© 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora
BUCOURT Roger René
- DIR
- L'HEURE H
 
Roger René BUCOURT né au Havre le 5 février 1915, était domicilié à Saint Pierre en Port près de Fécamp (76).
En janvier 1940, il sert au Bataillon de l'Armée de l'Air n° 131 de Caen (14). Pendant la Campagne de 1940, il contribue à empêcher l'atterrissage des avions de la Luftwaffe sur la base aérienne. Démobilisé le 8 aout 1940, il rentre chez lui à Saint Pierre en Port.
Dès 1940, il aurait aidé des prisonniers de guerre en leur fournissant de faux papiers d'identité : il aurait notamment fourni son propre livret militaire et sa fiche de démobilisation à Henri Bobée, évadé en décembre 1940. Mais ce dernier sera repris en janvier 1941, porteur de ces papiers.
Début 1942, il aurait aidé Roger Marest, évadé du Stalag III-D à se cacher et lui aurait fourni des papiers d'identité et des cartes d'alimentation.
Roger BUCOURT avait rejoint L'Heure H et participé à la diffusion du Journal du même nom selon l'attestation de Maurice Frémont (document annexé, archives municipales).
Le 9 mai 1943, selon le témoignage de Jean Thomas, alias Pierre, il se serait rendu au Havre pour récupérer de nouveaux papiers et des exemplaires du journal.
Ce même jour, il est arrêté par les Allemands à Fécamp pour "marché noir" : comme il travaillait pour le compte des Allemands sur un chantier à Sénneville sur Fécamp, il aurait fait affaire avec eux, reçu de l'agent, mais sans livrer la marchandise. Roger BUCOURT a toujours nié ces accusations.
Il s'évade alors à la faveur d'un changement de camion et rentre chez lui pour détruire tous les documents pouvant le rattacher à L'Heure H. Il est repris le lendemain , incarcéré à Fécamp puis au siège de la Gestapo au Havre avant d'être transféré le 13 mai au Palais de justice de Rouen puis à Compiègne (matricule 15659).
Il est déporté en janvier 1944 au KL Buchenwald (matricule 14046), puis transféré au Kommando de Dora le 12 janvier puis à celui d'Harzungen le 12 avril.
Son nom figure sur les effectifs du Kommando de travail Ellrich, dépendant de Dora. Ce Kommando est constitué de bâtiments abandonnés d'une fabrique, avec un vaste terrain en friche, au sud de la ligne de chemin de fer de Herzberg à Nordhausen, à hauteur de la gare de la petite ville d'Ellrich. Entre mai et septembre 1944, on évacue vers Ellrich des milliers de détenus pour travailler sur des chantiers dépendants du "Sonderstab Kammler", qu'il s'agisse du creusement de galeries souterraines ou de tous les travaux de génie civil en surface.
Roger BUCOURT est ensuite transféré au kommando Nordhausen, à quelques kilomètres du camp de Dora qui fonctionne au service d'entreprises de la ville.
Il est libéré le 9 avril 1945 par les Américains à Nordhausen. Il est rapatrié un mois plus tard via le centre d'accueil de Maubeuge (Nord).
Roger BUCOURT tentera, en vain , une reconnaissance nationale comme résistant déporté, les témoignages des membres de L'Heure H n'ayant jamais été pris en compte.
Roger BUCOURT est décédé le 19 octobre 1997. Il a été inhumé au Cimetière Sainte Marie du Havre. Division : 53 Rang : I Emplacement : 01 (expire le 30/05/2026).
Source : d'après la notice biographique de Emilie Rimbot in : Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, 2020 et le Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie
Document annexé : sépulture et médaillon au cimetière Sainte-Marie (S. Prentout)
Vincennes : Non référencé
Biographies : 
 Emilie Rimbot, Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, 2020.
Crédit Photo de la notice :  © 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora
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Fiche mise à jour le:  07/05/2025




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