MOYON Alphonse Marie
- FTP
Date de naissance: 22/02/1899  à Saint Nazaire (44)
 
Alphonse Marie MOYON, est né le 22 février 1899 à Saint Nazaire (44).
On notera que Maurice Moyon, membre des FTP du Havre, également né à Saint Nazaire en 1914 et était peut-être son fils.
Alphonse Moyon dit « Xavier », prénom sous lequel on le retrouve dans les archives de la Cie FTP du Havre, rejoint cette compagnie en mars 1943 : il est membre du 4e groupe (Emile Mutel chef de groupe) de la 1ère section de réserve (Charles Domurado chef de section) du Détachement commandé par Jean Le Brozec. En septembre 1943, il est membre du 1er Groupe de Roland Philippe du 1er détachement (Marcel Toulouzan) de la Cie FTP du Havre commandée par Bernard Catel.
Le Le 13 ou le 26 novembre 1943, il participe à l'attentat à l’explosif du cinéma Sélect réservé à l’armée allemande.
Puis le nom de « Xavier » Moyon disparait ensuite des organigrammes…
La suite de son parcours a été établie par Monsieur Pierre Goupillot :
« Alphonse Moyon rejoint un groupe de résistants dans le groupe des permanents d’André Gaillard, le grand père de mon épouse, fin 1943 ou peut-être début 1944 - nous n’avons pas de date précise - appartenant à la 3ème compagnie FTP du Vimeu (Somme). André Gaillard, l’un des responsables militaires FTP de la région du Vimeu (80), cite le lieutenant de vaisseau Alphonse Moyon dit "Xavier" dans ses écrits.
Madame Lucienne Forestier-Gaillard fille d’André Gaillard, elle-même résistante, a bien connu Alphonse Moyon puisqu’il fréquentait la maison familiale lorsqu’il se cachait dans le Vimeu
Alphonse Moyon participe à de nombreux sabotages ferroviaires et à l’attaque de la prison d’Abbeville le 22 juin 1944 qui permet de délivrer 70 résistants de tous mouvements.
Il est fort possible qu’il ait ensuite quitté le Vimeu suite à de nombreuses arrestations opérées par la Sipo-Sd d’Abbeville, la compagnie s’étant regroupée en forêt d’Eu (76). Il est cité dans le livre Resistance Vimeu 1942-1944 de Serge Lecul, dans lequel son nom est mal orthographié.
Un commando de onze hommes
À l’époque, Lucienne Forestier-Gaillard avait seulement 15 ans, mais déjà la maturité d’une grande résistante. « Je servais d’agent de liaison en transportant des messages. Et comme la Gestapo ne me soupçonnait pas, je n’ai jamais été inquiétée », se souvient la jeune résistante qui n’a pas non plus oublié les conditions dans lesquelles ses parents ont été arrêtés chez eux à Saint-Blimont.
Lors de cette nuit estivale et historique, un commando de onze hommes armés d’un revolver type P38, d’une mitraillette et de quatre grenades prend place dans les ruines d’une maison de la rue Dumont à 5 h.
Après plus de deux heures de longue attente, le commando se scinde en trois groupes pour préparer l’assaut. À 7 h 30, le premier groupe attend l’heure de la relève des gardiens.
À 7 h 45, le gardien Deilly arrive au coin de la rue et se dirige vers la prison. Immédiatement, leur mitraillette en position, les quatre hommes du groupe d’assaut lui emboîtent le pas. Ils se plaquent de chaque côté de l’entrée pour ne pas être vus à travers le judas.
Le gardien Deilly regarde sonne et comprend très vite… Lorsqu’un collègue du gardien ouvre la porte, Richard glisse son pied dans l’entrebâillement et à la stupeur du portier, les quatre hommes du premier groupe font interruption en bousculant les deux gardiens affolés. Le gardien-chef arrive et se fait neutraliser tout comme le seul soldat présent, ce sans aucun coup de feu tiré.
Le reste du commando pénètre dans la prison, referme la porte et coupe le téléphone. Les résistants entrent ensuite dans le quartier des hommes. L’intérieur du bâtiment est composé de deux étages de cellules.
