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NAERON Raymond

Chronologie : 1941

Statut : 
  • RIF
  • DIR
Groupes : 
  • Jean
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 19/05/1914  à Le Havre (76)

Parcours dans la résistance :
 

Né le 19 mai 1914 au Havre, Raymond NAERON, de profession comptable, surnommé « le Boxeur », était domicilié 62 rue d'Arcole au Havre (ou à à Ancretteville sur mer -76), selon les archives Bad Arolsen, ou  59 rue de Mulhouse selon le fichier de Brinon).

Il s'était marié en 1933 à Henriette Leguillon, dont il se sépare en 1938. Le couple a trois enfants : Marcel, François et Raymonde, âgés de cinq à onze ans lors de l’arrestation de leur père.

Il était membre du Groupe Jean (Andréani) depuis février 1941.

Il devient agent de liaison entre le Havre et Paris (domaine de Saint Cloud) pour le réseau Saint Jacques, liaison qu'il effectuait une fois par mois.

Le réseau Saint Jacques, créé en 1940 par le lieutenant-colonel Maurice Duclos dépendait du BCRA (services secrets de la France Libre à Londres). Sa centrale était basée à Paris et ses principaux sous-réseaux en région parisienne, le Nord, la région côtière, Rouen et la Seine Inférieure. Sa mission principale fut la recherche de renseignement d'ordre militaire, politique et économique et accessoirement la préparation militaire à l'action : c’est à Félix Brunau alias Nardan, que Maurice Duclos confia le soin de créer des groupes d’action destinés à créer un climat d’insécurité autour des troupes allemandes. Brunau implanta le sous réseau Nardan au Havre qui compta plus de 70 havrais dans ses rangs

Raymond Naeron participa à des sabotages sur les installations portuaires du Havre et transmit des renseignements d'ordre militaire au réseau.

Suite à l'attentat à la grenade contre une colonne allemande près de l'Arsenal du Havre, il est arrêté au Havre le 13 février 1943 lors d’une rafle au café Le Chicago 14 rue Molière.

André Gallien, Alexandre Rio et Ernest Viévard sont arrêtés en même temps que lui. Détenu au Havre jusqu’au 15 février, Raymond Naëron est transféré à Rouen (15 février – 7 mai), puis, le 7 mai au camp de Royallieu à Compiègne dans l’Oise (matricule14766).

"ASR, asocial", est le motif inscrit par l’Occupant sur la liste de départ en déportation.

Il est ensuite transféré au camp de Compiègne (matricule 14766), et est déporté dans la nuit du 25 au 26 juin 1943 en Allemagne au sein d’un convoi  de 999 hommes constitué par les nazis dans le cadre de l’opération Meerschaum.
Il parvient au KL Buchenwald le 27 juin 1943 (matricule 14209).

Il est affecté et arrive au kommando Karlshagen ou Peenemünde le 11 juillet 1944 : en 1935, l'Allemagne décide d'installer une base spéciale pour son programme sur les fusées. Un site approprié est acheté en 1936 dans la partie nord de l'île d'Usedom, sur la Baltique. Dès septembre 1939, 3000 personnes travaillent à Peenemünde alors que la guerre impose très vite un développement important du montage des fusées A4. Avec celui de Peenemünde, les sites de Friedrichshafen depuis fin 1941, et Wiener Neustadt, en mars 1943, sont utilisés dans ce but. Tous ont recours à la main-d'oeuvre concentrationnaire.
La base de Peenemünde, à compter du 1er juin 1943 et pour préserver le secret de la production, prend le nom d'Heimat-Artillerie Park 11 (HAP), que l'on situe à Karlshagen, un village au sud de l'île.
C'est le nom du kommando de détenus, officiellement rattaché au KL Ravensbrück. Mais ce secret n'empêche pas l'attaque aérienne britannique dans la nuit du 17 au 18 août 1943, qui fait de nombreuses victimes. Les dirigeants allemands décident alors de déplacer l'usine de production des A4 de Peenemünde à un nouveau site souterrain, dont la construction commence alors : Dora.

Renvoyé au KL Buchenwald le 14 octobre 1943, Raymond Naeron est réimmatriculé avec le n° 22894 et transféré le même jour au KL Dora (Mittelbau) où il reste jusqu’à l’évacuation, le 4 avril 1945, de près de 35 000 détenus, par train, jusqu’à Bergen-Belsen où il parvient le 10.

Il est libéré par les Britanniques le 15 avril 1945 et rapatrié de Bergen Belsen le 30 avril.

Il a été homologué RIF. Il était probablement FFL .

Raymond Naeron revient au Havre où il est docker, puis il part vivre à Abidjan (Côte d’Ivoire) au début des années 50.

Il est décédé le 24 janvier 1978 à Rennes (35).

D'après Lucie Hébert in : Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, 2020.

Mise à jour : F. Roumeguère

Documents annexés : Col. Arolsen archives

Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie 


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 439050
Caen:  AC 21P603819

Archives du collectif : 
Fichier DIR Fndirp 76 (M Baldenweck) - Listing Fmd (M. Baldenweck) - Fiche Fndirp aux Archives Municipales (F. Roumeguère)


Crédit Photo de la notice :  © Onacvg 76


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Fiche mise à jour le:  10/02/2026

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