© Shd Vincennes
Photos


LOOTVOET Guy Eugène Emile

Chronologie : 1941

Statut : 
  • FFL
  • FFC
  • FFI
  • DIR
Groupes : 
  • Choquet
Réseaux : 
  • COHORS ASTURIES
  • SAINT JACQUES
Mouvements : 
  • LIBE NORD
Unité FFL : 
  • Résistance Intérieure
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 26/05/1921  à Versailles (76)

Parcours dans la résistance :
 

Né à Versailles (78) le 26 mai 1921, Guy Eugène Emile LOOTVOET était le fils de Julien Lootvoet et de Emilie Vallin. Ouvrier à la Société Air Liquide Boulevard de Graville, il était célibataire et domicilié 3 impasse Aimable Leblond à Sanvic durant l’Occupation.

En 1941, il forme un groupe de résistance à Sanvic dont les membres sont par la suite contactés par le Mouvement Libération-Nord et L’Heure H.

Il fut recruté en 1942 par Maurice Cosnier au sein du Groupe d'Henri Choquet.
Ce Groupe, antenne havraise du Mouvement Libé Nord, s'était spécialisé dans l’observation des mouvements des navires et des troupes allemandes et travaillait en liaison avec le réseau de renseignement Cohors Asturies.

Guy LOOTVOET devient membre de Cohors Asturies en mai 1942 en tant qu'agent P1, avec pour alias Moustache et Georges Leber.
Il établit quatre plans des défenses du Havre et de la région, renseigne sur les emplacements de bombes volantes, et fournit des cachets pour les membres des réseaux de résistance havrais.
Le réseau Cohors, fondé par Jean Cavaillès, était subordonné à l'Intelligence Service et au BCRA. Sa centrale était à Paris et ses premiers sous-réseaux ont été implantés en Normandie et en Bretagne.

Henri Choquet témoigna des réunions des membres du groupe Choquet chez Maurice Cosnier : « Tous les mardis à 19 heures, nous étions chez lui, 66 rue Alexandre à Sanvic. Nous passions avec précaution dans une petite maison voisine non occupée, où nos complots se tenaient. Etaient presque chaque fois présents Pierre Naze, responsable du Front National, Félix ou Victorien (je n’ai jamais sur le véritable prénom), responsable du parti communiste, Jacques, vaillant animateur très décidé, très brave ; Cosnier, Lootvoet , Le Sidaner ».

Il évoque également la tâche qui incomba à Guy Lootvoet en 1943 : « nous avions embauché un jeune graveur très actif, Guy Lootvoet, qui, tout en aidant son équipe de résistants qu’il avait recrutée et commandait, nous avait pourvus d’une série de beaux cachets de cuivre pour nos fausses cartes et à la demande de Clément (Philippe Liewer), lui en fabriqua une série personnelle aux modèles que je lui avais confiés. Désintéressé, ou plutôt intéressé à notre cause, il ne voulait même pas accepter une rétribution pour le paiement du cuivre utilisé et très difficile à trouver à cette époque. »

Selonson témoignage, Guy Lootvoet est réquisitionné pour travailler en Allemagne en mars 1943. il est transféré dans un camp de jeunes à Petit-Quevilly (76) puis dirigé sur Paris au centre Kellermann à la Porte d’Italie. De là, il devait partir le lendemain pour Königsberg et c’est alors qu’il décida de son évasion. Il faisait partie d’un groupe qui portait la soupe du centre Kellermann à un autre groupe logé rue Dumont d’Urville. « Je profitais d’un moment d’affluence dans le métro pour fausser compagnie à mes gardiens et je revenais au Havre où je me cachais comme réfractaire chez Monsieur Georges Duval, garagiste à Sanvic. J’ai dû cesser complètement mon travail. Là, je restais en contact avec mes camarades du mouvement Libération et pouvais ainsi poursuivre mon travail de résistant ».

En mars 1944, Guy Lootvoet établit au Havre le contact avec Claude de Beaumont, commandant du Groupe U55.

Guy Lootvoet témoigne : « A l’arrestation de Maurice Cosnier (12 mars 1944), une perquisition eut lieu à mon domicile et depuis ce temps-là, je fus recherché par la Gestapo.
Je reprends mes activités avec Godefroy et Barbier.
Six mois après (5 mois, en août 1944), ne pouvant m’arrêter et m’ayant loupé plusieurs fois, la police allemande arrête mes parents âgés de 61 et 65 ans, ensuite, arrestation de mon beau-frère. Mes camarades Barbier et Godefroy sont aussi arrêtés.
L’étau se resserre et je dois m’éloigner du Havre et me réfugier à Grandcamp près de Lillebonne (à la ferme de Vincent Adolphe, où il se cache depuis le 3 août)".

