Annuaire des résistant(e)s du Havre
© Maquis de l'Ain et du Haut Jura
DUHAIL Jean Alexandre Jules
- FFI
- DIR
- AS - ARMEE SECRETE
Date de naissance: 18/03/1905  à Le Havre (76)
 
Né au Havre le 18 mars 1905, Jean Alexandre Jules DUHAIL (alias Commandant Vallin), était officier d’active, officier à Saint Cyr, intendant militaire adjoint de l’infanterie coloniale.
Il se marie le 24 mars 1930 à Fontenay sous-bois (Val de Marne) avec Jeanne Arlette François avec qu’il aura quatre enfants.
Avant-guerre, Jean Duhail, est affecté au 31ème régiment d’infanterie puis au 23 régiment d’infanterie coloniale, il est promu lieutenant, il effectue 7 ans en Afrique Equatoriale Française. Lorsque la guerre éclate, il rentre en métropole, est blessé en avril 1940 puis fait prisonnier le 17 juin. Hospitalisé à Paris le 2 août 1940, il passe la ligne de démarcation et est affecté à l’école militaire d’Aix en Provence. Il prend contact avec la Résistance locale et entre en janvier 1942 à l’ORA puis devint un responsable de l’Armée secrète (AS).
Le service Périclès
En février 1944 il s’engage au service Périclès, école des cadres du maquis installé dans le Haut Jura. Il en prend le commandement à partir de mars, remettant sur pied une organisation très affaiblie dont il remplace un chef très contesté. Il organise une liaison étroite avec l'AS de Saint Claude et le maquis de l'Ain dirigé par le colonel Romans-Petit.
Suite à plusieurs attaques allemandes, Jean Duhail, alias Vallin prend officiellement le 3 mars 1944, le commandement de ce qui constitue désormais le Maquis du Haut Jura.
Le Maquis du Haut Jura a été constitué principalement à partir de cadres du maquis fondées en 1943 par le service Périclès, dépendant du mouvement de résistance Combat. Les éléments des écoles de Theys, de la Lavanderaie à Barrème dans les Hautes Alpes sont regroupés en septembre 1943 dans le haut sur le haut plateau au sud de Sainte Claude. L’école des cadres du service Périclès reste sous l’autorité directe du Service National Maquis et non du commandant Foucaud, chef de l’AS. L’hiver se passe en entrainement physique, civil et militaire avec un armement très réduit.
Le maquis de Jean Duhail fut soumis à de nombreuses attaques des GMR (Groupes Mobiles de Réserve) de Vichy.
Un parachutage d’armement est obtenu le 11 mars près de Viry (10 kms nord est d’Oyonnax), le maquis du Haut Jura est désormais équipé d’un armement anglais important : fusils mitrailleurs Bren, fusils Lee Enfield, mitraillettes Sten, bazooka, grenades……
Ils se constituent en groupes mobiles légers et bien armés et s’installent dans la nature sous des toiles de parachute en particulier dans le bois de Versanne, au sud de Larrivoir. Des emplacements de combat sont aménagés en lisière du bois.
L’opération Fruhling.
Devant l’incapacité des G.M.R à venir à bout des maquis, les Allemands lancent une nouvelle opération du 7 au 19 avril 1944, l’opération Fruhling (Printemps) menées par des effectifs conséquents la 157 division de réserve soit 4000 hommes commandée par le général Karl Pflaum, avec quatre bataillons de chasseurs de montagne, un bataillon de panzer- grenadier, un bataillon de protection aérienne, une unité de gendarmerie de campagne , des compagnies de ravitaillement, de transport et de premier secours, plus de éléments de la Sicherheitspolizei de Lyon. 52 actions allemandes ont lieu durant cette opération, les Allemands procèdent à 923 arrestations, 148 exécutions et détruisirent 204 camps. Le matériel des maquisards est massivement détruit : onze armes collectives, 158 armes individuelles, 134 véhicules sont mis hors service. La population est massivement touchée par cette opération, cible des représailles allemandes. 199 personnes sont arrêtées, 149 déportées, 44 tués et 70 bâtiments sont détruits.
