© Alain Le Mau
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RIBAULT Jean Marcel Alexandre

Chronologie : 1943

Statut : 
  • FFI
  • DIR
Groupes : 
  • Maquis Surcouf
Zones d'action: Eure

Date de naissance: 14/07/1920  à Bléville (76)

Mort pour la France : 04/08/1944 fusillé à Epaignes (27)

Parcours dans la résistance :
 

Né à Bléville le 14 juillet 1920, l’Abbé Jean Marcel Alexandre RIBAULT s'engage en novembre 1943 au Maquis Surcouf dans l'Eure.

Jean Ribault est le fils d’Alexandre Ribault, mécanicien dans la marine marchande et de Marcelle Le Nôtre, employée des Postes, domiciliés à Rouen.

Leur fils choisit le sacerdoce religieux qu’il exerce à Sainte-Adresse où il est vicaire. Comme tous les garçons de sa génération  il est  requis pour le travail obligatoire en Allemagne, mais il s’y refuse.

Aussi devient-il réfractaire et rejoint en août 1943, le département de  l’Eure, où le maquis Surcouf l'accueille à bras ouverts.

Souvenirs de Simone Sauteur, secrétaire de Robert Leblanc, chef du maquis : « Son visage pâle, aux grands yeux pensifs, reflète une paix étrange. Pourtant, je devine quelles souffrances chaque jour doit accumuler en son cœur et je n’ai pas besoin de l’auréole pour reconnaître dans son indicible fragilité, l’énergie suprême d’un saint ». Soucieux des plus jeunes, il refuse d’être hébergé chez le curé de Saint-Georges-du-Vièvre (Eure) pour rester au maquis « et leur parler de religion ».

Ce maquis, le plus actif de Haute Normandie durant l’Occupation, avait été créé en 1942 par l’épicier du village de de Saint Georges du Vièvre (27), Robert Leblanc, le curé Meulant et le charpentier Robert Sanson.

Le Maquis devient très efficace dès la fin 1943 et surtout dans les mois de mai, juin et juillet 1944. A partir de septembre 1943, l’effectif grossit et le maquis s’organise en groupes armés qui multiplient les coups de main et les sabotages. Sous le commandement de Robert Leblanc, Surcouf comptera 2 000 hommes au plus fort de l’été 1944.

Le 1er juin 1944, le maquis (11 sections combattantes et ses groupes annexes) entament la bataille de la Libération. Des actions de guérilla et de sabotages sont organisées dès le 5 juin, avant que les Allemands, du 8 au 18 juin, s’emploient à le démanteler. Les sabotages se multiplient jusqu’au 14 juillet pour perturber les communications allemandes. Mais les arrestations et les rafles opérées entre le 14 juillet et le 8 août mettront un terme à l’existence de Surcouf à la mi-août 1944.

A la veille du Débarquement et dans les jours qui suivent, on  avait assigné à Jean Ribault la gestion de la pharmacie et le soin aux blessés ainsi que de nombreuses missions de ravitaillement auprès des fermiers.

Le 4 août 1944, dans une ferme d’Epaignes qui tient de lieu de rendez-vous des maquisards, se trouvent Jean RIBAULT dit Jean l’Abbé,  Raymonde Mulet alias « Mireille " René Sortemboc dit Le Pélican (chef de groupe des agents de liaison), Kléber Mercier dit Raspail et un maquisard dont le nom n’a pas été identifié.

Il s’agit d’une petite maison plus ou moins abandonnée sur l’exploitation d’Étienne Bréval, à Épaignes, entre Le Plessis et les Mares Fleuries. C’est en ce lieu qu’habituellement, ils reçoivent et apportent des renseignements, ordres ou instructions.

Mais le secret de leur cachette a été divulgué  et la ferme se retrouve encerclée par la Gestapo d'Evreux  commandée par le capitaine Otto Nördling et  la  Feldgendarmerie de Bernay (Eure),  une troupe de 200 hommes.

Le bâtiment est incendié, et les résistants évacués subissent un interrogatoire.

S’ils ne peuvent nier leurs noms ni leurs activités, ils tairont cependant le lieu où se cache « Surcouf », ce qui signe leur arrêt de mort.

