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GUIDAL René

Chronologie : 1944

Statut : 
  • DIR
Zones d'action: Bretagne

Date de naissance: 13/05/1920  à Le Havre (76)

Mort pour la France : Fusillé le 2 aout 1944 à Brest Pontaniou

Parcours dans la résistance :
 

Fils de Pierre Guidal, journalier, et de Anne Trétout, sans profession, René GUIDAL, est né le 13 mai 1920 au Havre. Il travaillait comme ouvrier voilier au Havre. Réfractaire au STO il rejoignit la Bretagne. Il fut arrêté et incarcéré avec les politiques et résistants à la maison d’arrêt de Brest Pontaniou.

Sur son arrestation, des témoignages parus dans un article de Ouest-France en 2019, pourraient apporter une explication sur la date et les circonstances de son arrestation :

La rafle du 8 juillet 1944 à Plomodiern

« Les quelques rares témoins encore vivants à se souvenir de cet épisode, ont dépassé les 90 ans. Chacun est resté « marqué à vie par cette tragédie », reconnaît Jean Pelliet, habitant Plomodiern, avait une vingtaine d’années à l’époque. Il faut se remémorer le contexte.

Le Débarquement en Normandie remonte au 6 juin. L’armée allemande est nerveuse. Les Plomodiernais ont encore en tête le massacre d’Oradour-sur-Glane, le 10 juin.

Anna Golhen, a vécu dans la commune et garde un souvenir très précis de cette histoire. Elle raconte : « Mon père a vu une traction sans portière, conduite par les FFI mitraillette au poing, arriver à toute allure place de l’Église et tirer sur un soldat russe qui envoyait son cheval à ferrer. Le cheval s’est enfui vers la Kommandantur, installée dans l’école publique d’aujourd’hui et le Russe a pris la poudre d’escampette dans la campagne. La nuit, ma mère entend un bébé pleurer sur la place. C’est anormal. Elle réveille mes deux frères, âgés d’une vingtaine d’années pour les cacher dans une planque du grenier. Bien lui a pris : les Allemands fouillaient les maisons et regroupaient tous les hommes présents le long de la maison Marchadour. « Si on ne trouve pas le Russe, vous serez fusillés », les prévenait l’officier allemand. »
Femmes et enfants sont rassemblées au terrain de football, cernés de soldats armés. Un silence de mort règne. Certaines femmes s’assoient mais d’autres, dont l’épouse du directeur de l’école, restent debout. « Madame Lecuyer nous disait : « Soyons dignes et nous sommes restées debout de 4 h à 11 h. Notre dernière heure est arrivée pensions-nous », continue Anna Golhen. L’officier Allemand disait pouvoir être très méchant avec eux. Il demandait qu’on lui remette les armes, en échange de quoi aucun mal ne sera fait. « Je me rappelle avoir vu le toit de la maison Marchadour se soulever comme un champignon. Les Allemands nous avaient prévenus qu’ils allaient la faire imploser et non pas exploser. »

« Jean Pelliet, lui, se souvient de voir deux familles embarquées : les parents Marchadour et leurs trois enfants, Corentin, alors âgé de 21 ans, Mimi (20 ans) et Hervé (15 ans), ainsi que les Trétout (Yves, Jean et Yvette) et René GUIDAL. Les parents des deux familles sont revenus à Plomodiern au bout de quelques jours, mais Corentin Marchadour, Yves et Jean Tretout n’ont jamais revu le Menez-Hom ». René Guidal non plus.

La prison de Pontaniou, prison militaire de l’arsenal était située rive droite de la Penfeld sur le territoire de Recouvrance. Les détenus n’étaient auparavant que des militaires de la marine ou des ouvriers de l’arsenal. mais à partir de 1941, une partie des prisonniers politiques et des résistants, ainsi que des prisonniers de droit commun, y ont été détenus. Ce fut le cas de René Guidal.

Le 6 juillet 1944, 17 résistants de Saint-Pol-de-Léon du réseau "Centurie"- OCM, ainsi que deux résistants de Brest, internés dans la prison de Pontaniou, ancienne maison d’arrêt de l’Arsenal de Brest, avaient été fusillés sur le champ de tir de la marine attenant situé sur le plateau du Bouguen à Brest. Leurs corps ne furent découverts que 18 ans plus tard. (Voir à ce sujet » Brest (Finistère) 6 juillet 1944 », Maitron)

Le 7 août 1944, les Alliés débutèrent le siège de la ville de Brest qui dura 43 longs jours de feu, d’acier, de sang. En représailles à cet encerclement, tous les prisonniers restant à Pontaniou furent enlevés par les Allemands de la prison et fusillés le 7 août 1944. Date couramment admise par les Brestois faute d’archives ou de témoignages à ce sujet. Incertitude également sur le nombre de victimes de ce second massacre de masse dans Brest encerclé.

Ces prisonniers furent fusillés au stand du plateau du Bouguen puis enterrés dans les douves de la prison civile très endommagée. Seule une partie des corps furent retrouvés en 1945.

Le Havrais René Guidal fut, selon l’association des familles de fusillés, exécuté au Bouguen le 7 août 1944. Son nom n’apparait pas dans la liste de 23 fusillés comprenant les 17 de Saint-Paul de Léon. C’est en 1962, qu’en creusant les fondations de l’IUT, on découvrit le charnier du Bouguen et René Guidal ne fit pas partie des nouveaux identifiés. Près de quarante autres résistants resteraient à ce jour introuvables.

René Guidal est donc au nombre des disparus du massacre du 7 août 1945.

Il a reçu la mention « Mort pour la France ». Décès transcrit au Havre le 6 mai 1958, acte 653.

Mémoire : René Guidal n’est pas présent dans la liste mémorial des résistants de la ville de Brest, mais figure sur le Monument Résistance et Déportation au Havre.

René Guidal, Maitron

Maitron

Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie

Brest Finstère la rafle de Pontaniou

Plomodiern. Une mystérieuse découverte, 75 ans après la rafle Ouest France

Les disparus de Pontaniou Jean-Yves Guengant, Skol Vreizh éditeur, octobre 2023

 


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : Non référencé
Caen:  AC 21 P 459 986

Archives du collectif : 
Les Visages des martyrs, IHS 76 -UL CGT Le Havre 2015 (P. Lebas)

Bibliographie :  Les disparus de Pontaniou Jean-Yves Guengant, Skol Vreizh éditeur, octobre 2023


Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)

Fiche mise à jour le:  07/05/2025

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