASTER
- L'HEURE H
- OCM
Date de naissance: 06/05/1915  à Saint Germain en Laye (78)
 
Née à Saint-Germain-en-Laye (78) le 6 mai 1915, fille de Auguste Gélin et d'Hélène Gélin née Simon, Anita Lucie GELIN, épouse Hubac, poursuivit ses études au Lycée de jeunes filles du Havre jusqu’au Baccalauréat.
Elle continua ses études à Paris et devint Licenciée Es Lettres, puis Diplômée d’Etudes Supérieures de Lettres classiques.
En 1939, elle est agrégée masculine de Grammaire.
En tant que professeur agrégée de l’Université, elle enseigne les Lettres au Lycée Hélène Boucher dans le 20e arrondissement de Paris, où elle était domiciliée, 9 Allée Marie Laurent.
Anita Gélin rentrait chaque fin de semaine au Havre, 18 rue Théodore Maillart, au domicile de ses parents.
Elle entre en résistance en janvier 1941 (septembre 1940 est la date indiquée dans son dossier au Shd de Vincennes) en rencontrant Raymond Guenot, alors membre du Groupe Morpain, qui était lui-même logé chez ses parents. Elle fut d’abord sa secrétaire et il lui proposa de devenir journaliste lorsque fut fondé le journal du réseau L'Heure H.
Une fiche de son dossier détaille ses activités :
- « Confection de jeux complets de feuilles de démobilisés, et de papiers allemands de libération (avec cachets allemands, contrôle médical de Compiègne,…). Plus tard, feuilles de permission et de retour en France d’ouvrier travaillant en Allemagne et certificats de travail. Ces papiers étaient remis à des prisonniers évadés ou désirant s’évader, à des jeunes voulant échapper au S.T.O., à toute personne en situation irrégulière vis-à-vis des Allemands ou recherchés par eux.
- Les renseignements : transmission de documents militaires, plans et documents divers.
- Propagande et recrutement : rédaction et corrections d’articles pour le journal L’Heure H. Diffusion de ce journal distribution directe ou envoi par la poste depuis Paris en province et même dans la zone non occupée, sous bande de journaux pro-allemands.
- Recrutement et propagande à Paris, en province, Bordeaux et environs.
En mai et juin 1943, elle faisait la liaison entre Raymond Guénot et André Néel, commandant de l'Organisation civile et militaire (O.C.M.) du secteur d’Argenteuil et Houilles en Seine-et-Marne.
Le mouvement Organisation Civile et Militaire, né à Paris en décembre 1940 recrutait dans le milieu de la bourgeoisie et des officiers de réserve. Son objectif était de bâtir une organisation paramilitaire clandestine capable de constituer une force d'opposition à l'occupant et un appui interne à l'offensive alliée. On y organisait des filières d'évasion ; on y recueillait des renseignements sur l'occupant.
Cette liaison avec Anita Gélin et Raymond Guenot permit à André Néel de transmettre aux Forces Françaises Libres à Londres des plans du terrain d’aviation de Villacoublay et de recevoir de faux-papiers établis par Raymond Guenot pour des jeunes requis au STO.
Au mois de juin 1943, Anita Gélin et Raymond Guenot rendirent visite à André Néel à Argenteuil. Dans son attestation, André Neel indique qu’il a « pu admirer la ferveur patriotique de l’un et de l’autre ».
L’épouse d’André Neel, elle-même résistante au sein du réseau O.C.M., témoigne de ce qu’Anita Gélin lui avait procuré de faux-papiers de rapatriement d’Allemagne pour huit jeunes réfractaires au S.T.O. dont elle indique les noms. Les papiers de deux d'entre eux, Jean-Pierre Néel et Jean Pénisson furent examinés à plusieurs reprises par les autorités allemandes.
« La perfection de ces papiers, et en particulier des cachets allemands fabriqués par « Monsieur Raymond », étudiant des Beaux-Arts, et Mademoiselle Gélin, était telle qu’ils ont toujours paru parfaitement authentiques.
