© Martine Leixa
GRANCHER Louise Céline Raymonde
- FFI
- France Avant Tout
- FTP
Date de naissance: 24/08/1921  à Le Havre (76)
 
Née au Havre le 24 aout 1921, Louise Céline Raymonde GRANCHER alias "Magda", était en 1944 célibataire, vendeuse de chaussures, domiciliée rue de la Cavée verte à Sanvic.
Les archives du 7e BM de Normandie indiquent qu'elle était membre du Groupe France Avant Tout avec l'année 1942 pour antériorité dans la Résistance.
Louise GRANCHER est répertoriée dans les effectifs des FTP du Havre en juin 1944, en tant que membre du 5e groupe (Jeanne Tranchard chef de groupe) de la 1ère section (Ernest Rault chef de section) de la Cie FTP du Havre commandée par Marcel Larriven.
Le 15 août 1944, elle est membre du 6e groupe (Jeanne Tranchard chef de groupe) de la 1ère section (Louis Violas chef de section) de la Compagnie FTP du Havre commandée par Maurice Moyon (Anacr).
Témoignage : " Louise et sa mère Céline débutèrent leur activité dans la Résistance en confectionnant des petits tracts qu'elles collent sur des poteaux en ville vers quatre heures du matin.
Sur ces papiers sont résumées les nouvelles entendues à la BBC. Elle les fabrique grâce à une petite machine que sa mère a récupéré et du papier volé à son travail, tout ceci sur la table de la salle à manger. Les tampons à Croix de Lorraine sont réalisés avec des gommes.
Par l'intermédiaire d'étudiants qu'elle fréquente, Louise prend contact avec le groupement FUJP (Front Unitaire de la jeunesse Populaire) et y entre pour devenir rapidement responsable des sections féminines. Ses activités sont : la diffusion et la fabrication de tracts, de cartes s'identité, certificats de travail, et de renseignements sur les dispositifs allemands.
Mais les arrestations sont nombreuses. Un jour elle a rendez-vous sur la Place Thiers avec un homme qui lui donne des papiers à fabriquer. Alors qu'elle descend du funiculaire, elle le voit se faire arrêter par la Gestapo. Pour s'identifier, l'inconnu et Louise devaient se présenter la moitié du même billet de 5 francs. Sans perdre son sang-froid, elle rentre dans la pharmacie Daufresne, 42 rue Thiers, faisant semblant de vouloir y acheter quelque chose puis va se cacher chez son oncle. Trop de patriotes sont arrêtés et le réseau est démembré.
En 1944, elle entre dans le groupement France Avant Tout dans lequel elle est à nouveau nommée Chef des Sections Féminines Auxiliaires, pour y réaliser les mêmes activités.
Au début de cette même année, le réseau lui confie avec d'autres membres une mission importante : libérer une vingtaine de prisonniers marocains détenus à la Forêt de Montgeon, porte des Paons. C'est grâce à la complicité des habitants d'un pavillon de la rue Hoizey et à l'aide du chef du réseau Jean Robinet, qu'elle les fait s'évader par-dessus le mur et les conduit par petits groupes vers l'escalier Lechiblier où ils sont pris en charge par d'autres résistants.
Vendeuse chez Caron, magasin de chaussures à l'angle de la Place de l'Hôtel de Ville et de la rue de Paris, elle est accompagnée jusqu'au Grand Théâtre en cette fin d'après-midi du 5 septembre. Les avions arrivent et les bombes tombent de toutes parts. Aujourd'hui encore, elle ne sait quel chemin elle a pris pour se faufiler et atteindre l'église Saint Michel.
Entre le 5 et le 9 septembre, elle se trouve parmi la quarantaine de membres du réseau ainsi que deux pilotes américains cachés dans le pavillon de Lucienne Girette, impasse Liard. Elle ne sort que pour aller chercher du ravitaillement pour ces hommes, parfois jusqu'à Graville, à pied.
Le 11 septembre, les membres du réseau sont regroupés dans l'Hôtel du Cheval Bai , 176 rue Maréchal Joffre, y attendant les ordres d'intervention. Louise est au balcon et surveille l'arrivée d'éventuels allemands pour donner l'alerte. L'un d'eux tire depuis un trou d'homme creusé au pied de la boulangerie Saint Honoré à l'angle de la rue Clovis. La réplique des résistants est immédiate et le soldat est blessé à la mâchoire. Il est transféré au Cheval Bai pour y être soigné par les infirmières du groupe : Melles Chadec (probablement Lily Shaddeg), Carré (Antoinette Carré) et Lucienne Girette.
Plus tard, ordre est donné par le chef du réseau (M. Loisel) de monter au-devant des troupes alliées, place Sainte-Cécile.
Auparavant, Michel Gentil lui donne sa montre et la charge de la remettre à sa fiancée, avant de partir au combat rue de Trigauville, devant l'hôpital allemand. Grièvement blessé, il sera déposé dans le lit de Pierre Courant (le maire avait établi son PC au couvent des Carmélites situé à quelques pas). et soigné par une infirmière. Transféré, il mourra un peu plus tard.
Les résistants se munissent de leurs armes, de leurs brassards puis gravissent la rue Pasteur pour atteindre la place Sainte Cécile. Louise y rencontre "ses" premiers soldats anglais. De nombreuses informations sur la position des Allemands leur sont transmises. La nuit tombée, elle dort avec quelques patriotes et des soldats alliés dans un campement provisoire réalisé dans l'école maternelle à l'angle de la rue M-Bouchor et de l'avenue de Frileuse. La toiture n'existe plus, il pleut. Elle tombera malade quelques jours plus tard.
Le 12 septembre mission leur est confiée d'aller dérober du ravitaillement dans les souterrains de la propriété Hauser, 83 rue de Tourneville. Le soir, les membres du réseau se retrouvent à la cérémonie au Monument aux Morts".
Source : Le Havre 5 années d'occupation en images, Jean-Paul et Jean-Claude Dubosq, Berthout éd. 1998, page 606.
Louise GRANCHER s'est engagée volontaire après la Libération du Havre dans l'Armée française au sein du Bataillon de Marche 7 (129e RI).
Elle a été homologuée FFI. Matricule n° 1289 (archive 7e BM).
Louise GRANCHER épouse Berne est décédée le 23 novembre 2016 à Honfleur (14).
Documents annexés : photographie de Louise Grancher et de Lucienne Girette du 7e Bataillon de Marche de Normandie prise en février 1945 à Cherbourg et dédicacée à "Jean" Eugène Lexia (archives Martine Leixa)
Vincennes : GR 16 P 267154
8 J 4
Archives FAT (M . Baldenweck) - Ordre de bataille du secteur FTP du Havre 41-44. Anacr, Maison des syndicats (P. Lebas) - Liste des FFI du Havre engagés au Bataillon de Marche du 129e RI (Archive Armée française, 3e Région - source : M. Leixa)
Biographies : 
 Le Havre 5 années d'occupation en images, Jean-Paul et Jean-Claude Dubosq, Berthout éd. 1998
Crédit Photo de la notice :  © Martine Leixa
Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)
Fiche mise à jour le:  22/11/2024



Commenter cette fiche