PIMONT Rodrigue
- FFC
- DIR
 
Né le 24 juillet 1910 à Gonfreville l'Orcher, Rodrigue PIMONT, alias Dick, était en 1943 adjoint au chef du contrôle technique (téléphone et télégraphe) en Afrique du Nord.
Ses fonctions lui permettent d’entrer en contact et d’intégrer le Réseau SSMF TR (Service de Sécurité Militaire en France - Travaux Ruraux) fondé par le lieutenant-colonel Paul Paillole.
Ce réseau de contre-espionnage avait pour mission la recherche de renseignement sur les services spéciaux allemands et leur possible neutralisation. Il opérait également des liaisons, des parachutages et le débarquement de ses agents par sous-marin. Il compta 977 agents dont 3 Havrais.
Rodrique Pimont reçut de Paul Paillole la mission d’aller se faire recruter en France par l’Abwehr [service de renseignement militaire du IIIe Reich] comme agent double du contre-espionnage clandestin français.
Il quitte Alger avec son radio Dupont et rejoint Paris en passant par le Maroc et Madrid. Entre juillet et octobre 1943, il rencontre J. du Boutiez qui le met au courant de la mission du commando Hannibal de l’Abhwer, composé de trois officiers français et d’un opérateur de radio chargés de se rendre au Maroc.
Par l’intermédiaire de J. du Boutiez, Pimont accepte d’être recruté pour leur donner des conseils et les aider dans la préparation de l’opération. Au sein de l’Abwehr, il prend le pseudonyme de « Pirol ».
Il se charge d’organiser le lieu de parachutage du commando, des moyens à déployer pour qu’ils se fondent dans les cercles nord-africains afin d’y recueillir des renseignements militaires et recruter des agents. Pimont et Dupont commencent en parallèle leur travail pour le Contre-espionnage clandestin français en envoyant par message radio des renseignements sur l’ennemi au poste central de la section du TR-jeune d’Alger.
Pimont lui signale à l'avance la date de parachutage de la mission « Hannibal » qui doit atterrir le 16 octobre 1943 entre 2 et 3 heures du matin à 10 kilomètres au sud-ouest d'Oudja. Le commando « Hannibal » sera intercepté à son atterrissage.
En octobre 1943, le chef de la section contre-espionnage et action contre la résistance au SD de Marseille, le SS-Scharführer Ernst Dunker (alias Delage) parvient à infiltrer Max Albert de Wilde, un agent de l’Abwehr, dans le poste de la section T.R.-jeune de Marseille dirigé par Jean Avallart. De Wilde était un ancien agent du contre-espionnage clandestin français. Arrêté par les Allemands, il avait accepté de jouer le double jeu.
Fin octobre 1943, le capitaine Jean Lavallée du service de contre-espionnage clandestin français, chef d’un réseau de renseignements à Saint-Nazaire et à Nantes et chargé des liaisons maritimes sur la côte Atlantique, se rendit à Marseille pour rencontrer Jean Avallart. C’est ainsi qu’il fit la connaissance de quelques collaborateurs d'Avallart, dont de Wilde. Il lui fit confiance malgré les réticences d’agents de la section du T.R.-ancien, qui doutaient de sa loyauté.
Jean Lavallée lui confie alors la nature de ses activités et lui précise ses moyens de liaisons. De Wilde aurait photographié et transmis à l’Abwehr le code et divers documents du poste de la section du T.R.-jeune de Marseille. En décodant les messages, les Allemands découvrirent qu'il y avait un agent français de l’Abhwer et identifièrent Pimont.
La découverte des activités de Lavallée inspira aux allemands une manœuvre d'intoxication d'envergure. Elle impliqua la rafle instantanée de l'équipe entière et la poursuite par substitution de ses contacts radios avec l'Angleterre.
Le 10 décembre 1943, la Gestapo arrête Jean Lavallée à Paris. Au mois de mars, Pimont et son coéquipier Dupont sont recherchés par la Gestapo. Pimont est arrêté à Paris le 2 avril 1944. Il est d’abord interrogé puis envoyé à la prison civile de Fresnes tandis que son co-équipier Dupont réussissait à s’enfuir et à quitter Paris.
Le 26 avril 1944, suite aux indications de Max de Wilde, les Allemands réussissent à remonter les informations au sein des postes TR. La Gestapo mène un coup de filet et rafle plusieurs agents au boulevard du Montparnasse à Paris, dont le capitaine Paul Vellaud (alias Toto) chef de la section des T.R.-jeunes en France, Jean Avallart, et Pierre Dubuc (alias Christian-Marc), originaire de Sainte – Adresse, qui devait décéder d’asphyxie durant son transport en déportation.
Paillole et son service pensèrent dans un premier temps qu’une fuite était à l’origine des arrestations de Montparnasse et envisagèrent que Pimont jouait double jeu.
Le 24 mai 1944, le RSHA (comprenant la Sipo-SD) de Paris termina son rapport à la cour militaire avec la conclusion que Pimont avait « été la cause de grand mal au Reich ».
Il est condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Paris en même temps que le capitaine Paul Vellaud, Jean Avallart et Jean Lavallée. Le président du tribunal, le capitaine Ernst Roskothen, fit en sorte que la sentence de Pimont ne soit pas immédiatement exécutée et que son dossier s'égare dans la débâcle de la Wehrmacht.
Il échappait ainsi à l’exécution tandis que Paul Vellaud, Jean Avallart et Jean Lavallée furent déportés par le convoi du 2 juillet 1944, transport resté tristement célèbre sous le nom de « Train de la mort » en raison du nombre élevé des décès (environ 519) survenus durant le voyage suite à des conditions de transport indignes (wagons surchargés et chaleur). Il sont fusillés au camp de Buchenwald début octobre 1944.
Rodrigue Pimont est déporté le 8 août 1944 et interné dans plusieurs prisons : tout d'abord à Karlsruhe, Schwäbisch-Hall (au nord de Stuttgart), puis il est transféré au kommando Bayreuth 1 (kommando travaillant pour l'Institut de recherche en sciences physiques, installé dans une filature de coton).
Il fut ensuite transféré à Bayreuth, prison de prévention et d'application de peine, située au nord de Nuremberg ; et enfin, à la prison de Amberg, à l’est de Nuremberg.
Rodrigue Pimont est libéré le par les troupes américaines à Amberg et rapatrié en France. Après la guerre, de Wilde sera jugé et condamné à mort.
Rodrigue Pimont a été homologué FFC et DIR.
Il est décédé le 23 février 1973 à Paris 5e.
Fiche de recherche établie par Adrien Abraham.
Variante d'état-civil relevée dans les sources : Il existe un homonyme né le 07/07/1907 à Graville (état-civil).
Vincennes : GR 16 P 478484
GR 16 P 478484 (D. Fouache) -Fiche biographique établie par Adrien Abraham (Archives D. Fouache)
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Fiche mise à jour le:  27/10/2024

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