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BAUDOUIN Adrien Alfred

Chronologie : 1943

Groupes : 
  • Vagabond Bien Aimé
Réseaux : 
  • L'HEURE H
FTP : 
  • FTP
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 28/04/1882  à Le Havre (76)

Parcours dans la résistance :
 

Fils d’Auguste Baudouin, maçon, et de Marie Perrier, sans profession, Adrien Alfred BAUDOUIN fut probablement obligé de se débrouiller seul tôt.

Son père avait abandonné son foyer dans son enfance et sa mère était déjà décédée lorsqu’il avait 20 ans.

Au moment de son service militaire, Baudouin était imprimeur typographe. Il fit son service comme infirmier, qu’il termina avec le grade de caporal et devint réserviste. Il revint vivre au Havre.

Mobilisé le 9 août 1914, Baudouin fut cassé de son grade (motif et date inconnus) par décision du Service de santé du 3e corps d’armée. Blessé grièvement le 30 mai 1916 à Verdun, il fut décoré de la croix de guerre.

Pendant l’entre-deux-guerres, il se mit à son compte (2 impasse Baron et 16 bis boulevard Amiral-Mouchez) au Havre.

Vers 1943, Adrien Baudouin mit son atelier au service de la Résistance. Il commença d’abord par fournir les FTPF du Havre en papier (20 000 feuilles par semaine) et en encre.

Puis il imprima pour Le réseau L’Heure H : les impressions étaient effectuées hors de son atelier, mais sur une de ses presses par son jeune fils Claude.

L’imprimerie clandestine fut découverte par les autorités, mais ni Claude ni Adrien Baudouin ne furent inquiétés.

Adrien Baudouin s’était marié le 8 février 1907 au Havre avec Alice Éléonore Fréret, puis il épousa en secondes noces Georgette Coullon le 5 septembre 1919, toujours au Havre.

Il est décédé le 9 septembre 1951 au Havre et a été inhumé au cimetière Sainte Marie
Division : 59 Rang : C Emplacement : 14

Marie-Cécile Bouju, Le Maitron 

Témoignage dans la Guerre en veston (Vagabond Bien Aimé):

"Depuis le début de la parution du « Patriote » et surtout depuis la parution de leur
confrère clandestin, « L’Heure H », les Vagabonds ont une idée qui surpasse toutes les
autres : ImprImer leur jornal..
Après bien des difficultés, le Patron nous procure les caractères nécessaires. Ils sont
en vrac ; premier travail, les classer.
Aucun des gars, sauf Louis Vaubouin, n’est typographe et, pour un novice reconnaître
les caractères à l’envers n’est pas chose facile. Autre problème : composer.

Il faut apprendre ; on fait appel à Louis Vaubouin, mais il ne lui est pas possible de nous donner satisfaction.
Des jours et des nuits entières sont passés à tripoter les caractères. Jean et Jacques
mettent dix-huit heures consécutives à composer la première page. A plusieurs reprises, ils
sont obligés de suspendre leur travail quelques minutes, leurs yeux refusant tout service à
force d’attention.
Marguerite Person (Mlle Swing), Louis Pellerin et Jacques rédigent les articles.
Fil de Fer (Marcel Legallais), de L’Heure H, met à notre disposition une machine à imprimer camouflée
rue de l’Observatoire, sur laquelle Jean Denis va effectuer le tirage.
Nous apprendrons plus tard que cette machine, qui sera d’ailleurs enlevée par la
Gestapo, appartenant à M. BAUDOUIN, propriétaire de l’Imprimerie Commerciale, lequel
acceptera un peu avant la Libération, lorsque notre propre machine sera à son tour prise par les boches, d’imprimer notre journal…

1944 : (...) Les gars se mettent donc courageusement à prospecter la ville en vue de trouver un imprimeur qui veuille bien se charger de ce travail. Onze imprimeurs du Havre, visités, se récusent tour à tour, prétextant de tout et de rien, invoquant les dangers à courir, leur impossibilité à cause de leurs charges de famille, etc.….

Gustave Dobignies, qui a fait toutes ces démarches, est découragé au plus haut point.

Enfin, visitant un douzième imprimeur, Monsieur BAUDOUIN, celui-ci accepte avec enthousiasme de se charger de ce périlleux travail. Et, jusqu’à la Libération, il nous imprimera des milliers de « Patriote » comme on imprime n’importe quel prospectus.

Il imprimera exclusivement la nuit, à l’insu de ses ouvriers, recevant les formes et le papier le soir, et rendant le tout aux premières heures du matin.

L’imprimerie, portant le nom d’Imprimerie Commerciale, étant située dans le quartier de l’Eure, il faudra chaque fois parcourir cinq kilomètres à travers la ville, rendant ainsi le danger plus grand. Afin d’être prêt à toute éventualité d’arrestation, un véritable système d’escorte est organisé. Un gars part en avant comme éclaireur cycliste, deux autres suivent avec la forme et le papier, et enfin deux autres encore, en arrière-garde, bien armés, suivent également à cinquante mètres.

Les Patriotes feront ainsi une vingtaine de voyages et passeront miraculeusement à travers tous les obstacles, sans être inquiétés une seule fois ».


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : non référencé
Caen: 


Bibliographie :  La guerre en veston, Vagabond Bien Aimé


Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)

Fiche mise à jour le:  02/12/2024

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