Nom et Prénom(s)BOUVIER René Louis

NomBOUVIER

PrénomRené Louis

Chronologie1942

Statut
  • FFI
  • DIR

FTP
  • FTP

Groupes

Réseaux

UNITÉS FFL

Mouvements

BOA

Zones d'action

Date de naissance05/12/1907

CommuneLe Havre

Département / Pays76

LieuLe Havre - 76

Mort pour la France

Parcours dans la résistance

René Louis BOUVIER est né le 5 décembre 1907 au Havre, fils d’Auguste, menuisier et d’Emilie née Bachait. Il avait un frère et trois sœurs. Il participe à sa première grève à l’âge de 17 ans.

Il quitta le Havre et vint travailler à Issy les Moulineaux (92)., il fut ensuite tôlier-formeur à l’atelier 18 chez Renault à Boulogne-Billancourt. Il adhéra au parti communiste en 1929, et épousa la même année Lucette Meunier. Il traversa une période de chômage dans les années 30, puis prit part au Front populaire, habitant alors 58 rue Carnot à Boulogne. Il devint secrétaire adjoint, trésorier de la cellule Martha Desrumeaux chez Renault, organisation qui compta près de 160 membres.

Il traversa une période de chômage dans les années 30, puis il prit part au front populaire, habitant 58 rue Carnot à Boulogne, il devint secrétaire adjoint, trésorier de la cellule Martha Desrumeaux chez Renault, une organisation qui compta près de 160 membres.

Marié père de deux enfants mais séparé de sa femme, il partit le 5 mars 1938, en Espagne pour combattre les nationalistes espagnols au sein de la xiv brigade internationale, Il était dans un bataillon de renfort, puis au centre de récupération et d’instruction à Villanueva jara. René Bouvier combattit en première ligne, et était chargé des liaisons téléphoniques, il fut six mois au front lors des batailles d’Aragon, Gandesa et Corbera, entre le 8 mars et le 9 septembre 1938. Le 25 septembre, le souffle d’une bombe le commotionna, son hospitalisation fut de courte durée, il sortit le 4 octobre, et fut rapatrié au mois de novembre 1938.

Pendant l'Occupation,, René Bouvier entra dans la résistance au mois d’août 1942 dans les rangs des Francs -Tireurs et Partisans, au sein du groupe Valmy et il prit le pseudonyme de « Rouen ».
Le groupe Valmy ou Détachement Valmy est un groupe d'action armé, constitué en septembre 1941 par la direction clandestine du Parti communiste français (PCF) pour élaborer des actions de résistance contre les troupes d'occupation à Paris, mais aussi éliminer d'anciens communistes passés à la collaboration.
René Bouvier participa à plusieurs missions, essentiellement de protection.

Le 16 septembre 1942, il prit directement part à une opération préparée par Marcel Certagne, chef de groupe.
René Bouvier déposa une bombe remise par un membre du groupe Valmy, le long de la balustrade du métro Marboeuf, face à la sortie de la salle de cinéma près des Champs Elysées réservé aux troupes allemandes. La bombe explosa et fit 5 blessés dont un Allemand. Il participa également à un attentat à la Gare de l’est le 5 octobre 1942, en haut de l’escalier menant à la gare. L’explosion tua un soldat allemand et quatre autres dont un officier furent grièvement blessés
.
René Bouvier fut arrêté le 27 octobre 1942, au 27 rue de Solférino au pied de l’hôtel où il logeait, suite à l’arrestation de plusieurs membres du groupe Valmy, par les inspecteurs de la Bs2. Les Brigades Spéciales (BS) étaient, pendant la Seconde Guerre mondiale, une police française spécialisée dans la traque aux « ennemis intérieurs », dissidents, prisonniers évadés, Juifs et réfractaires au STO qui dépendaient de la Direction centrale des Renseignements généraux (RG). Elles travaillaient en étroite collaboration avec les polices allemandes. Il fut interrogé dans les locaux de la BS2, incarcéré ensuite à Fresnes puis à Romainville, avec le matricule 1668.

Il est déporté avec cent dix autres prisonniers par un convoi parti de la Gare de l’Est à Paris le 25 mars 1943 pour le KL Mauthausen (Bddm) et sous le statut de « Nacht und Nebel » (« nuit et brouillard » en français). Selon ce statut, toutes les personnes représentant un danger pour la sécurité de l’armée allemande (saboteur, résistant, opposants ou non -adhérents à la politique ou aux méthodes du troisième Reich seront transférés en Allemagne et disparaitront à terme dans le secret absolu.

Le convoi passe par Trêves le 25 mars et parvient à Mauthausen le 27 mars 1943. A son arrivée à Mauthausen, René Bouvier fut enregistré sous les matricules : 25300 pour la Bddm - 50243 pour les archives Arolsen.

Il est affecté au kommando Gusen le 28 avril 1943 (matricule 15004). Les Nazis y exploitent les carrières de granit, grâce notamment à l'envoi dès 1940 de milliers de Républicains espagnols. A partir de 1943, les détenus y sont massivement utilisés dans les usines installées par les firmes Steyr, Daimler, Puch et Messerschmitt pour la fabrication des pièces de fusils et des moteurs d'avions. En 1944, pour parer aux attaques aériennes, des galeries souterraines abritent progressivement des chaînes de montage. Gusen II voit ainsi le jour pour recevoir les milliers de prisonniers nécessaires à ces travaux de creusement (Bddm). René Bouvier est envoyé le 6 mai 1943 à Steyr.

Il est libéré à Mauthausen le 5 mai 1945 (réimmatriculé 50293) et est rapatrié à l'Hôtel Lutétia à Paris le 19 mai.

René Bouvier a été homologué FFI et DIR (déporté résistant).

Il est décédé le 21 février à Nice à l’âge de 57 ans.

Rédacteur : D. Fouache

Sources : dossier AC 21P 716269 - Liquidez-les traîtres. La face cachée du PCF 1941-1943, JM. Berlière, F. Liaigre, R. Laffont, 2007. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004

Monument Mauthausen

Documents annexés : Pièces du dossier AC 21 P (D. Fouache)

SHD VincennesGR 16 P 85562

SHD CaenAC 21 P 716269

Archives 76

Carte CVR

Archives du collectifAC 21 P 716269 (D. Fouache)

Archives municipales

Biographie 1

Biographie 2

Liens divers

Photothèque / Documents annexes

Crédit© Col. Arolsen archives

Mise à jour02/01/2021

Bibliographie

Décorations

PhotosPhotos