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DAUBARD Jean Bernard

Chronologie : 1942

Statut : 
  • FFL
  • FFC
Réseaux : 
  • Agent du BCRA
  • HUNTER
  • JONQUE
Unité FFL : 
  • Résistance Intérieure
Zones d'action: Ouest de la France, Le Havre

Date de naissance: 09/07/1913  à Le Havre (76)

Parcours dans la résistance :
 

Le colonel d'aviation Jean Bernard DAUBARD est né au Havre le 9 juillet 1913.
Il était titulaire du baccalauréat, d’une licence en droit et avait suivi pendant un an les cours de Sciences Po.
Il est formé à l’Ecole de l’Air à Versailles. Ses services militaires comptent à partir du 15 octobre 1934. Sa formation comporte les brevets de Pilote militaire, observateur, mitrailleur, commandant d’avion et chef de patrouille de chasse. Sous-lieutenant le 22 août 1939, il est engagé dans la campagne contre l’Allemagne à compter du 1er septembre 1939.

Il est une première fois cité le 4 juillet 1940 à l’ordre de l’escadre aérienne par le Général commandant le 3/3, groupement 43 : « Jeune officier pilote plein d’allant, volontaire pour servir dans l’aviation de chasse. A, après transformation rapide sur un avion nouveau pour lui, participé avec enthousiasme au travail du groupe ».

Il est promu Lieutenant le 22 août 1941.
Selon son mémoire de proposition pour une décoration belge, il entre en résistance en 1942 comme chef d’un secteur du réseau Hunter : "Malgré tous les dangers qui s'accumulaient autour de lui, malgré les nombreux (mot manquant) causés par les arrestations de la Gestapo, est resté personnellement à la tête de ses agents, effectuant les missions les plus dangereuses."

Rallié à Londres le 10 décembre 1942, Jean Daubard est le fondateur en mars 1943 du réseau Jonque, spécialisé dans le renseignement aéronautique. Sa passion pour le monde maritime explique le nom attribué à son organisation.
Agent recruté en France au titre du réseau Phratrie, immatriculé au BCRA de Londres sous le nom F.F.C. « Alipers Germain Lucien » (n° matricule R.J. 651), agent P 2, il est chef de secteur du S.R. (sous-réseau Jonque) à compter du 1er juillet 1943.

Grâce à l’énergique impulsion de Jean Daubard, le S.R. Jonque, spécialisé dans les renseignements aéronautiques, prit rapidement une extension telle qu’il fut transformé en réseau autonome et connut une activité opérationnelle autonome du 1er mars 1943 au 30 septembre 1944.
Doté d’une centrale à Paris, Jonque comprenait cinq sous-réseaux : deux en Bretagne, deux en région parisienne et en Normandie et un dans les Landes.
Ses zones de travail comprenaient la Bretagne, le Cotentin, de Granville (Manche) jusqu’à Bordeaux, la région de la Somme et la région parisienne.

Il fournit en particulier de nombreux renseignements sur l’ordre de bataille de tous ses secteurs dans l’ouest de la France : plans de défense côtière, de dépôts de munitions, d’aérodromes et de dépôts d’essence, activité ferroviaire S.N.C.F. Ouest, activité des ports de la côte Ouest et activité routière.
En mai 1944, Jonque crée un secteur spécialisé sur les zones de départ de V1. 37 de ces rampes de lancement découvertes ont été signalés à Londres par T.G.

Le réseau a en outre fourni les plans allemands complets des fortifications de l’hôtel Majestic, des défenses de Saint Malo, Saint Brieuc, terrains d’aviation de Mont de Marsan, Le Bourget, Guyancourt,…

Selon le mémoire de proposition pour sa citation à l’ordre de l’Armée, malgré une perquisition faite à son domicile le 21 janvier 1944, Jean Daubard refuse de quitter le territoire, estimant que sa tâche n’était pas accomplie et il continue de diriger son réseau. « S’est ’introduit le 12 mars 1944 sur le terrain de Creil en vue de répondre à un télégramme urgent ». (proposition faite à Londres en mars 1944, signée par le général Koenig en juillet 1944).

Jean Daubard est promu au grade de capitaine d’active par décision n° 67 en date du 24 juin 1944, par le général Koenig, commandant supérieur des Forces Françaises en Grande-Bretagne.

