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HAUCHECORNE Robert

Chronologie : 1942

Statut : 
  • FFC
  • FFI
Réseaux : 
  • HAMLET BUCKMASTER
  • L'HEURE H
Zones d'action: Le Havre , Montivilliers

Date de naissance: 02/11/1890  à Les Hogues (27)

Parcours dans la résistance :
 

Fils de Cyrille Hauchecorne et de Marie Hardy, Robert Marcel Hauchecorne est né le 2 novembre 1890  à Les Hogues (Eure) . Il fut élève en pharmacie après avoir eu le certificat d’études primaires. Il obtint un diplôme d’herboriste dans une école parisienne pendant la Première Guerre mondiale. Il s’était marié à Germaine, Eugénie Hély le 6 août 1912 à Darnétal.

De 1908 à novembre 1914, il fut embauché à la pharmacie de Darnétal. Il en fut chassé pour avoir critiqué des clients sur le plan politique. Il partit alors à Paris pendant deux ans. Exempté de service militaire, il ne partit pas à la guerre. Il revint à Darnétal vers 1917, dirigea la pharmacie de M. Renault qui était mobilisé. Il s’adonna à la politique dès ses 18 ans dans le parti socialiste en y défendant les thèses extrémistes. Il fut préparateur en pharmacie, militant socialiste, Hauchecorne fut un pacifiste pendant la Première Guerre mondiale et diffusa la Vague du député kienthalien Pierre Brizon.

Très engagé dans la vie du parti socialiste, il fut délégué au congrès national de décembre 1916 à Bordeaux, au conseil national qui se tint les 28-29 juillet 1918.  Cette instance vit la confirmation du poids de la minorité longuettiste avec plus de 1544 mandats contre 1172 pour les « majoritaires de guerre » de la SFIO. Hauchecorne se prononça, lui, pour la motion Loriot, la plus intransigeante, qui regroupa 152 mandats.

Hauchecorne fut inquiété après une réunion interne de la section socialiste de Darnétal du 14 septembre 1918, composée d’une vingtaine de membres. Elle se déroula en présence de la police, laquelle avait été acceptée par les militants. La demande de tenue de cette réunion avait été aussi précédée d’une demande auprès du Général commandant de la 3è région militaire. L’objet de la réunion portait sur la préparation du congrès national d’octobre 1918. Il y défendit la motion Loriot du CRRI (Comité pour la reprise des relations internationales) et demandait que les socialistes refusent de voter les crédits de guerre. Il fut incarcéré le 31 octobre 1918 pour « avoir tenu des propos de nature à exercer une influence fâcheuse sur l’armée et la population civile ». Il obtint un non-lieu en décembre et fut défendu par Longuet.

Secrétaire de la section socialiste de Darnétal, depuis au moins 1918, il était également à la tête d’un « groupe local prétendument révolutionnaire ou plutôt anarchiste », selon les termes de la police. Il s’agissait sans doute d’un groupe d’Amis de la Vague, voire un groupe du CRRI. Il se livrait alors à une propagande pacifiste et révolutionnaire dans la région rouennaise.

Il mena aussi ses activités en 1919 dans un syndicat ouvrier de 500 membres à la tête duquel il exerçait une influence non négligeable, tout comme son influence grandissait dans la commune.  Il fit partie du bureau, aux côtés de Henri Talbot, du meeting du 1er mai 1919 organisé par la section socialiste de Darnétal et des syndicats ouvriers locaux, lequel réunit 1200 personnes.

Il participa comme orateur au congrès de la Fédération socialiste de Seine-Inférieure et Eure tenu le 21 juillet 1918 à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) et y défendit les méthodes des bolcheviques, approuva Lénine et Trotski. Il déclara qu’il refusait de voter des fonds pour l’Humanité, lui préférant le journal La Vague. L’année suivante, il fut un des onze candidats présentés à la députation en Seine-Inférieure (au cours d’une réunion tenue le 17 octobre à Oissel). Présenté au sixième rang de la liste alphabétique, il obtint 40 465 voix. Avec 41 101 voix de moyenne, la liste n’eut aucun élu.

Au congrès fédéral du 15 janvier 1920, il fut élu, avec Basilaire et Sylvestre, à la direction fédérale du parti socialiste, en remplacement de représentants réformistes du Parti.

Après 1920, on perd sa trace. On sait seulement qu’il s’était abonné en 1921 au nouvel organe fédéral le Communiste de Normandie. Hésita-t-il entre la SFIO et le Parti communiste ?

En tout cas, il fut élu le 23 février 1937 président de la section de Montivilliers de Radio Liberté, initiative née du mouvement de front populaire au milieu des années 1930. Il était alors conseiller municipal de la commune.

La Résistance

Robert Hauchecorne rejoint L'Heure H en 1942 (matricule 12.120) et, au printemps 1942, sous la direction de Gabriel Caillet, il devient chef de groupe du secteur de Montivilliers et du groupe « 120 », couvrant Rouelles, Fontaine-la-Mallet, Octeville, Cauville, Heuqueville, Montivilliers, et tous éléments militaires dans la région du canton de Montivilliers.

En mai 1943, Robert Hauchecorne crée et dirige le groupe Yport de L'Heure H.