C’est là que Guy Lootvoet fut arrêté par la Gestapo le 13 aout 1944, sous le nom de Georges Leber qui figurait sur sa fausse carte d’identité. Ses parents, qui avaient été internés à l’Arsenal puis à la prison rue Lesueur, furent relâchés deux jours après son arrestation. Ramené au Havre, il est interrogé, torturé et condamné pour faits de résistance à la déportation au camp de Buchenwald.

Georges Simenel témoigne : « Etant de corvée dans le couloir central lors de mon emprisonnement rue Lesueur, j’ai vu le 13 août 1944 sortir d’une cellule Monsieur Lootvoet Guy, soutenu par deux membres de la Gestapo. Monsieur Lootvoet venait de passer aux tortures et présentait un état lamentable, il était ensanglanté au visage et sur le corps. Il ne tenait même plus sur ses jambes ».

Guy Lootvoet est transféré à la prison de Rouen dans la nuit du 18 au 19 août, puis au local de la Gestapo près de la Tour Jeanne d’Arc : « le 19 août, vers 16 heures, les troupes alliées progressaient et la Gestapo commençait à déménager ses archives. Des civils français réquisitionnés allaient et venaient, transportant des paquets qu’ils portaient dans des camions rangés dans la rue. Bien que très éprouvé par les sévices subis, j’eus un sursaut d’espoir et je profitais d’un moment où j’étais seul pour prendre un colis, retrouver la file des déménageurs et je parvenais dans la rue où j’avais la chance d’être libre. A pied, je regagnais la région havraise.

Revenu dans les environs de Lillebonne, je reforme un petit groupe de combat qui, deux jours avant l’arrivée des Anglais, entre en action, nettoyant la partie est de Lillebonne.
A l’arrivée des Anglais, je suis demandé au quartier général de Trouville- Alliquerville. Je rentre ensuite à Gainneville, au Quartier général anglais (4e régiment Lincoln, 8e armée), étant à même de fournir des éléments nécessaires sur la défense du Havre. Rentrant au Havre, je dois cesser mon travail de patriote, ne pouvant m’engager dans l’armée, ma mère restant seule, mon père ayant été tué par un obus lors du siège du Havre. »

Lucien Auzoux témoigne : « Etant sous les ordres de Monsieur Lootvoet Guy lors des opérations de la Libération dans le secteur de Grandcamp, j’ai vu celui-ci à son retour de la prison de Rouen. Lors de son emprisonnement, il avait subi de nombreux sévices et tortures, il était encore marqué de blessures dans le dos et avait des difficultés à marcher. Une voiture de la 4e Lincoln avait été mise à sa disposition pour ses déplacements, ainsi que la mienne qui avait été réquisitionnée ».

Après la guerre, Guy Lootvoet exerce la profession de contrôleur principal de la répression des fraudes et réside 24 rue Saint Jacques au Havre.

Guy LOOTVOET a été homologué FFC, FFL et FFI ((avec le grade de sergent), et était titulaire de la carte CVR (1953).

Distinction : Médaille commémorative des services de la France Libre.

Guy Lootvoet est décédé le 1er août 1990 au Havre et a été inhumé au cimetière Sainte Marie (Division , Rang : EBIS Emplacement : 03).

Documents annexés : Sépulture au cimetière Sainte Marie (F. Roumeguère)  -   Certificat d'appartenance au réseau Cohors Asturies (Archives Municipales) - Pièces du dossier AC 21 P 565879, document PDF  (D. Fouache) - Pièces du dossier GR 16 P 376211 , document PDF (I. Duhamel) -

Rédaction : F. Roumeguère

Livre Ouvert des Français Libres


Carte du Combattant Volontaire de la Résistance (CVR): 15/01/1953

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 376211 et GR P 28 4 425 16
Caen:  AC 21 P 565879

Archives départementales : 
3868 W
Archives du collectif : 
GR 16 P 376211 (I. Duhamel) - AC 21 P 565879 (D. Fouache) - Liste FFC 76 établie par Jean Thomas (M. Baldenweck) - Archives L'Heure H (B. Garin) - Fichier CVR ADSM (M. Baldenweck) - Archives de la Cie FFI de Montivilliers (D. Fouache)

Bibliographie :  Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020.



Crédit Photo de la notice :  © Shd Vincennes


Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)

Fiche mise à jour le:  25/11/2024

Cette fiche n'a pas de commentaire