BARBEY ROC Jacques André
- FFL
- FFC
- DIR
- ALI TIR
- AS - ARMEE SECRETE
- Résistance Intérieure
Date de naissance: 08/12/1919  à Le Havre (76)
 
Fils de André Barbey et de Reine née Le Roy son épouse, Jacques André BARBEY-ROC, est né au Havre le 8 décembre 1919.
La famille s’installe à Rodez où Jacques est scolarisé à l’Institut Sainte Marie jusqu’à l’âge de douze ans. Il suit les cours de l’Institut catholique des Arts et Métiers à Lille de ses seize à ses dix-neuf ans.
En septembre 1939, sa formation d’Ingénieur des Arts et Métiers lui permet d’être recruté ingénieur mécanicien à la société des Grand Travaux de Marseille, ville où il est domicilié. Il est envoyé en mission à Ajaccio de février à mai 1940.
Selon ses déclarations, il avait obtenu un Brevet de Préparation Militaire Supérieure (PMS) à Lille. Il est engagé comme combattant volontaire dans un escadron du IIe DGC au quartier Fréhaut à Lorient, affecté à la Défense de Lorient.
Le 24 juin 1940, au cours d’une mission retardatrice qui devait permettre la destruction de l’Arsenal, il est fait prisonnier sur ordre aux Cinq Chemins, à quelques kilomètres de Lorient. Il s’échappe mais est repris le lendemain à Lorient et envoyé au Frontstalag 171 d’Amiens.
En sa qualité d’ingénieur, il est affecté par les Allemands à des travaux d’aménagement électriques, eau et sanitaires du camp avec un laisser-passer et trois hommes d’équipe. Il raconte qu’il fut ainsi amené à sortir du camp et rencontra dans Amiens un civil prétendant être agent de l’Intelligence Service (I.S.) qui lui remit une liste de prisonniers candidats à l’évasion. Après avoir rempli cette mission pendant deux mois, et facilité l’évasion de nombreux prisonniers, son trafic fut repéré par les Allemands, qui l’arrêtent le 19 septembre 1940.
Il est envoyé à Cologne (Allemagne) pour passer en conseil de guerre et est condamné début octobre à trois ans de forteresse. Incarcéré à la forteresse d’Adenau près de Bonn, après avoir accompli quinze jours ce cellule, il est affecté à des travaux agricoles et en profite pour d’évader vers le 25 ou le 26 octobre 1940. Par Bonn, Aix la Chapelle et Bruxelles, il parvient à rejoindre la zone libre et à regagner Rodez, après avoir franchi deux lignes de démarcation.
Il se fait démobiliser comme simple soldat en novembre, ne voulant pas « régler cette question avec un ministère de Vichy ». Faisant partie de la classe 39/3, il achève son temps de service dans les Chantiers de Jeunesse, affecté au chantier 24 à Lodève comme chef de travaux jusqu’en janvier 1941.
Par l’intermédiaire de Monsieur Gazelle, délégué départemental de la Jeunesse de l’Aveyron, il entre en contact fin décembre 1940 avec Stanislas Mangin (fils du général Mangin), alors chef de cabinet du préfet de l’Aveyron et membre du réseau Ali-Tir. pour lequel il effectue une mission de transmission de courrier de 48 heures.
Mangin le présente ensuite au colonel Andlauer, sous-directeur des Haras de Rodez et agent du réseau et dès lors, Jacques Barbey assume les fonctions d’agent de liaison pour le transport du courrier et d’argent d’avril à décembre 1941.
Le réseau de renseignement et d'action Ali-Tir, créé par Roger Warin dépendait du BCRA (services secrets de la France Libre à Londres). Il fonctionna d'avril 1941 au 31 mars 1943 et était implanté en zone non occupée (Marseille, Toulouse, Nice, Corse, Vichy et Lyon).
En mars 1941, Stanislas Mangin le fit entrer comme secrétaire départemental de la Légion Française des Combattants, ce qui lui permit de délivrer à son chef tous renseignements utiles sur cette organisation Vichyste .