Le déroulement de l’arrestation de Vallin
Le 6 avril 1944 au soir, Vallin arrive seul à l’hôtel Joly au Martinet (commune de Villard Saint Sauveur) pour assister le lendemain à une réunion importante des chefs des maquis locaux de l’A.S et d’un officier britannique alias « Agenda ». Celui –ci prend pension dans un hôtel.
Les autres chefs ont été contactés de justesse et avertis du danger suite à des renseignements qui confirment une attaque allemande imminente. Le 7, Vallin est bloqué au Martinet par l’état de siège. Il fait part à plusieurs reprises à Paul Lançon, qui habite à l’hôtel, de son désir de se rendre à la tête de ses troupes à Viry, mais Agenda, tenace, arrive à le convaincre de rester en lui disant que sa sécurité exige qu’il ne s’éloigne pas car les dangers encourus sont importants.
Le vendredi 7 avril 1944, la 157ème division de Réserve de la Wehrmacht se déploie dans la région de Sainte Claude au cours de l’opération répression Fruhling. La ville est cernée et les Allemands, bien renseignés par l’agent double Agenda, entreprennent de traquer les responsables de la Résistance.
Mardi 11 avril, des éléments du Reserve Gebirg Bataillon 99 arrivent et contrôlent le hameau du Martinet. Ils investissent l’hôtel et Fernand Joly, le propriétaire monte au premier étage. Il est vigoureusement assis sur une chaise par des soldats puis maltraité. Il est abattu en présence de son épouse d’une rafale de mitraillette.
Vallin est capturé. Il et malmené et emmené au siège de la Gestapo à Saint-Claude.
Simultanément sur la commune de Villard Saint Sauveur, au domicile du maire d’autres éléments de cette unité capturent Joseph Georges Kemler , alias Kemi, chef local de l’A.S malgré un déguisement et des faux papiers. Le maire de la commune est fusillé contre le mur de sa maison situé au bord de la route.
Le 13 avril, attaché sur une automitrailleuse, les Allemands emmènent Jean Duhail à Viry, commune où a eu lieu un parachutage d’armes le 11 mars précédent. Toute la population a été rassemblée sur la place du village. Afin de la protéger de représailles sanglantes, le commandant Vallin endosse toute la responsabilité de ce parachutage obtenu par son prédécesseur, affirmant aux allemands qu’ils avaient été contraints et forcés d’aider le maquis a réceptionner et distribuer les armes sous la menace de ses hommes, sauvant ainsi le village de la destruction. La population est sauvée et les Allemands quittent le village, emmenant avec eux le chef du maquis et un jeune homme de 20 ans qui s’était élevé contre les tortures infligées au commandant Vallin
Jean Duhail est fusillé près du chalet de fromagerie au hameau de Sous le Rosay, près de Viry le 13 avril 1944 à 19 heures. Tous les témoignages concordent, malgré son très court passage à ce poste de commandant FFI du maquis du Haut Jura, pour vanter son charisme, son efficacité et son sens de l'honneur.
Son corps fut inhumé le même jour dans le à l’endroit où il était mort. Il a été reconnu Mort pour la France. Son corps qui avait été inhumé provisoirement fut exhumé le 22 avril 1944 et ré inhumé au cimetière communal de Viry (Maitron).
Après la mort de Vallin, suite à la trahison de l’agent double Agenda, les maquis du Haut Jura furent versés dans les maquis de l’Ain de Romans Petit.
Jean Duhail a été homologué FFI et DIR.
Distinction : Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume (1946).
Mémoire : Rue du Commandant Jean Duhail à Fontenay Sous-bois (94). Une stèle commémorative a été érigée au hameau de Sous le Rosay (39).
Sources :
Maquis de l'Ain et du Haut-Jura
Jean-Pierre Besse, Jean-Louis Ponnavoy, Maitron
L’opération Fruhling sur RCF radio
F. Marcot : La Résistance dans le Jura
A. Robert : Jura : Territoires de Résistance
Vincennes : GR 16 P 198610
AC 21 P 176260 (D. Fouache) -Liste 76 des Médaillés de la résistance (M. Baldenweck)
Bibliographie :  DVD La résistance dans l'Ain et le Haut Jura
Crédit Photo de la notice :  © Maquis de l'Ain et du Haut Jura
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Fiche mise à jour le:  21/11/2024








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