Annuaire des résistant(e)s du Havre
© Archives Municipales Le Havre
BLANCHARD épouse Piednoel Marthe Jeanne
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Date de naissance: 17/12/1887  à Le Havre (76)
 
Marthe Jeanne BLANCHARD épouse Piednoel est née au Havre le 17 décembre 1887.
Fille de Léa et François Blanchard, Marthe épouse Désiré Lafosse, jardinier au Havre, le 28 janvier 1921. Leur divorce est prononcé quatre ans plus tard, et c’est seule qu’elle emménage au 220 rue Aristide Briand, en 1939.
Selon le témoignage d‘ Emile Brière : « Avant 1941, je connaissais Madame Blanchard comme ouvreuse de cinéma (au cinéma Le Carillon) mais jamais je n’avais entretenu de relation avec cette personne. Le 14 juillet 1941, au cours d’un bombardement sur la ville du Havre, un avion anglais a été abattu et trois aviateurs ont été tués. Ceux-ci ont été enterrés au cimetière Sainte Marie du Havre.
A cette époque je faisais de la Résistance en isolé, je distribuais des tracts et je faisais le plus de renseignement possible. Un ami m’ayant demandé de photographier les tombes des trois aviateurs, avec l’intention de faire parvenir cette photo à Londres, je me suis rendu au cimetière Sainte Marie où j’ai rencontré Madame Blanchard, qui était occupée à ranger ces tombes et à les fleurir. Je signale que ces tombes étaient entretenues par quelques personnes seulement.
Madame Blanchard m’ayant donné toute suite confiance, j’ai entretenu à partir de ce moment là des relations avec elle. J’ai été ainsi amené à lui remettre des tracts anti-allemands, qu’elle distribuait elle-même au cours de son travail d’ouvreuse de cinéma.
Je signale qu’au moment de l’arrestation de Madame Blanchard, j’étais moi-même arrêté , je me rendais au domicile de Madame Blanchard pour lui remettre des photographies des tombes des aviateurs. Il est exact que sur un paquet que je possédais au moment où j’ai été appréhendé, figurait le nom et l’adresse de Madame Blanchard. C’est ainsi que cette dernière a été arrêtée. Je me souviens même avoir pris une photographie des tombes avec Madame Blanchard, figurant sur le cliché. J’avais pris cette photo à la demande de cette dernière, qui désirait conserver un souvenir. Par la suite, je n’ai plus eu de nouvelles de Madame Blanchard, jusqu’au moment où nous nous sommes retrouvés à la Libération.»
Marthe Blanchard était également femme de ménage à la chapellerie de Madame Jeanne Fauvet, 182 rue du Maréchal Joffre, laquelle assista à son interpellation dans la matinée du 5 février 1942 : « j’étais à la caisse en train de lire mon journal lorsque deux Allemands sont venus la chercher (…) Je savais qu’elle détenait un révolver qui appartenait à son frère (gardé en souvenir de son frère décédé) mais je ne pense pas qu’elle faisait de la résistance ».
Au cours d’une perquisition à son domicile par ces deux Allemands, le même jour, furent découverts un révolver d’ordonnance, des cartouches, des tracts anti-allemands et des photographies de tombes anglaises. Marthe Blanchard est immédiatement arrêtée.
L’une de ses voisines, Maria Dordanic, témoigna de son arrestation : " J‘ai vu Madame Blanchard descendre de son logement en compagnie de deux Feldgendarmes. Dans l’escalier et devant moi, les gendarmes allemands ont fait une réflexion devant moi au sujet d’un révolver. Par la suite, j’ai appris qu’elle avait été internée à la maison d’arrêt rue Lesueur où elle est restée à peine un mois, pour être transférée à Paris et ensuite en Allemagne (…) J’ai su aussi que Madame Blanchard avait été arrêtée en même temps que des employés de l’Octroi. Mais je ne pourrais dire que cette dame appartenait à un réseau de résistance. Ce que je puis dire, c’est que madame Blanchard ne cachait pas ses sentiments pro-anglais".
Marthe Blanchard : " J’ai été conduite à la Gestapo, rue Hippolyte Fenoux, interrogée, brutalisée, puis de là j’ai été transférée à la Santé à Paris, où je suis restée quatre mois. Finalement, le 30 avril 1943, j’ai été condamnée à mort par le Tribunal militaire Allemand de Cologne. Un autre tribunal allemand de Hambourg a commué cette peine en travaux forcés à perpétuité. A partir de ce moment, j’ai vécu en prison, fréquemment transférée. En tout, j’ai vécu dans 17 prisons différentes, notamment à Lubeck, Essen etc…
Je me trouvais à Butzow sur la Baltique lorsque j’ai été libérée par les troupes russes le 3 mai 1945. Je n’appartenais à aucun réseau ni à aucune organisation de résistance homologuée. Nous étions de petits groupes qui faisions ce que nous pouvions pour lutter contre les Allemands ».
Son dossier conservé aux archives municipales du Havre comporte des dates légèrement différentes : « Jugée par le tribunal militaire de Cologne le 23 février 1943 à six ans de travaux forcés. Elle fut successivement internée dans les prisons de Rouen, Paris (Santé), Aix la Chapelle (Allemagne), T...., P..., Hambourg, Flossbuten, Essen, Munster, Bremen, Butzow.
Elle est rapatriée le 30 mai 1945 via Bruxelles. Elle rentre au Havre le 1er juin 1945.
Elle se marie en secondes noces à Gaston Piednoël le 14 mai 1948.
Marthe Blanchard a été homologuée membre de la RIF (avec le grade fictif de soldat) et Isolée.
Elle est décédée au Havre le 24 septembre 1960 et a été inhumée au Cimetière Sainte-Marie Division : 10 Rang : G Emplacement : 25, La base de données « rechercher un défunt » indique que cette sépulture a été reprise par la Ville du Havre en 2012.
Documents annexés : Pièces du dossier GR 16 P 63374 (I. Duhamel)
Vincennes : GR 16 P 63374
GR 16 P 63374 (I. Duhamel)
Fiche Fndirp consultée aux Archives Municipales (F. Roumeguère)
Crédit Photo de la notice :  © Archives Municipales Le Havre
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Fiche mise à jour le:  16/04/2025















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