Après 5 mois d’essai, Jacques Barbey intègre officiellement le réseau Ali Tir – Antoine.
Jacques Barbey, alors Ingénieur domicilié à Rodez (Aveyron) signe son engagement en octobre 1941 (prise en compte homologuée en date du 1er janvier 1942) avec pour alias Bardoux– RG 13 et pour aire d’intervention les régions de Nice, Marseille et Rodez. Il se trouve placé sous les ordres de Stanislas Mangin et Antoine Andlauer. Il est agent de liaison de la branche Renseignement, avec le grade P2, chargé de mission de 3e classe et le grade d’assimilation de sous-lieutenant.
En janvier 1942, suspecté, Stanislas Mangin doit quitter ses fonctions de préfet de Rodez Il recommanda à Jacques Barbey de quitter Rodez et ce dernier part se cacher à Nice chez son père, quai des Emmanuels.
Il garde contact avec le colonel Andlauer et continue d’opérer des liaisons de courrier recevant ses instructions par poste restante et effectuant la liaison avec Toulouse, Marseille, Châteauroux et Argenton sur Creuse.
S’il ne connaissait pas les agents auxquels il remettait les plis, dans un café ou sur le quai d’une gare, eux le reconnaissaient grâce à son signalement.
A Châteauroux le rendez-vous avait lieu à l’hôtel des Cygnes et à Argenton, à l’hôtel du Cheval blanc.
Les courriers de Châteauroux et Argenton étaient destinés à Londres. Jacques Barbey eut d’ailleurs l’occasion d’assister à deux opérations aériennes par Lysander « très hauts sur pattes », dont l’une eut lieu à Villentrois, entre Argenton et Châteauroux. Il raconte que le chef des opérations aériennes, dénommé « Georges » était très connu dans le service du réseau. Jacques Barbe
y fut amené à entrer en contact à Marseille avec les agents de Colombel (originaire de Belbeuf en Seine Maritime), les deux frères Guenon et le radio Pierre Jehan.
C’est sur ordre de « Georges » qu’au retour d’une mission, Jacques Barbey se rendit 5 rue Gerando à Marseille pour prendre des nouvelles de Yvan de Colombel. Ce dernier venait d’être arrêté 48 heures plus tôt et Jacques fut pris dans une souricière qui conduit à son arrestation le 12 ou le 13 août 1942.
Au cours de son interrogatoire par le C.S.T. de Vichy, Jacques Barbey est reconnu par de Colombel qui, indique-t-il, « naïvement m’a dit Bonjour Jacques, à mon entrée ». Il est interné à la prison Chaves à Marseille, envoyé au Fort Saint Nicolas le 18 novembre, puis au Fort Montluc à Lyon fin 1942. Il revient ensuite à la prison Chaves et, après avoir été condamné à un an de prison et 10 000 francs d’amende par la cour spéciale d’Aix en Provence, il est mis en liberté provisoire en septembre 1943, libéré le 31 octobre 1943.
Le service ayant été doublé, à sa sortie de prison, Jacques Bardey rentre chez lui et cesse ses activités jusqu’en février 1944, lorsqu’il est contacté par Monsieur Fraychet, président des caves de Roquefort, chef départemental de l’A.S. pour l’Aveyron et la Lozère qui le recrute comme agent de liaison avec « Aveyron Nord », l’Armée Secrète du Nord de l’Aveyron (les M.U.R.).
Léon Freychet, certifiera en 1946 avoir eu Jacques Barbey comme agent de liaison du 20 avril au 3 mai 1944 et il relate les circonstances de leur arrestation :
« Monsieur J ; Barbey s’était présenté à moi comme agent du réseau Ali-Antoine où il était inscrit depuis octobre 1941. Il avait dû quitter Marseille où il travaillait à la suite de démêlés avec la police de Vichy. Au moment de son incorporation dans l’A.S., il se trouvait camouflé dans l’Aveyron, au château de Lugagnac, impatient de reprendre du service actif dans la résistance. Le 3 mai 1944, au cours de la prise effective de son service, il fut arrêté par la Gestapo à Rodez avec deux autres membres de l’A.S., dont moi-même. Durant son interrogatoire, Barbey supporta courageusement les tortures dont il fit l’objet ».
