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© Michel Lefrançois
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LEFRANCOIS René Maurice

Chronologie : 1941

Statut : 
  • RIF
  • FFC
  • FFI
Groupes : 
  • Vagabond Bien Aimé
Réseaux : 
  • HAMLET BUCKMASTER
  • L'HEURE H
  • MARATHON
Mouvements : 
  • FRONT NATIONAL
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 25/05/1921  à Le Havre (76)

Parcours dans la résistance :
 

Né au Havre le 25 mai 1921, René Maurice LEFRANCOIS (alias Raymond Leroux), célibataire, était domicilié 410 rue Aristide Briand au Havre.

Il était radio-électricien sur une plate-forme d’essais à l’usine d’appareillage de la Cie Electrique Mécanique entre mai 1938 et octobre 1942.

Il intégra un groupe en liaison avec le Front National en octobre 1941, mouvement auquel il adhéra entre aout 1942 et avril 1943. Parmi ses contacts figuraient Ernest Rault, membre des FTP.

Le parcours de René LEFRANCOIS va ensuite connaître une orientation particulière - étroitement liée à sa rencontre avec Marcel Legallais, et le cours de son activité va dès lors se décliner, comme celle de son chef, au sein des organisations du réseau L’Heure H, du réseau Marathon, et enfin, du groupe du Vagabond Bien Aimé.

Marcel Legallais effectuait depuis février 1941 du renseignement sur les troupes et la défense allemandes du Havre, et avait intégré en septembre l’Heure H pour lequel il était devenu chef de groupe. C’est donc par son intermédiaire que René LEFRANCOIS rejoignit le réseau L’Heure H en 1941 et donna son adhésion à Raymond Guenot.
Il indique dans son dossier de Résistant (GR 16 P 354389), avoir eu sous ses ordres des auxiliaires de L’Heure H : René Pape, Bernard Aubry, Lucien Greverand, Jean Bailleul et Hyacinthe Larock.

René Lefrançois fut affilié au réseau Hamlet Buckmaster : liste Hamlet Buckmaster GR17P22 (B. Garin).

En octobre 1942, René est désigné pour le S.T.O en Allemagne. Il devient alors réfractaire et entre dans la clandestinité totale.

Dans les premiers mois de 1943, il effectue la liaison entre Marcel Legallais et Svétislav Tsiritch, commandant du groupe du Vagabond Bien aimé.

Le 23 juin 1943, activement recherché par la Gestapo, Legallais passe dans la clandestinité totale et trouve refuge en aout auprès du Vagabond Bien Aimé. Il poursuit l’imprimerie clandestine du journal L’Heure H – à laquelle participe René Lefrançois - qu’il installe rue de l'Observatoire au Havre, et il met à la disposition des Vagabonds l’une de ses machines à imprimer qui servira à la confection de la nouvelle formule du journal Le Patriote.

Il est probable que René Lefrançois ait trouvé en août 1943 refuge à la Villa Liberté, le Q.G. du V.B.A, parmi les réfractaires qui y étaient cachés. En effet, le récit La Guerre en veston indique : « L’effectif des occupants de la Villa Liberté est maintenant de cinq : Maman Constance augmente sa charge quotidienne déjà lourde pour ravitailler « ses » jeunes gars. René, un autre membre de l’Heure H, apporte aussi une aide précieuse et désintéressée ».

En décembre 1943, Marcel Legallais est recruté en tant qu’agent P1 dans le sous-réseau Narbonne affilié au réseau Marathon (Praxitèle). Ce réseau avait pour vocation de collecter des renseignements d'ordre économique et militaire transmis au BCRA, le service de renseignement de la France Libre à Londres. Le sous-réseau Narbonne qui lui était rattaché, implanté dans la capitale et en Seine Inférieure, avait pour responsable Marcel Serre, basé à Paris, et Marcel Legallais, chef du secteur du Havre.