Selon un mémoire du Général Rivet en vue de sa citation à l’ordre de la Brigade : « Dès l’arrivée des troupes alliées en Normandie, le commandant Daubard de la réserve, affilié à des groupes de résistance du Calvados, entra en liaison avec les premiers éléments français débarqués. J’étais de ceux-là en qualité de Directeur du Matériel en France, représentant le général Directeur du Matériel qui se trouvait en A.F.N. Vu sa qualité d’ingénieur et de résistant, le commandant Daubard se mit à ma disposition. Je lui confiai la mission d’organiser la récupération du matériel et des munitions du Havre dès que la ville serait prise. Il y entra avec les troupes alliées, et alors que les Allemands occupaient encore des positions de la côte, parvint avec quelques hommes à prévenir les destructions préparées par l’ennemi, à préserver et récupérer des stocks très importants d’armes et de munitions. En moins de huit jours, il remit en marche l’atelier de construction du Havre, et put fournir rapidement, après remise en état, de l’armement individuel, des canons de 75 Pak et des bombes propulsées, qui furent utilisées dans la Meuse et sur le Front de l’Atlantique par les Forces Françaises de l’Intérieur. A déjà obtenu une lettre de félicitations du Général Directeur de l’Armement et du Matériel, et une citation à l’ordre du Matériel de la 3e Région Militaire.
Officier supérieur extrêmement méritant, qui a été promu Lieutenant-colonel à titre exceptionnel en raison des services importants qu’il a rendu à la cause de la Libération ». Paris, le 3 mai 1947.

Sa mission se termine le 30 septembre 1944. Jean Daubard est ensuite affecté comme Chef de mission de 2e classe à la D.G.E.R. (Direction générale des études et des recherches) jusqu’en février 1945, date à laquelle il fut remis à disposition de l’Armée de l’Air.

Jean Daubard a été homologué FFC et FFL.

Après-guerre, domicilié 26 quai Louis Blériot Paris 16e, il est le liquidateur du réseau Jonque qui compta 201 agents homologués. En 1952, il résidait à Grenoble.

Distinctions 39-40 : Médaille de la Résistance française (1945). Chevalier de la Légion d’Honneur (29 octobre 1945) – Croix de Guerre avec palme - Une citation à l’ordre de l’escadre aérienne - Une citation à l’ordre de l’Armée – Une citation à l’ordre de la Brigade.

Citation à l’ordre de la Brigade : « Officier supérieur, technicien de valeur, résistant du début, dynamique et courageux. Au cours des combats de septembre 1944 dans le camp retranché du Havre, alors que les Allemands occupaient encore leurs positions, a procédé avec un réel mépris du danger à la reconnaissance du champ de bataille, neutralisant et détruisant les dispositifs importants de destruction mis en place par l’ennemi. Grâce à son initiative et aux dispositions audacieuses qu’il a prises entre le 14 et le 30 septembre 1944, a réussi à préserver et à récupérer d’importants stocks d’armes, de matériels divers et de munitions. A remis en marche en moins de huit jours l’atelier de construction du Havre. A ainsi permis d’armer rapidement les unités qui ont participé à la libération et à la reddition de l’ennemi ». Signé Le général Rivet, ex- directeur du Matériel de la 3e Région militaire dans la tête de pont de Normandie.

Jean Daubard est décédé à 95 ans le 11 juin 2009 au Cannet (06).

En 2011, Mme Danièle Daubard, belle-fille du colonel Daubard, a transmis à la Fondation de la Résistance une valise d’archives du réseau Jonque que son beau-père lui avait confiée. Le fonds «Réseau Jonque - Colonel Daubard » a été versé au Service historique de la Défense sous la cote 2011 PA 39.
Ce fonds, comprend non seulement des archives « traditionnelles » de liquidation de réseau (dénombrement des agents, homologation de grade, récompenses et décorations, reconnaissance du statut de résistant…), mais aussi des archives opérationnelles sous la forme de rapports de renseignement sur des individus ou des familles soupçonnés de collaboration. À noter également un dossier sur le reclassement des résistants, dont certains intègrent la direction des services spéciaux lors de la liquidation du réseau à l’automne 1944. Enfin, des archives relatives à l’Amicale du réseau Jonque et au colonel Daubard complètent l’ensemble.

Rédaction : F. Roumeguère

Documents annexés : Pièces du Dossier GR 16 P (Isabelle Duhamel) - photographie de la valise du Fonds Jonque (Frantz Malassis / Fondation de la Résistance)

Livre ouvert des Français Libres

Lettre de la Fondation de la Résistance n° 65, juin 2011


Décorations : 
Légion d'honneurMédaille de la résistance

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 158922 et 2011 PA 39 (fonds du réseau Jonque)
Caen: 

Archives du collectif : 
GR 16 P 158922 (I. Duhamel) - Liste 76 des Médaillés de la résistance (M. Baldenweck)


Crédit Photo de la notice :  © Shd Vincennes (I. Duhamel)


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Fiche mise à jour le:  16/10/2024

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