© Famille Orange
ORANGE Henri Paul Camille
- FFC
- DIR
- Agent du BCRA
Date de naissance: 14/02/1905  à Le Havre (76)
 
Henri Paul Camille ORANGE est né le 14 février 1905 au Havre. Il est le fils de Henri Orange, garçon boulanger et de Albertine Simenel, sans profession.
Il se marie le 18 septembre 1931 au Havre avec Hélène Le Batteux. Il est nommé pasteur méthodiste à Lisieux en octobre 1938.
Quand l'attaque allemande survient en mai 1940, il enmmène sa femme en exode rural dans les Deux-Sèvres. Sur le chemin du retour, le 18 juin 1940, il entend l'Appel du Général de Gaulle diffusé à la BBC.
Il est sollicité en 1942 par un libraire de Lisieux pour rentrer dans le réseau Jean-Marie Buckmaster dirigé par le docteur Hautechaud.
Ce réseau, dévolu aux parachutages, fondé par Henri Frager était subordonné au SOE (services secrets britanniques) et à l'état-major allié. Il compta 3600 agents.
Il fonctionna de juin 1941 à fin septembre 1944 et s'implanta en Normandie de 1943 à la Libération. Des parachutages eurent lieu en Seine Inférieure en novembre 1943.
La paroisse d'Henri ORANGE s'étendait sur un vaste secteur, ce qui lui permettait de nombreuses rencontres et il disposait de précieux contacts dans les administrations locales.
Il est arrêté une première fois sur dénonciation le 5 décembre 1942 pour avoir circulé en zone non autorisée. Il est condamné à trois jours d'arrêt par la Feldkommandantur 723 de Caen puis remis en liberté.
A partir de 1943, Henri ORANGE se met à fabriquer des fausses cartes d’identité pour les jeunes qui ne voulaient pas partir travailler en Allemagne en STO, et il les envoyait chez des agriculteurs qui les employaient comme ouvriers agricoles sous de faux noms. Ces jeunes gens recevaient une formation militaire en vue de sabotages.
Dans la perspective d'un Débarquement, Henri ORANGE devient responsable de l'organisation de la survie des civils. Il met en place la recherche de grottes qui pourraient les abriter , ainsi que des réserves d'eau, de nourriture et de médicaments.
Il participait également au recrutement de résistants et communiquait des renseignements à Londres.
La maison familiale des Orange devint vite un refuge et un lieu de transit pour des clandestins.
Mais en septembre 1943, trois évènements vont provoquer une surveillance accrue de la part de l'occupant : un attentat manqué contre Louis Laplanche, responsable cantonal du RNP, le parti franciste et collaborationniste. Puis, les Allemands interceptent un parachutage près de Sainte Marguerite des Loges et pour finir un bombardier s'écrase près de Notre Dame de Courson. Son Pilote blessé est soigné par le Docteur Hautechaud, avant qu'ils ne soient dénoncés et arrêtés.
Henri ORANGE ne voulut pas prendre de précautions et le 5 octobre 1943. les agents de la Gestapo perquistionnèrent son domicile et l'interrogèrent avec son épouse de 14 heures à 22 heures.
Il est d'abord interné à la Kommandantur de Lisieux, puis incarcéré à Caen et transféré au Frontstalag 122 de Compiègne le 24 janvier 1944 (matricule 25849).
Il est déporté au KL Buchenwald (matricule 44866) par le convoi du 27 janvier, où il arrive au terme d'un voyage épuisant. Il se déclare ecclésiastique à son arrivée.
Il est transféré le 14 mars au KL Dora, et affecté au kommando Wieda. Siitué dans le Harz, siège de la SS Baubrigade III, qui regroupe également les Kommandos Mackenrode, Nüxei et Osterhagen, et dont l'activité est la construction d'une voie ferrée qui doit passer par ces lieux (chantier du Helmetalbahn). Les détenus étaient ensuite utilisés à la réparation des voies ferrées et au déblaiement des villes bombardées.
Henri ORANGE intègre le kommando 154 qui travaille à l'extérieur du tunnel. Il tombe rapidement malade et est admis au Revier de Dora du 8 au 27 avril 1944 car il souffre d'une infiltration tuberculeuse au poumon. Par la suite il est envoyé au siège de la Baubrigade III de Wieda dont les trois Kommandos comptent près de 1000 détenus.
Du 20 novembre au 4 décembre 1944, Henri ORANGE est de nouveau admis au Revier de Mittelbau-Dora pour suscpicion de tuberculose. Il revient ensuite à Wieda où on l'emploie aux "pluches" puis à des travaux de terrassement.
Son ami Marcel Orset témoignera : "on trouve Orange partout, aidant, soigant, priant, il ne ménage pas sa peine. Il est tout à tous dans la mesure de ses faibles moyens, s'oubliant complètement pour ne penser qu'aux autres".
Le 7 avril 1945, Henri ORANGE est sélectionné pour quitter Wieda par le train. Le 11 avril le convoi subit un bombardement en gare de Letzlingen. Il en profite pour s'échapper et est retrouvé quelques jours plus tard par les Américains.
Il est rapatrié, malade, le 11 mai 1945 à Paris. Revenu dans sa famille, sa sant reste mauvaise, mais il reprend ses activités et témoigne sur la déportation dans les camps nazis.
Henri ORANGE s'éteint le 25 mai 1947 à Lisieux, des suites de la tuberculose contractée dans les camps.
(Source : d'après Sandrine Duwatt-Parent in "Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora", 2020).
Henri ORANGE a été homologué FFC et DIR. Son nom figure dans la liste des Agents du BCRA (GR 28 P).
Distinction : Médaille de la Résistance française(1946).
Mémoire : son nom est inscrit sur le Monument Résistance et déportation au Havre - Rue Henri Orange à Saint Désir, près de Lisieux.
Documents annexés : Pièces des archives Arolsen
Médaille de la résistanceVincennes : GR 16 P 450985 et GR 28 P 11 / 84 dossier 26801 - GR P 28 4 379 25
Liste Shd des Agents du BCRA (D. Fouache) - Liste 76 des Médaillés de la résistance (M. Baldenweck)
Bibliographie :  Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, 2020.
Crédit Photo de la notice :  © Famille Orange
Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)
Fiche mise à jour le:  28/11/2024













Commenter cette fiche