De décembre 1943 à mars 1944, René Lefrançois, comme son ami Lucien Greverand, devient agent P2 du sous-réseau Narbonne ; il participe à l’établissement de listes de collaborateurs et au renseignement sur l’état des gares du Havre et sur le trafic ferroviaire opéré par les Allemands, sur les déplacements et emplacements de troupes et divers objectifs militaires. Il établit une carte détaillée au 1/5000 concernant une importante partie du camp retranché du Havre et des environs, ainsi que des calques.

Sa future épouse, Lucie France (dite Lucette) LE BOURGEOIS, participa aux actions de Renseignement : "Elle m'avait expliqué qu'elle avait calculé la distance parcourue par son vélo à chaque tour de pédale. Elle faisait alors le tour des positions allemandes pour calculer leurs dimensions...", indique leur fils Michel Lefrançois.
Les informations ainsi collectées par René et les membres du groupe de son groupe Marcel Legallais faisaient l’objet d’un rapport hebdomadaire de Legallais au réseau Marathon.

Au mois de mars 1944, averti d’une arrestation imminente, Legallais abandonne son domicile et l'imprimerie de la rue de l’Observatoire et disparait du Havre. Le 13 mars 1944, l’immeuble qu’il louait est cerné par la Gestapo, et le matériel d’impression saisi.
C’est à cette époque que René LEFRANCOIS, coupé de son chef et de L’Heure H, signe son engagement au Vagabond Bien Aimé, avec pour alias V 38 . Il se consacre à la propagande et à la distribution de tracts et devient en juin chef du 6e groupe, dans la section B de Jean Maltrud.

Il se joint aux FFI du groupe de combat formé par Svétislav Tsiritch (matricule 1939) en vue de la Libération. Il guide les troupes alliées et participe les 12 et 13 septembre 1944 à la Libération du Havre et de Sainte-Adresse notamment au château dit des Tourelles (Gadelles).
En septembre 1944, désireux de continuer à servir son pays, il signe un engagement dans l'Armée française, au sein du Bataillon de Marche 7, au 129e Régiment de Marche de la Seine Inférieure. Il est versé à la 9e D.I.C. en février 1945, et accomplit la Campagne d’Allemagne, avant d’être démobilisé en octobre 1945.

René LEFRANCOIS a été homologué FFI.
Son nom figure dans la liste des membres de L’Heure H de l’ouvrage de Brigitte Garin. Il est également cité dans la liste des membres du Réseau Marathon dans l’ouvrage Résistance(s) de Alain Alexandre et Stéphane Cauchois.

Distinctions : il a été distingué de la Croix du clandestin, médaille privée décernée par le Groupement national des réfractaires et maquisards, créée en 1960 pour remercier et honorer les réfractaires qui ont œuvré à l’organisation des congrès nationaux et ainsi marquer leur attachement à l’idéal de la Résistance depuis la Libération. Elle était également décernée aux réfractaires titulaires de la carte officielle du réfractaire délivrée par l'ONAC.

René LEFRANCOIS est décédé le 8 novembre 2005 à Villennes sur Seine (78).

Documents annexés : carte de membre du Vagabond Bien Aimé © coll. Maurice Bleicher - Organigramme 1944 du groupe VBA (archives D. Fouache) - photographie de René Lefrançois , de son épouse Lucette et carte  postale sur laquelle elle figure dans le médaillon à droite - Croix du clandestin ayant appartenu à René Lefrançois (Michel Lefrançois) - Dossiers PDF GR 16 P 354389 et GR 28 P 4 127  (M. Lefrançois)


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 354389 - GR 28 P 4 127 128 - GR 28 P 11 70
Caen: 

Archives du collectif : 
GR 16 P 354389 et GR 28 P 4 127 (M. Lefrançois) - Organigramme 1944 du groupe VBA (archives D. Fouache) -Liste FFC 76 établie par Jean Thomas (M. Baldenweck) - Liste des FFI du Havre engagés au 7e Bataillon de Marche (129e RI) (Archive Armée française, 3e Région - source : M. Leixa)

Bibliographie :  Cité dans : Résistance(s). Alain Alexandre et Stephane Cauchois. Editions L'Echo des vagues -Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020



Crédit Photo de la notice :  © Michel Lefrançois


Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)

Fiche mise à jour le:  25/11/2024

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