Annuaire des résistant(e)s du Havre
Col. Yad Vashem
LEMAIRE Jean Séverin
- RIF
- DIR
- JUSTE
- COMBAT
Date de naissance: 04/06/1906  à Le Havre (76)
 
Né au Havre le 4 juin 1906, Jean Séverin André LEMAIRE, marié et père de cinq enfants, était le pasteur de la paroisse de l’Eglise protestante évangélique de Marseille où il était domicilié, 13 rue Francis de Pressensé .
A la fin de l’année 1941, après une conférence, il fit la connaissance, de Joseph Bass dit André , un juif né en Russie qui avait fondé le réseau clandestin Service André. Le pasteur accepta d’apporter son aide à cette organisation de sauvetage, qui s’était donné pour nom : « Groupe d’action contre la déportation ».
Le Service André opérait surtout à Marseille et le long de la côte méditerranéenne. Il regroupait des volontaires de diverses confessions. Tous étaient conscients des risques qu’ils prenaient. Le Service André s’occupait notamment de mettre en lieu sûr les Juifs persécutés soit en les envoyant dans d’autres régions, telle la Haute-Loire – où de nombreux Juifs trouvèrent refuge au Chambon-sur-Lignon dont les habitants, protestants pour la plupart, étaient particulièrement sensibles aux questions de persécution religieuse et se montraient disposés à aider les victimes – soit en les faisant passer à l’étranger.
Ce groupe d’action contre la déportation serait issu du Mouvement Combat.
Jean Lemaire est entré en résistance le 1er juillet 1942 dans ce Service, au Mouvement Combat, en tant qu’« agent de propagande ». Il apporte une aide clandestine aux réfugiés politiques et confessionnels ; il recherche et organise des centres illégaux pour accueillir les militants de la résistance et les officiers alliés.
Il fabrique de faux-papiers d’identité, organise des filières d’évasion et le passage aux maquis, participe à la propagande anti hitlérienne et distribue la littérature clandestine.
Le dimanche après l’office, le pasteur remettait aux fugitifs juifs de faux papiers et l’adresse de personnes prêtes à leur donner asile. Il plaçait les enfants dans des familles ou des institutions chrétiennes et aidait les adultes à passer la frontière ou à se cacher. Il n’hésita pas à intervenir auprès de la Croix-Rouge pour faire libérer des Juifs emprisonnés dans des camps. Ce fut le cas des treize membres de la famille Wigderbun.
Le 14 mars 1943, dénoncé par un agent allemand de la gestapo, le Docteur L., Jean Lemaire est arrêté à la fin du culte, à la salle de conférences 129 rue d’Aubagne à Marseille, en compagnie de Joseph Bass qui réussit à s’évader.
Le pasteur, qui n’avait pas voulu se cacher, fut incarcéré dans la cellule des Juifs à la prison Saint-Pierre. Il s’efforça de leur remonter le moral et célébrait avec eux l’office du Chabbat le vendredi soir. La petite Francine Weil, qui avait cinq ans à l’époque, se souvient de lui comme d’un « rabbin haut de taille et à la barbe noire ». L’enfant, qui avait été arrêtée avec ses grands-parents, les Abravanel, avait la coqueluche. Grâce à la vigoureuse intervention du pasteur, elle fut envoyée à l’hôpital, dont la Résistance réussit à la faire sortir. Jean Lemaire intervint également pour protéger un Juif qui venait d’être jeté dans sa cellule, et qui, soupçonné d’être un dénonciateur, était sur le point d’être écharpé par les autres prisonniers.
Il est transféré à la prison des Baumettes, avant d’être déporté par le convoi de Compiègne du 6 avril 1944 au KL Mauthausen (matricule 62685).
Il est affecté le 24 avril au kommando Melk situé en Basse-Autriche. Le 21 avril 1944, arrivent à Melk 500 des 10000 détenus qui travaillent au projet Quartz : la construction d'une usine souterraine de roulements à billes pour la firme Steyr, Daimler et Puch. Si l'usine est pratiquement achevée, elle ne produisit jamais un seul roulement à billes.
Le Pasteur fut ensuite transféré le 29 novembre 1944 au KL Dachau où il réussit à survivre jusqu’à la libération du camp par les Américains, le 29 avril 1945 et il rentre par ses propres moyens en France, à l'Hôtel Lutetia à Paris, le 21 mai 1945.
Aucun des détenus juifs de sa à la prison Saint-Pierre n'a survécu.
Jean Lemaire a été homologué RIF et DIR, il avait le grade fictif de sous-lieutenant.
Il reçut le 14 janvier 1948 une citation à l’ordre de l’Armée, n° 16 : « Français à l’idéal élevé, il s’est dévoué depuis 1940 au sauvetage des réfugiés et des militaires alliés donnant à son entourage un exemple de foi en les destinées de la patrie. A organisé de multiples évasions des prisons et des centres d’internement. A permis le passage à l’étranger et dans les groupes francs de la Résistance des Français et des alliés recherchés par l’ennemi. Arrêté en mars 1943, déporté en Allemagne ».
Distinctions : Médaille de la Résistance française (1947) – Croix de guerre avec palmes (janvier 1948). Le 19 février 1976, Yad Vashem a décerné au pasteur Jean Séverin Lemaire le titre de Juste parmi les Nations.
Jean Lemaire est décédé le 20 décembre 1985 à Watermael Boitsfort (Belgique).
Rédacteur : F. Roumeguère
Remerciements à Elisabeth Lemaire
Documents annexés : Pièces du dossier shd vincennes GR 16 p 359663 (Isabelle Duhamel) - Trois portraits du Pasteur Lemaire (Yad Vashem) - Fiche de déporté (Arolsen archives) - Trois photographies (E. Lemaire) - Note manuscrite (E. Lemaire) - Dossier Pdf GR 16 P Jean Lemaire (I. Duhamel)
Médaille de la résistanceVincennes : GR 16 P 359663
AC 21 P 560881 (D. Fouache) -Liste des médaillés de la Résistance 76 (M. Baldenweck) - GR 16 P 359663 (I. Duhamel)
Crédit Photo de la notice :  Col. Yad Vashem
Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)
Fiche mise à jour le:  11/12/2024










Fille de Jean Lemaire
Bonjour,
Une petite omission dans cet article, mon père a eu 5 enfants. Je suis sa dernière fille née le 11/12/1957 du second mariage de mon père. Je peux vous faire parvenir une copie du livret de famille et je possède des photos de la période 1958 à 1964. Cordialement
Élisabeth Lemaire
bonjour madame Lemaire
merci pour l’interet que vous portez a notre site
j’ai fait la rectification en ce qui concerne le nombre d’enfants
nous sommes intéréssé par tous documents ou bien meme photos plus sur la période 1939-1945, si vous en possedez bien sur
n ‘hésitez pas a revenir vers nous si c’est le cas
bien cordialement
david fouache