Nom et Prénom(s)BELLOEIL Roger Georges Emile
NomBELLOEIL
PrénomRoger Georges Emile
Chronologie1944
Statut- FFI
FTP- FTP
Groupes
Réseaux
UNITÉS FFL
Mouvements
BOA
Zones d'actionDordogne
Date de naissance26/07/1913
CommuneLe Havre
Département / Pays76
LieuLe Havre - 76
Mort pour la France
Parcours dans la résistance
Un Havrais en résistance en Périgord... par Jean-Paul Bedoin
"Roger Georges Emile Belloeil alias Jo, décédé le 28 avril 1990 à La Force, près de Bergerac, était né le 26 juillet 1913 au Havre, département de la Seine-Inférieure.
Homme de conviction, apprécié par tous ceux qui le côtoient pour son courage, son engagement patriotique, sa droiture, sa discrétion, sa gentillesse et l’attention qu’il porte aux gens qui l’entourent, Roger est mobilisé à Évreux le 26 août 1939, au 2e groupe de reconnaissance de corps d’armée et participe aux campagnes de Hollande, de Belgique, puis aux combats sur les rives de la Seine et de la Loire. Son ardeur et son courage au combat lui valent d’être décoré de la Croix de guerre.
En juin 1940, son unité est repliée en Dordogne et c’est à Excideuil que Jo est démobilisé, le 3 septembre 1940.
Rendu à la vie civile, Roger Belloeil regagne sa ville natale, Le Havre occupée, dès le 13 juin 1940, par les Allemands qui ont transformé la cité et le port en base navale.
Roger, comme beaucoup d’autres, a entendu, le 18 juin, l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l'ennemi.
Son choix est vite fait. Aussi cherche-t-il à rejoindre les Forces Françaises Libres en Angleterre via les Pyrénées et l’Espagne. Hélas, il ne parvient pas au terme de son périple.
Arrêté le 2 avril 1943 à Dax, interné à l’hôtel Edouard VII transformé en prison, puis à Biarritz et à la citadelle de Bayonne, Roger parvient à s’évader, le 27 avril 1943, entre Lamothe et Facture (Gironde), du train qui le conduit vers un destin inconnu.
Il parvient à passer en Dordogne où il a un contact avec Sylvain Bordas, le conseiller général du canton de Savignac-les-Églises, puis avec Léon Châteaureynaud, dit Jean qui le dirige sur le groupe FTP de Mavaleix, près de La Coquille, que commande Roger Faure, dit Jim. Quelques temps plus tard, André Bonnetot alias Vincent, Commissaire régional aux effectifs des FTP, le fait venir à Sorges où il rencontre Henri Houdot, dit Le Chinois, avec lequel il forme, sous le commandement de Louis Parouty, le groupe Gabrielli.
Ce dernier, avec les autres groupes du nord du département, forme le 1er Régiment FTPF Dordogne-Nord, sous-secteur B où Georges Fleurat-Lessart, le capitaine Jean-Pierre, est nommé commissaire aux effectifs. Le groupe qui rayonne sur bon nombre des communes environnantes, multiplie les actions contre l’occupant nazi :
- sabotages des voies ferrées,
- attaques de colonnes allemandes ou contre la Gestapo de Périgueux
- réception de parachutages,
- attaque d’un train des forces d’occupation au lieu-dit Le gravet, commune de Saint-Front-d’Alemps où Le Chinois est blessé et deux jeunes résistants tués le lendemain,
- Combat du Bost Laporte contre la Milice, les GMR et les forces d’occupation.
En août 1944, les hommes du groupe Gabrielli participent à l’encerclement de Périgueux, avant de repartir vers le nord-ouest du département où leur tâche n’est pas terminée. Ils poursuivent ensuite leur progression sur Angoulême, l’Aunis, la Saintonge. A cette époque, les forces du 1er Régiment FTPF Dordogne-Nord se joignent à celles commandées par Paul Bousquet, dit Demorny et à celles de René Coustellier, dit Soleil, pour former la 6ème brigade, placée sous le commandement du colonel Bousquet. Au mois de décembre, une unité de l’armée française traditionnelle, le 108e R.I., est reconstituée à partir de la brigade – la majorité des effectifs du 1er Régiment de Dordogne Nord y est incorporée. Cette unité au sein de laquelle Jo est devenu capitaine FFI et Jean Gonzalo lieutenant, poursuit sur le front de l’Atlantique, le « front des oubliés », un difficile combat jusqu’à la capitulation des poches, en mai 1945.
La municipalité, au début des années 2020, a déplacé la stèle sise en bordure de la RN 21 sur un espace plus sécurisé, sur le parking à l’entrée du bourg Chaque année, dans la deuxième quinzaine de septembre, une cérémonie lui rend hommage ainsi qu’à ses camarades de combat, notamment Jean Chateauraynaud, secrétaire de la mairie de Sorges, militant communiste, principal représentant du Front national de Lutte pour la Libération et l'Indépendance de la France, organisateur du combat clandestin et des groupes armés opérant aux alentours.
La stèle initiale était implantée sur un terrain que M. Amelin, un ancien combattant résistant qui avait, lui aussi, côtoyé Jo Belloeil, avait spontanément mis à leur disposition. Que la famille Amelin soit ici publiquement remerciée ainsi que la municipalité de Sorges qui n’a pas oublié Jo, homme courageux aux commandes d’un groupe particulièrement actif ayant pour ambition de chasser l’occupant nazi et ses valets français et de rétablir la République, municipalité qui a tenu, dans la dénomination de ses rues et places, à honorer la mémoire des victimes de cette barbarie nazie ».
Jean-Paul BEDOIN, 20 avril 2024 sur le groupe FB SOE and Resistance
Roger BELLOEIL a été homologué FFI.
Documents annexés : photographies de la stèle en mémoire de Roger Belloeil ( Jean-Paul Bedoin)



