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LE FRANCES Arsène Auguste
- DIR
 
Arsène Auguste LE FRANCES, fils de Célestin Le Francès et de Anne Marie Le Roux, est né au Havre le 7 mars 1914. Il s’était marié en 1936 à Emma Rioult et résidait 9 Bd François 1er au Havre. Il est fait prisonnier de guerre le 23 mai 1940, et part en captivité au Stalag II C (matricule 66477).
Il témoigne de sa tentative d’évasion : « blessé, double fracture de la jambe droite, dès le début de la captivité, plus précisément le 6 août 1940, au courant du travail forcé dans un Kommando contrôlé par la Wehrmacht à Deusth Drone (Poméranie), je dus, après un séjour à l’hôpital de cette ville ‘passer ma convalescence » au Stalag II B où mes efforts pour me faire rapatrier sanitaire restèrent vains, en raison surtout de mon âge (26 ans).
Notre évasion eut lieu avec deux camarades nommés Bienfait Ernest, de Paris et Lenormand Raymond du Havre (que j’ai malheureusement perdus de vue depuis) dans la nuit du 14 au 14 juillet 1942 du Kommando de la Chemischfabrik de la Pommerensdorf près de Stettin. Trompant la surveillance de la sentinelle qui effectuait sa ronde au-delà des barbelés qui entouraient nos deux baraques, nous avons franchi ces barbelés, puis par bonds, gagné l’enceinte de l’usine elle-même, formée de deux rangs de barbelés ,que nous avons réussi à franchir sans incident mais à l’aide de mille précautions.
Vêtus d’effets teints pour les rendre aussi civils que possible, nous avions décidé de ne marcher que la nuit vers la gare de triage de Angermünde où nous savions que des prisonniers avaient réussi à se glisser dans des wagons de marchandises en partance soit pour la France, soit vers les Pays-Bas.
Munis de quelques vivres que nous estimions indispensables pour trois semaines, de cartes d’état-major et de boussoles, nous avons avancé d’une cinquantaine de kilomètres jusque dans la nuit du 17 au 18 juillet 1942, où en pleine nuit noire, nous avons subitement entendu armer des fusils et crier « Hands hoch » ; nous étions encadrés de quatre sentinelles de garde autour du Kommando des prisonniers russes, devant lequel nous avions entrepris, sans pouvoir nous rendre compte du danger, de remplir nos bidons à la tonne d’eau placée là précisément pour le Kommando dont nous ne soupçonnions pas la présence. Raccompagnés au Stalag II D , nous fûmes versés en Strafe Kompanie jusqu’à ce que s’effectue le rassemblement d’un certain nombre d’évadés. Transférés encore en Strafe Kompanie à Sagan (Silésie), Stalag VIII C, nous fumes en définitive déportés au Stalag 325 Rawa-Ruska (Galicie), où nous étions internés au 1er septembre 1942 ».
Selon son dossier AC 21 P, c'est le 13 octobre 1942 qu'Arsène Le Frances fut transféré dans le camp de représailles de Rawa-Ruska pour les multirécidivistes des évasions ainsi que les prisonniers refusant de travailler pour les Allemands.
Il y demeura jusqu'au 13 avril 1943 puis, à la fermeture de ce camp, fut transféré en forteresse à la citadelle de Lamberg avant de repartir pour le Stalag XVII B puis dans un Kommando à la frontière tchèque.
Il est libéré en mai 1945 et rapatrié par le centre d’Hayange.
Arsène LE FRANCES a été homologué DIR (interné résistant) et était titulaire de la carte CVR (1968).
Sa dernière adresse connue est le 60 rue de Cronstadt au Havre, il était alors employé de commerce.
Il est décédé le 14 juin 1994 à Trouville-la-Haule (27).
Rédaction : Florence Roumeguère
Documents annexés : pices du dossier shd Caen AC 21 P 589946 (David Fouache)
Vincennes : GR 16 P 354341
AC 21 P 589946 (D. Fouache) - Annuaire Ceux de Rawa Ruska et leurs descendants, Union Nationale
Crédit Photo de la notice :  © DAVCC Caen
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Fiche mise à jour le:  21/10/2024

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