Il est affilié en mai 1943 au réseau Hamlet Buckmaster en tant qu'agent P2.

Il avait sous ses ordres Raymond Chemit, François Rideller (agent de liaison), Fernand Mollière, Roger Chrétien, Fernand Ribet, Alfred Mirebeau, Anthime Lecanu, Yves Corniou et François Gentille.

Ils ont en charge les sabotages de travaux allemands, la distribution de tracts et de journaux clandestins, l’espionnage du camp retranché du Havre et d’autres ouvrages désignés par Robert Hauchecorne.

Entre juillet et décembre 1943 la section de Montivillers procède à de nouvelles recrues : Yvette Argentin, Frédéric Argentin, Jean Boviard, Raymond Durande, Lucien Giboudeau, Ernest Guerin, Joseph Lecointre, Charles Loisel, Julien Pinabel et Fernand Rabel.

La section de Montivilliers amplifie ses actions et notamment la distribution de fausses cartes d'identité aux réfractaires au S.T.O. et camarades poursuivis.

Vers le mois de septembre 1943, Robert Hauchecorne réceptionne des officiers anglais parachutés de Londres venus dispenser une formation aux armes automatiques.

Deux déserteurs alsaciens, dont un nommé Marcel Mistler qui est hébergé pendant un mois chez Robert Hauchecorne et le second par Maurice Chapelle, jusqu'à la Libération. Ils furent recrutés à L’Heure H.

Recherché par la Gestapo, Robert Hauchecorne doit se doit se réfugier dans l’Eure du 14 mars au 31 mai 1944.

En juin 1944, sont recrutés Raymond Charles-Georges, Maurice, Gaston Rioult, Maurice Chapelle et Pierre Sibran.

Début septembre 1944, la section est divisée en trois groupes : le premier combat sur Epouville et Rolleville. Le second crée un hôpital FFI à l'école de garçons de Montivilliers sous le contrôle de Fernand Mollière avec les docteurs Kerbastard et Guérin avec des lits et des produits pharmaceutiques soustraits aux Allemands. Chefs brancardiers et infirmiers sont présents jour et nuit. Le troisième groupe était chargé de l'organisation de la ville et des secours aux civils.

Robert HAUCHECORNE, chef de sous-groupe FFI, épaule les Alliés dans la Libération de Montivilliers qui intervient le 3 septembre (B. Garin).

Suivant les ordres d'un capitaine français incorporé dans les forces alliées, le 11 septembre, la section porte secours aux habitant de Fontaine-la-Mallet.

Robert Hauchecorne fut Président du Comité local de la Libération de Montivilliers, Président de L’Heure H, Maire de Montivilliers, Conseiller général de la Seine Inférieure.

Il se présenta sur la liste SFIO pour les élections cantonales de septembre 1945 et obtint 2932 voix sur 14543 inscrits et passa le second tour en étant élu et désigné premier vice-président du conseiller général. Il participa aussi aux législatives d’octobre 1945.

En 1950, il signa l’Appel de Stockholm contre la bombe atomique. Aux élections législatives du 17 juin 1951, il se présenta sous l’étiquette radicale mais ne fut pas élu.

Il est décédé le 28 septembre 1969 à Notre Dame de Bondeville (76).

Il a été homologué FFC et était titulaire de la carte CVR (1952).

Distinctions : Médaille de la Reconnaissance Française (1947).

Nota : son nom figure sur la liste des membres de L’Heure H d’Harfleur dressée par Georges Chachignon, responsable du groupe Harfleur en 1942 (cf doc annexé).

François FERRETTE et Havrais en Résistance

Sources François Ferrette : : Arch. nat. 19940451/69, dossier 6088 ; le Parti socialiste en Haute-Normandie de 1914 à la rénovation du parti Jean-Marie Cahagnes, université de Rouen, 1980 ; Le Populaire ; L’Humanité ; Radio-liberté : bulletin de l'Association d'auditeurs de TSF ; Bresle et Vimeu libre ; L’Avenir normand

Le Maitron

Documents annexés :  Photographie 1945 du comité de la libération de Montivilliers (ville de Montivilliers) - Dossier PDF  GR 16 P  286921 (I. Duhamel) - Liste Chachignon Heure H Harfleur

 


Carte du Combattant Volontaire de la Résistance (CVR): 18/12/1952

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 286921
Caen: 

Archives départementales : 
3868 W
Archives du collectif : 
GR 16 P 286921 (I. Duhamel) - Liste Heure H établie par Madame Mayer (M. Baldenweck) - Archives L'Heure H (D. Fouache) - Archives L'Heure H (B. Garin) Fichier CVR ADSM (M. Baldenweck)

Bibliographie :  Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020.



Crédit Photo de la notice :  © Shd Vincennes


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Fiche mise à jour le:  12/06/2025

Un commentaire
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  1. Dossier Hauchecorne aux AN

    Bonjour, il existe un dossier sur Hauchecorne dans le fonds Moscou sur laequel je vais m’appuyer pour faire une notice biographique. Ceci pourra vous intéresser pour compléter vos informations.

    1. Bonjour, nous sommes très intéressés, je vous communique mon mail par messagerie pour de futurs échanges. F. Roumeguère