Annuaire des résistant(e)s du Havre
© Yves Chanier, Amicale du réseau CND Castille
FOURRE Francis Jean
- FFL
- FFI
- DIR
- CND CASTILLE
- Résistance Intérieure
Date de naissance: 13/03/1904  à Le Havre (76)
 
Né au Havre Graville le 13 mars 1904, fils de François Fourré et de Marthe Lemaurie ou Lemore, Francis Jean FOURRE alias Yann, était exploitant forestier demeurant 26 rue Saint Guillaume à Saint Brieuc.
Il était marié à Madeleine Baudou et père de deux filles âgées de trois et douze ans en 1945.
Démobilisé en septembre 1940, il prend contact avec des membres de la Résistance en décembre 1940 et est contacté en juin 1941 par le colonel Roullier du réseau C.N.D. Il signe un engagement officiel au réseau CND Castille le 3 janvier 1942 (n° 89 829), recruté sur l'agence Saint Malo-Saint Brieuc-Lannion.
Fondé en septembre 1940, Confrérie Notre Dame fut l'un des tout premiers réseaux de renseignement des services secrets de la France Libre à Londres (BCRA), créé par Gilbert Renault, alias « colonel Rémy ». Le réseau s'implante d'abord dans la France de l'Ouest (Nantes) et recrute des informateurs de qualité dans les ports de l'Atlantique (Bordeaux, Brest, Le Havre) avant de couvrir toute la zone occupée. Ses missions portent sur le recueil de renseignement de tous ordres et sur le Mur de l'Atlantique en particulier. Il prend le nom de Confrérie Notre Dame de Castille en novembre 1943.
Francis Fourré est agent de liaison P2, adjoint au sous-chef de réseau Bretagne du réseau C.N.D. (dont l'alias est Dingo), en qualité de chargé de mission de 1ère classe avec le grade de capitaine.
Ses activités durent les suivantes : Renseignement sur les fortifications, arsenaux, emplacements des batteries côtières, stations de radio, mouvement de troupes en Bretagne Nord sur les secteurs de Saint Brieuc, Pontivy, Brest, Paimpol (deux rapports par semaine). Création de terrains de parachutages en forêt de Loudéac. Embauchage de réfractaires en forêt de Loudéac pour les soustraire aux recherches des autorités occupantes.
A la mort de son chef, tué à Paris en novembre 1943, il se met en sommeil durant quelques semaines, et en décembre, après l’arrestation de certains agents du réseau et de certains membres de la famille de son chef, il accepte de rétablir les liaisons avec les agents encore libres.
Il est arrêté par la Gestapo à Saint-Brieuc le 20 février 1944, au retour d’une mission à Pont-Aven pour rétablir les liaisons maritimes avec Londres.
Il est condamné pour espionnage, et transféré à la prison de Rennes jusqu’au 13 mars 1944 date à laquelle il est transféré au camp de Compiègne.
Il est déporté le 6 avril 1944 au KL Mauthausen (matricule 62321).
Il est affecté le 21 avril au kommando Melk situé en Basse-Autriche : ce 21 avril arrivent 500 des 10000 détenus qui travaillent au projet Quartz, à la construction d'une usine souterraine de roulements à billes pour la firme Steyr, Daimler et Puch. Si l'usine est pratiquement achevée, elle ne produit jamais un seul roulement à billes. Le 15 avril marquera la fin de l'évacuation de ce kommando vers Mauthausen ou Ebensee.
Francis Fourré est affecté le 23 mars 1945 au kommando Amstetten, créé en mars 1945 pour déblayer la gare bombardée de cet important nœud ferroviaire à l'est de Linz. 1500 détenus y travaillent.
Puis, en avril 1945, Francis FOURRE rejoint le kommando Ebensee. Situé sur le lac Traunsee, implanté en novembre 1943, ce camp fonctionne pour la création d'usines souterraines creusées dans la montagne devant produire de l'essence synthétique et des armes secrètes. Le projet reçoit comme nom de code Zement. 14 tunnels sont engagés, et 10000 détenus travaillent au camp à la fin de l'année 1944. Le 6 mai 1945, date de sa libération, il compte plus de 16000 personnes, venues de différents camps évacués devant l'avance alliée.
Francis Fourré est libéré par les Américains à Ebensee le 6 mai 1945 (Bddm) et rapatrié à Lonhuyon, le 23 mai 1945.
Il pesait 78 kilos au moment de son arrestation et n’en faisait plus que 40 à son retour des camps.
Il est domicilié à Saint Brieuc en 1945, puis à Manses en Ariège en 1947.
Il a été homologué FFC, FFL et DIR (déporté résistant).
Distinctions : Médaille de la Résistance française (1947) - Chevalier de la Légion d’Honneur (1946) Citation LH – Croix de Guerre - Carte CVR.
Francis Fourré est décédé le 2 décembre 1985 à Saint-Brieuc (22).
Rédacteur : Florence Roumeguère
Documents annexés : Pièces du Dossier GR 16 P (document PDF) Pièces du dossier AC21P 608199 et pièces des Arolsen (document PDF)
Légion d'honneur
Médaille de la résistanceVincennes : GR 16 P 231861 et GR 28 P 4 38 284
AC 21 P 608199 (D. Fouache) - GR 16 P 231861 (I. Duhamel) - Liste 76 des Médaillés de la résistance (M. Baldenweck) -
Crédit Photo de la notice :  © Yves Chanier, Amicale du réseau CND Castille
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Fiche mise à jour le:  21/11/2024




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