Parcours dans la résistance : 
Yves Eugène Gabriel PERONY est né au Havre le 6 octobre 1910.
Diplômé de l'Ecole libre des sciences politiques de Paris, Yves Pérony reçoit en 1933 une bourse à la Maison de l'Institut de France à Londres. Sa thèse de Doctorat porte sur le fonctionnement de la Chambre des Lords.
En 1935, il devient attaché du Procureur général près la Cour d'appel de Paris. Il quitte la Chancellerie pour devenir substitut du Procureur de la République à Lisieux puis Procureur de la République par intérim à Vire.
Lieutenant de réserve, il est mobilisé en 1939 au 154e Régiment d'Infanterie de Forteresse où il gagne une citation pour son action le 23 juin 1940 : “Détaché en mission particulière de son régiment et ayant perdu le contact de ce dernier replié sans qu'il en ait été avisé, s'est joint avec sa section aux derniers éléments d'un régiment voisin organisés en réduit à la Maison forestière de Bourguignon, a participé activement à la défense de ce dernier et a été l'un des braves qui ont valu à la garnison les honneurs de la guerre”.
Fait prisonnier, il est détenu dans un camp près de Berlin, en Allemagne, il retrouve son poste de magistrat en 1941. Démissionnaire en 1942 à la suite de l'occupation de la zone libre, il rejoint aussitôt la Résistance en travaillant pour les services de renseignement français rattachés à l'Intelligence Service de Londres. Il rallie avec son groupe les FFI dès leur création.
Au lendemain du Débarquement, il s'installe dans l'Oise et prépare, avec les groupements de Résistance du secteur de Clermont et de Liancourt, la libération du département.
Le mercredi 30 août 1944, vers 16 heures, Yves Pérony apprend que l'armée britannique se trouve aux portes de Beauvais. Il convoque aussitôt le capitaine de Gendarmerie, M. Parrou, et le commissaire de police, M. Albigès, afin de les instruire des mesures à prendre pour la protection de la population et des bâtiments publics.
Vers 17 heures, le Commissaire de la République Pierre Pène (né en 1898, ancien polytechnicien, résistant, arrêté, torturé, évadé de sa prison de Senlis), accompagné du nouveau Préfet de l’Oise, Yves PERONY ( lieutenant de réserve ayant rejoint les FFI) et de Guy Malines (secrétaire général ayant échappé à la Gestapo le 7 juin 1944 et rejoint le maquis) destituent Georges Malick, le Préfet nommé par Vichy, qui est alors placé en résidence surveillée, à l’instar de M. Baldeyrou, son chef de cabinet.
Yves Pérony, son chef de cabinet Jean Guignard et son attaché de cabinet M. Porèche se présentent à l'hôtel de la préfecture. Ils sont accompagnés du commissaire régional de la République Pierre Pène, parti de la capitale en vélo la veille et parvenu à trouver des résistants et une automobile pour gagner Beauvais. Sont aussi présents des membres du CDL dont son président Roland Schmit, de M. Poumeroulie (procureur de la République), du capitaine Parrou, du commissaire Albigès et d'un détachement de FFI du secteur de Beauvais.
Pierre Pène relève de ses fonctions préfectorales Georges Malick et le fait placer en résidence surveillée.
Son récit laisse entrevoir l'improvisation : " Très digne, très préfet de carrière, Malick debout nous reçoit également debout. Je lui dis ce que nous venons faire et il réplique : avez-vous un papier vous habilitant ? Oui, bien sûr, et je me fouille ; rien, je me fouille de nouveau, pas moyen de trouver le papier qu'on m'a remis à Paris et que j'ai cousu dans mon veston déchiré par les barbelés je m'en suis fait remettre un destiné aux réfugiés. Quant au papier accréditif, Dieu sait où il est. Qu'importe ! nous n'allons pas nous laisser arrêter par une question de forme ; nous faisons comprendre à M. Malick que nous sommes les plus forts, qu'il vaut mieux pour lui ne pas s'obstiner et… il cède la place à Pérony ".
Yves Pérony, le nouveau Préfet, installe alors le nouveau Conseil municipal de Beauvais – et son nouveau maire,
Amédée Bourdon – le 1er septembre, en exhortant à l’irénisme : « le boche nous regarde et ce serait pour lui une vengeance que de nous voir s’entredéchirer. Je vous convie donc au travail, comptez sur moi »
Yves Pérony devient alors le "préfet de la Libération". Il demande aussitôt à Guy Malines de reprendre son poste de secrétaire général et fait procéder à l'arrestation de M. Baldeyrou, chef de cabinet de M. Malick, collaborateur notoire.
Dans la soirée, le préfet Pérony se rend à la mairie de Beauvais pour destituer le conseil municipal. S'adressant au maire provisoire, M. Jacoby, il lui dit :
" Je n'ai pas à formuler de critique contre la gestion de votre conseil, mais je suis dans l'obligation de vous suspendre". Il nomme alors à la tête de la commune un administrateur intérimaire en la personne de M. Bourdon, dans l'attente de l'installation d’une nouvelle assemblée le 1er septembre.
Dès son installation, de concert avec Pierre Pène, il lancera un appel à l'union de toute la population du département : " (…) La bataille continue. Le présent exige encore la guerre. Contribuons par notre Union et par une discipline librement consentie à la Libération complète de notre territoire. Cette libération impose à tous des devoirs précis - il importe qu'une situation normale soit rapidement rétablie - que les services publics fonctionnent régulièrement, qu'enfin, avec la Liberté, règnent à nouveau l'Ordre, la Sécurité, la Justice sociale, facteurs essentiels d'une union durable (…) "
En 1945, les témoins à son mariage seront Pierre Pène et Yves Helleu. Il est nommé préfet du Var en 1946, d'Indre-et-Loire en 1948, d'Oran en 1951, du Puy-de-Dôme en 1953 et de l'Hérault de 1959 à 1962. Il décède le 7 mars 1980 dans les Yvelines.
Distinction : Médaille de la Résistance française (1946).
Yves PERONY est décédé le 5 mars 1980 à Boulogne-Billancourt (92).
Variante d'état-civil relevée dans les sources : décédé le 7 mars 1980 dans les Yvelines (Résistance 60).
Biographie Résistance 60
Article de Jean-Yves Bonnard Résistance 60
Beauvais Journal de la Démocratie 30 aout 2019 Lien
Il existe une photographie, don de Mme Françoise Rosenzweig à la Fondation de la Résistance prise lors du discours prononcé sur les marches de la cathédrale de Beauvais par Yves Perony, préfet de l'Oise, à l'occasion des fêtes de la Victoire (9 mai 1945), brochure intitulée Au service de la France 1940-1944 (s.d.).
Modalité d’entrée : don, octobre 2005.
Fondation de la Résistance
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