La première cellule servira à enfermer le soldat allemand et les deux gardiens. Pour trouver leurs camarades, les résistantes vont devoir ouvrir toutes les cellules cadenassées par de lourds verrous.
Une mission rapide et sans aucun coup de feu
Rapidement, le commando trouve André Gaillard, le père de Lucienne qui aide ses copains à libérer les autres. Une fois les femmes libérées, Richard brandit son revolver à bout de bras en clamant « pas d’affolement, vous êtes libres grâce à la Résistance ! Vous sortirez tranquillement par petits groupes, normalement pour ne pas attirer l’attention ! »
Les prisonniers libérés s’étreignent, le commando sort de la prison en refermant la porte et en emportant les clés. Les Allemands découvriront l’attaque avec les allers et venus des « droits communs ». Plusieurs seront repris par la gendarmerie et la Gestapo.
Pendant ce temps, d’autres résistants postés aux extrémités de la rue Dumont retenaient trois civils et deux agents de police, des témoins qui ont préféré ne pas se faire connaître afin de ne pas subir les interrogatoires de la police allemande.
Une mission exécutée en un temps record sans qu’il soit tiré un seul coup de feu. Aucun résistant n’a été blessé ou capturé. À peine le temps de se remettre de leurs émotions, les résistants se sont retrouvés pour continuer la lutte contre l’occupant jusqu’à la fin du conflit.
« Le souvenir de l’épopée de nos camarades qui ont écrit cette page glorieuse de l’histoire de la Résistance s’est éloigné dans le temps puisque plus d’un demi-siècle nous sépare maintenant du combat que nous avons livré pour arracher notre patrie à l’oppression des nazis » souligne Lucienne Forestier-Gaillard actuelle présidente de l’ANACR (association nationale des anciens combattants de la Résistance) et Chevalier de l’Ordre national du Mérite.
Cette ancienne résistance, dont serait fier son père, poursuit désormais un autre combat « faire en sorte que ce passage de l’histoire perdure. Que les générations actuelles et futures sachent à quel prix la liberté de notre pays a été obtenue. »
Il est fort possible que Adolphe Moyon ait ensuite quitté le Vimeu suite à de nombreuses arrestations opérées par la Sipo-Sd d’Abbeville, la compagnie s’étant regroupée en forêt d’Eu (76).
Il est cité dans le livre Resistance Vimeu 1942-1944 de Serge Lecul, dans lequel nom est mal orthographié.
Mémoire : le 22 juin 2024, à l’occasion de la célébration de l’attaque de la prison d’Abbeville, une plaque commémorative sur laquelle sont gravés les noms des 11 FTP dont Alphonse Moyon, a été apposée sur le lieu où se dressait cette prison.
Alphonse Moyon est décédé le 24 août 1979 à Saint-Nazaire (44).
Nota : la référence de son dossier Résistant au Shd de Vincennes ne comporte ni état-civil ni statut d'homologation.
Document annexé : photographe de la prison d'Abbeville © Club cartophile Abbeville
Les résistants FTP dans la Somme
Article Abbeville.fr sur la commémoration 2024 de l'attaque de la prison d'Abbeville
Article de Actu.fr "Il ya 80 ans la prison d'Abbeville était attaquée pour libérer 70 résistants".
Vincennes : GR 16 P 436298 (sans état civil)
Archives FTP - Ffi : liste des anciens FTP du Havre (D. Fouache) - Ordre de bataille du secteur FTP du Havre 41-44. Anacr, Maison des syndicats (P. Lebas) -Archives de Police (D.Fouache)
Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)
Fiche mise à jour le:  27/11/2024


Bonjour . Alphonse Moyon rejoint la 3ème compagnie FTP du Vimeu en 1943 dans le groupe de permanents d’André Gaillard, le grand père de mon épouse. Ils participe à de nombreux déraillement et à l’attaque de la prison d’Abeville le 22 juin 1944 dont le 80 ème anniversaire va être commémoré.