© Monique Pélissier
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PELISSIER Jean Jacques Lucien

Chronologie : 1944

Statut : 
  • FFI
Zones d'action: Aveyron

Date de naissance: 06/10/1926  à Sanvic (76)

Mort pour la France : 19/07/1944 à La Quille (Aveyron)

Parcours dans la résistance :
 

Pierre Pélissier, employé des Postes au Havre, était marié à Edith Isaac. Ils étaient les parents de Jacques et de Jean Jacques Lucien PELISSIER. Ce dernier, né  à Sanvic le 6 octobre 1926 perd malheureusement sa Mère à la naissance.

Son Père se remarie en 1928 avec Amélie Olichon et de cette union sont nés Françoise (1930), Monique  (1931), Brigitte (1933 ) et Bernard ( 1935).

A la suite de différentes mutations, la dernière à Saint Quay Portrieux, Pierre Pélissier fut nommé en 1943 Receveur des Postes à Espalion en Aveyron. Il participa alors à la Résistance en tant qu'agent de renseignement.

Le jeune Jean de son côté, après avoir obtenu son brevet, occupait un emploi de précepteur dans une ferme  aux environs de La Guiole, et lorsqu'à cette époque il rejoignit  le Maquis Jean Pierre, il n'avait que 17 ans.

Ce Maquis avait été formé par Pierre Monteil, directeur de la maison du prisonnier de Rodez, arrêté  le 13-décembre 1943 pour avoir fabriqué de fausses pièces d'identité en faveur de prisonniers de guerre évadés. Le jour même, il s'était évadé et entrait en clandestinité, caché à Espalion. De là, il prit  contact avec Emile Fanguin, un des leaders de l'Armée secrète dans le nord Aveyron.

Le Maquis s'étoffa progressivement et à partir de juin 1944, les Membres de Jean Pierre (dont les effectifs devaient monter à 80 membres), s'installèrent dans une ferme, au  campement dit du «Moulinou », sur la rive gauche du Lot, aux limites des communes d'Estaing et de Golinhac.

Le 14 juillet 1944, malgré la présence des Allemands dans le secteur, Jean PELISSIER, alias La Flèche et ses camarades trouvèrent le courage de manifester en fleurissant et pavoisant le monument aux morts de Estaing sur Lot.

Selon un témoin , «De nombreux bouquets sont déposés et des sections du maquis Jean Pierre présentent les armes aux couleurs. La population, émue, manifeste sa joie. Le drapeau des anciens combattants, resté caché depuis 1940, flotte au monument aux morts toute la journée» (La Dépêche).

Sur la photographie prise le jour de cet évènement, Jean a les yeux tournés vers le ciel... prémonition des évènements tragiques qui allaient se produire quelques jours plus tard ?

Jean PELISSIER est tombé à 17 ans sous les balles nazies le 19 juillet 1944. A bord d'une  traction, il l venait du Moulinou d’Estaing, le repaire du maquis Jean-Pierre, avec Francis Réjal, 23 ans, son chef de groupe originaire de Marcillac.

Leur voiture fut interceptée à Saint Géniez d’Olt  par une colonne allemande qui se rendait de Mende à Rodez et fut incorporée, avec ses occupants, aux véhicules ennemis.

Malgré la présence de tireurs juchés sur des camions, ils tentèrent de s’échapper au carrefour de La Quille vers la route d’Espalion. Les balles immobilisèrent leur véhicule. Ils gagnèrent alors les bois et Jean PELISSIER parvint à détruire les documents de leur mission.

Il est mortellement atteint, tandis que Francis Rayjal, blessé, rejoindra par la suite le maquis Roland d’Aubrac.

Paul Wormser, un dentiste juif de Colmar, par ailleurs médaillé de bronze en escrime aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936, était réfugié au château de Neyrolles. Arrêté alors qu’il venait porter secours aux victimes, il fut conduit à Rodez et fit partie des 30 fusillés de Sainte-Radegonde le 17 août 1944.

Les Allemands exécutèrent également Jacques Baumann, un juif alsacien de 81 ans réfugié lui aussi en Aveyron, que sa promenade avait conduit jusque-là. Ce vieux monsieur, sourd, n’entendit pas les injonctions des soldats, il fut abattu dans le dos. (récit d'après les discours d'hommage des cérémonies  organisées devant la stèle Jean Pélissier :  Jean-Louis Sénéjean, président du comité du Souvenir Français d’Estaing- Espalion (2019) et Nicole Schira, Souvenir Français (2020).

Jean Pélissier a reçu une citation à l'Ordre de l'Armée à titre posthume le 1er janvier 1945 comportant l'attribution de la Croix de guerre avec palme.

Mémoire : Une cérmonie d'hommage se tient  chaque année à la stèle de Jean Pélissier à La Quille, sur la commune de Sainte-Eulalie-d’Olt (12) , à l'endroit même où il est tombé sous les balles allemandes.

L'action clandestine du Maquis Jean-Pierre le conduira à participer à la libération de Rodez puis aux combats de la Première Armée française.

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Documents annexés

Archives Monique Pélissier :

Monique Pélissier sur la première photographie des cérémonies 2016 et 2020 à La Quille.

Photographie d'enfance (1937) :  Jacques portant Bernard dans ses bras, encadré par Jean, onze ans, et Denise. Au premier rang : Brigitte, Françoise et Monique. 
Stèle de Jean Pélissier à La Quille  

Deux photographies de 1943 lorsque Jean était précepteur près de Laguiole

Portrait de Jean Pélissier en 1943

Archives Christophe Cornille :

Citation de Jean Pélissier (Archives Famille Letestu)

Photographie de Jean, le troisième en partant de la droite devant le Monument aux Morts de Estaing sur Lot le 14 juillet 1944 en pleine occupation. (Archives Maquis Jean-Pierre - Pierre Monteil)

Autres sources

Vidéo de la cérémonie de La Quille en 2021 Lien

Article Centre Presse Aveyron 2019 Lien

Article de la Dépêche sur les combats du Maquis Jean-Pierre


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 463588
Caen:  AC 21 P 128921



Crédit Photo de la notice :  © Monique Pélissier


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Fiche mise à jour le:  28/11/2024

Un commentaire
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  1. Par

    Bonjour Florence Florence (Roumeguère)

    Si vous souhaitez que nous échangions au sujet du parcours de Jean Pélissier
    dans la Résistance aveyronnaise, je suis en mesure de vous transmettre de
    véritables documents, des références bibliographiques ainsi que le témoignage
    direct des acteurs de cette histoire.
    J’ai eu l’occasion de faire la connaissance de Jacques votre père à Vieux-Cérier
    en 2003 et je garde un précieux souvenir de cette rencontre et de nos échanges
    ultérieurs par téléphone.
    Nous avions en commun d’être natifs du Havre (mon père étant officier mécanicien
    à la Transat) et de connaître le Caire où j’ai autrefois travaillé.

    À bientôt,

    Christophe Cornille
    (Architecte DPLG)