Jacques Barbey précise avoir été arrêté à l’Hôtel de la Poste à Rodez vers 13 heures le 3 mai 1944 alors qu’il prenait les ordres de Léon Freychet, en présence du capitaine Olivier. « après avoir été interrogés et torturés par la Gestapo, nous avons été déportés en Allemagne ; seul Olivier est resté en France, s’étant empoisonné au cours des tortures ».
Jacques Barbey quitte Rodez pour le camp de Compiègne le 20 mai puis est déporté par le convoi de Compiègne du 4 juin 1944 au KL Neuengamme (matricule 33433). Il est affecté au kommando Machlow dépendant du KL Ravensbrück, situé dans le Mecklembourg à l'ouest de Ravensbrück.
Lucien Guillon, capitaine de gendarmerie déporté politique au camp de concentration de Neuengamme, employé au kommando de Wanstenstedt (usine Hermann Goering) en compagnie de Jacques Barbey, témoigne en 1946 que ce dernier « a eu à ce Kommando une conduite digne d’un Français patriote. Employé au bureau du hall 17 comme ingénieur, il en a été chassé par nos gardiens S.S. qui avaient constaté que Barbey, sur une carte, suivait et marquait l’avancée des Alliés pour nous en donner un compte-rendu chaque soir. A titre de punition, il est employé comme simple manœuvre à Hüllen transport quelque temps après, au lieu de retourner au bureau comme il aurait pu le faire, il a préféré rester dans le rang et partager le sort pénible de tous les camarades, faisant toujours preuve d’un moral élevé et de la plus grande solidarité ».
Jacques Barbey fut libéré à Machlow par les Russes le 3 mai 1945 et, rapatrié dans ses foyers le 4 juin 1945, il dut être hospitalisé.
Il est domicilié 4 avenue de Bordeaux à Rodez lorsqu’il adresse le 12 novembre 1946 un courrier au capitaine Jean Gredot chargé des questions F.F.C. auprès de l’état-major de la 5e région militaire, dans lequel il écrit :
« Inutile de vous dire que je suis revenu dans un tel état d’épuisement des camps de concentration qu’il m’a fallu un an de repos complet avant de reprendre toute activité et j’ai dû payer, sinon la maladie, du moins un épuisement généralisé de tout mon organisme, les 5 ans de vie active et surexistante consacrés au service de mon pays. J’ai fort heureusement retrouvé auprès de ma famille l’aide financière et l’affection qui m’ont aidé à me remonter car hélas, je crois inutile de vous le dire, la nation reconnaissante ne rend guère à ceux qui ont tout sacrifié pour elle, et qui, parce qu’ils se sont donnés au service de la patrie, n’osent rien demander ».
Jacques Barbey se marie à Rodez le 23 juillet 1946. En 1949, il est intégré dans le corps des cadres des officiers de réserve avec le grade de lieutenant, au titre de l’arme blindée et de la cavalerie pour prendre rang à compter du 25 juin 1945.
Il a été homologué FFC, FFL et DIR (interné et déporté résistant).
Distinctions : Médaille de la Résistance française (1946) – Médaille militaire
Jacques Barbey est décédé le 8 avril 2010 à Castelnau le Lez (34).
Variante d'état-civil relevées dans les sources : Barbey-Roc depuis 1976 (état-civil).
Nota : cette notice biographique se base en majeure partie sur les renseignements fournis par Jacques Barbey, consignés dans son dossier conservé aux archives de Vincennes.
Rédaction : F. Roumeguère
Document annexé : Dossier PDF GR 16 P 31789 (I. Duhamel)
Médaille de la résistanceVincennes : GR 16 P 31789 et GR 28 P 4 215 5 - GR 28 P 11 12 - GR 28 P 11 47
GR 16 P 31789 (I. Duhamel) - Liste 76 des Médaillés de la résistance (M. Baldenweck)
Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)
Fiche mise à jour le:  20/11/2024

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