AUDIGIER Lionel Philippe Edmond
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- Résistance Intérieure
Date de naissance: 06/02/1909  à Le Havre (76)
 
Né le 6 février 1909 au Havre Lionel Philippe Edmond AUDIGIER est le fils de Georges Audigier, député de l'Oise, et de Madeleine Couvert, petit-fils de Joannès Couvert, président de la Chambre de commerce du Havre. Le domicile familial était établi à Sainte-Adresse, selon son dossier au SHD de Caen.
Lionel AUDIGIER commence sa carrière administrative dans des cabinets ministériels et notamment au ministère de l’Agriculture. Ces dernières fonctions lui ont permis de découvrir la Manche en 1936.
Il y revient comme sous-préfet de Cherbourg en juin 1942, et est domicilié 106 rue Emmanuel Liais. Ce haut-fonctionnaire de Vichy fait ce qu’il peut pour atténuer les rigueurs du joug allemand dans le Nord-Cotentin.
Lionel AUDIGIER commence sa lutte contre l'occupant en avril 1942 : il fournit à Jean Mihet, originaire d'Agen travaillant à Cherbourg, des laissez-passer pour la zone interdite lui permettant ainsi pendant un an de collecter de nombreux renseignements sur le dispositif défensif allemand.
En octobre 1942, Lionel AUDIGIER est contacté par Jean Sainteny, alias « Dragon », pour entrer dans le réseau Alliance, sous le pseudonyme de « Couteau ». Il entre officiellement dans le réseau le 1er mars 1943 en tant qu'agent P2, chargé de mission de 2e classe, avec le grade fictif de Lieutenant (cf attestation de Marie-Hélène Fourcade).
Le réseau Alliance : fondé par Georges Loustanau-Lacau et Marie-Hélène Fourcade, Alliance est le plus important des réseaux de renseignement dépendant de l'Intelligence Service britannique (IS) sur le territoire français, et du BCRA (services secrets français) à partir de février ou mars 1944. Il fonctionna de février 1941 au 8 mai 1945 et compta 2405 membres. Sa vocation principale fut le renseignement militaire sur l'ensemble du territoire occupé et de manière occasionnelle, l'évacuation de parachutistes ou de patriotes traqués, le sabotage d'infrastructures de transport et d'usines. Alliance eut pour chef de réseau le Havrais Julien Beaujolin du 18 mars 1944 à la Libération.
Lionel AUDIGIER, grâce à la fonction qu'il exerce, couvre l'activité des membres du réseau. Il n'hésite pas à placer des résistants à des postes stratégiques. C'est ainsi qu'en juillet 1943, sur la demande du lieutenant Yvon Gitulicelli, Lionel AUDIGIER engage Albert Fatosme comme directeur de l'action sociale sur les chantiers allemands utilisant des requis. Ces fonctions lui permettent de visiter les chantiers et d'y collecter de nombreux renseignements.
Lionel AUDIGIER utilise aussi sa position pour avertir des Juifs et des réfractaires au STO d'une prochaine arrestation, (cependant, Wikimanche indique que des Juifs furent déportés sous son mandat*) .
Le sous-préfet patriote entretient de fréquents contacts avec Roussel, chef de division de la sous-préfecture, qui appartient également à la Résistance, par l'intermédiaire de courriers administratifs.
La présence du sous-préfet dans le réseau est un atout de choix. Surtout, il se met en liaison avec divers groupes de résistance auxquels il ne cesse de fournir des renseignements., notamment le réseau Libération Nord.
Lionel AUDIGIER est arrêté le 14 - 17 ou 18 mars 1944 à la suite de la capture de l'agent de liaison du réseau, Jean Truffaut, pour espionnage et aide aux puissances alliées.
Il aurait également été dénoncé par la vicomtesse Elisa de Plival. Elisa de Plival était chargée par la Croix-Rouge d'organiser une équipe d'ambulancières dans l'agglomération cherbourgeoise pour le compte de la Défense Passive. Ses fonctions l'amenèrent à rencontrer fréquemment des officiers allemands, et en particulier le capitaine Haberla, adjoint du Kreiskommandant et membre de la Gestapo. Elle lui fournit régulièrement des informations. Adhérente au RNP, au MSR et aux Amis de la LVF, elle devient un agent de renseignement de la Gestapo.
En janvier 1943, avec Marie-Louise Guéret, alias Marylou, les deux femmes dressent une liste de quatorze personnalités, "suspects gaullistes" qu'elles remettent au siège de la Gestapo de Cherbourg.
Se trouvent sur cette liste entre autres le préfet Henri Faugère, le sous-préfet de Cherbourg Lionel AUDIGIER et le docteur Jack Meslin. Par la suite, la vicomtesse dénonce comme anglophiles et dangereux tous ceux qui se mettent sur sa route. Ainsi le vétérinaire Lemière et le maire des Pieux qui ont attaqué la réputation de son ami le colonel Rendu, ou encore le dénommé Gosnon qui refuse d'assister à une fête de la Croix-Rouge en compagnie des Allemands, comptent parmi ses victimes.
Traduites devant la cour de justice à la Libération, les deux femmes seront condamnées à mort.
Lionel AUDIGIER est incarcéré à la prison de Saint Lô où il périt, les jambes écrasées par une poutrelle métallique, lors du bombardement de Saint Lô du 7 juin 1944, les Allemands ayant refusé l'ouverture des portes aux détenus politiques.
Il a été homologué FFC et FFL. Il est titulaire de la carte d'interné politique n°1375 15832.
Distinction : Légion d'Honneur- Médaille de la Résistance française à titre posthume (1947) - Croix de Guerre (1946) - Médaille étrangère : Polonia Restituta Nicham
Rédacteur : F. Roumeguère
Mémoire : à Cherbourg un square porte le nom de Lionel AUDIGIER (Généalogie en Cotentin) - Le 25 juin 1994, une stèle commémorative située dans ce square, a été érigée à l'initiative du maire socialiste Jean-Pierre Godefroy (document annexé : crédit HaguardDuNord www.wikimanche.fr)
D'après Réseau Alliance WikiManche , AC 21 P 699943, et Guy Caraes.
* le 11 octobre 1942, il réquisitionne les gendarmes pour rafler six personnes juives - parmi lesquelles le jeune Marc Grunberg (1928-1942), âgé de 14 ans - et les faire transférer au camp d'internement de Drancy, antichambre du camp d’extermination d’Auschwitz, le préfet étant le seul habilité à le faire.
Document annexé : entrée de l'ancienne prison de Saint Lô détruite par les bombardements (F. Roumeguère) - pièces du dossier AC 21 P 699943 (D. Fouache)
Légion d'honneur
Médaille de la résistanceVincennes : GR 16 P 22013
AC 21 P 699943 (D. Fouache) - Liste 76 des Médaillés de la résistance (M. Baldenweck)
Bibliographie :  Le réseau Alliance, Guy Caraes, Editions Oues-France, 2021
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Fiche mise à jour le:  04/11/2024









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