M. Raymond a été arrêté et fusillé au Havre le 1er novembre 1943, après une détention de plusieurs mois. C’est grâce à sa présence d’esprit et son courage que Melle Gélin ne fut pas arrêtée en même temps que lui dans l’appartement qu’il occupait chez elle et où se faisait tout le travail clandestin. C’est aussi grâce à son sang-froid et son courage que les cachets furent préservés et les pièces les plus compromettantes et importantes détruites à temps ».
Anita Gélin aida également à se cacher une famille alsacienne qui devait se soustraire aux recherches allemandes.
Madame Néel : « Mademoiselle Gélin a fait la liaison entre nous et les membres dispersés de la famille Aéply, Alsaciens émigrés de Lièpvre (Haut-Rhin) en 1943, traqués par la Gestapo, et au sujet desquels mon mari avait été arrêté par cette dernière et conduit rue des Saussaies. Grâce à Mademoiselle Gélin, j’ai pu tout un hiver ravitailler cette famille clandestinement. Son dévouement, son sang-froid et son courage sont au-dessus de tout éloge ».
Selon le témoignage de Yves Aéply : « Grâce à Mademoiselle Gélin, nous pûmes rester en relations avec nos amis Néel. Melle Gélin me fit cacher avec ma mère chez une de ses amies, Melle Langlet, 3 place Violet dans le XVe arrdt.
Melle Gélin me fournit une seconde carte d’identité au nom de Guérin et me fit faire la connaissance au café Garnier de son chef de résistance, Raymond Guenot, qu’elle avait fait convoquer par télégramme au Havre, pour me faire échapper aux recherches des allemands. Le lendemain, Raymond Guenot m’emmena au Havre, me conduisit lui-même en voiture jusqu’à Lillebonne, me trouva une chambre où je restais jusqu’en juin 1943.
Par un voyage à Caen, Melle Gélin put obtenir le transfert de mon dossier universitaire dans cette dernière faculté, et je pus passer la première partie de mon baccalauréat au Havre sous mon nom. Raymond Guenot me conduisit ensuite chez des paysans, chez Monsieur Tirard, à Gonfreville-Caillot ».
Par l’intermédiaire du Docteur Rudinesco, Yves Aéply put ensuite intégrer le collège d’Asnel à la Chapelle saint Mesmon (Loiret). Il fait alors de fréquents voyages sur Paris pour rencontrer sa mère, chaque fois hébergé par Anita Gélin. Celle-ci devait lui établir de nouveaux papiers afin de lui permettre de passer en Suisse, mais, pressé de partir, Yves Aéply préféra gagner la frontière clandestinement. De Lausanne, il s’engagea ensuite dans les G.M.R (Groupes Mobiles Alsaciens).
Suite à la mort de Raymond Guenot, Anita Gélin rejoignit en 1944 le mouvement O.C.M. à Paris, pour lequel elle fit du recrutement (secteur Sud).
Au moment de la Libération, elle se trouvait rue du Cherche-Midi au P.C. de la résistance du VIe arrondissement, sous le commandement du Docteur Devaux, chef de l’O.C.M., secteur sud.
Une pièce de son dossier au Shd de Vincennes précise : "secteur Sud XXIIIe subdivision".
Par ailleurs, formée au secourisme, elle se mit au service de la Croix-Rouge, place Gambetta dans le 20e arrondissement.
Anita Gélin est décédée le 23 juillet 1989 à Paris 12e.
Elle a été homologuée FFC. Du fait de son appartenance à L’Heure H, elle fut affiliée au réseau Hamlet Buckmaster en tant qu'agent P1.
Complément d'état-civil : ex-épouse Laurent.
Notice créée par B. Garin, mise à jour par F. Roumeguère
Documents annexés : pièces du dossier GR 16 P 249634 dossier PDF (archives I. Duhamel)
Vincennes : GR 16 P 249634
Archives L'Heure H (B. Garin) - GR 16 P 249634 (archives I. Duhamel)
Bibliographie :  Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020.
Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)
Fiche mise à jour le:  07/12/2024

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