Le calvaire qu’endure « Jean l’abbé », est  connu grâce au témoignage de Raymonde Mulet, agent de liaison de Robert Leblanc.

Alors que les hommes gardés se taisent sous les coups, un soldat demande en brandissant la soutane de Jean Ribault : « A qui ce vêtement ? ». « A moi » répond Jean Ribault. « Brutalement, ils vêtirent Jean de sa soutane et il n’est aucune de ces brutes qui ne s’abstint de s’acharner sur lui à coups de poing, à coups de crosse… Et Jean était si chétif… Un coup de poing détermina un saignement de nez. Pas une parole ne s’échappait de ses lèvres. Un grand Allemand édenté que je revois très nettement s’approcha de lui et fit pour se moquer très certainement plusieurs signes de croix grotesques et frappa Jean si brutalement qu’il cria "maman " et tous de s’esclaffer en ricanant » se souvient la résistante. « Puis soutenu par deux Allemands, je vis passer près de moi un Jean l’abbé sanglant, incapable de se tenir debout, littéralement trainé par les boches qui l’emmenèrent un peu à l’écart. Le bel officier blond s’approcha et l’abattit d’un seul coup de revolver ».

Après avoir été torturés, Jean RIBAULT et ses trois camarades sont fusillés, entre 6h et 7h du matin, Leurs corps seront laissés sur les lieux.

Jean RIBAULT, 24 ans, sera déclaré Mort pour la France, fusillé par les Allemands le 4 aout 1944 à Epaignes (27)

Il a été homologué FFI et DIR.

Distinction : Médaille de la Résistance (17/12/1968)

Mémoire   : son nom est gravé  sur le  monument aux morts et dans l’église de Saint-Martin d’Octeville-sur-Mer, à Sainte-Adresse, sur le monument de la Résistance à Saint-Étienne-l’Allier ainsi qu’à Pont-Audemer, au Mémorial et carré du maquis Surcouf.

Un monument à Épaignes, commémore le triste évènement : « En 1947, le monument en pierre, est posé par Marius Huchon, sur le caveau du maquisard inconnu » raconte Pierre Duboc, maire honoraire d’Epaignes. Chaque dimanche le plus proche du 4 août,  les anciens combattants, le conseil municipal d’Epaignes, des personnalités et des habitants viennent se recueillir devant le monument afin de faire perdurer le souvenir"

Documents annexés : stèle aux maquisards fusillés à Epaignes (Mairie d'Epaignes) – photographies issues des archives familiales © Alain Le Mau, neveu de l’Abbé Jean Ribault, petit-fils de Marcelle Ribault : Jean Ribault – croix tracée par Jean Ribault en avril 1944 dans les grottes de Fourmetot – René Sortemboc dit Le Pélican- La ferme incendiée – le lieu d’exécution – photographies de cérémonies à Epaignes - Marcelle Ribault - Le Nôtre décorée en 1975 pour la mort de son fils Jean Ribault -  Mme Marcelle Ribault et ses filles Marcelle  et Marguerite, mère de Alain Le Mau -

Mémoire (photographies S. Prentout) : Stèle commémorative à Octeville Sur Mer -  Sépulture Jean Ribault à Octeville-sur Mer - Rue Jean Ribault à Octeville-sur-Mer.

Mis à jour le 6 mai 2025 d'après la notice de Françoise Passera pour le Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie

Raymond Ruffin

Le circuit des maquisards - Pays d'Auge

Vidéo


Décorations : 
Médaille de la résistance

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 508473
Caen:  AC 21 P 139907

Archives du collectif : 
Listing des Havrais résistants de l'Eure (S.Prentout)

Bibliographie :  Les Lucioles de ma nuit. Raymond Ruffin, Presses de la Cité, 1976



Crédit Photo de la notice :  © Alain Le Mau


Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)

Fiche mise à jour le:  28/05/2025

Un commentaire
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    1. Bonsoir,

      Avez vous une adresse mail de contact à me transmettre pour vous transmettre des pdf des photos d’époque et de cérémonies .
      Ma grand mère s’y rendait chaque année Cordialement

    2. bonjour
      merci pour votre message, nous serions intéréssé par cette photo, nous pourrions mettre sa notice a jour.
      si vous avez d’autres documents, n’hesitez pas a nous les faire parvenir
      bien cordialement
      david fouache