© Memoire de guerre 35
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LELARD Rémy Georges

Chronologie : 1943

Statut : 
  • FFI
  • DIR
FTP : 
  • FTP
Zones d'action: Ille et Vilaine

Date de naissance: 29/06/1924  à Le Havre (76)

Mort pour la France : 14/07/1944 à Vern sur Seiche (35)

Parcours dans la résistance :
 

Né au Havre le 29 juin 1924, Rémy Georges LELARD entre en 1943 dans le groupe de Résistance F.T.P. d'Ille-et-Vilaine. Responsable F.U.J.P. de la zone Sud, il organise le recrutement de la propagande contre l'occupant. Il effectue plusieurs transports de matériel de propagande, ainsi que de quelques armes et explosifs En 1944, il est responsable de secteur de secteur F.T.P.F. Rennes Sud.

Témoignage de Serge Hardy : « Rémy Lelard était un enfant de l'assistance publique pour ce que j'en sais. Ce fut un résistant de la première heure, dès 1940.
Je me souviens bien de Rémy et de sa chanson fétiche "le chant du gardian". A l'appartement de Rennes, il faisait des apparitions discrètes et brèves car les voisins étaient peu sûrs, surtout celui du 2ème étage, un dénommé Bélier, qui était chef de centaine dans la milice. Il faut préciser que l'immeuble disposait de deux accès sur deux rues différentes. Celui-ci a payé ses actes d'une balle dans la nuque et à genoux parce qu'il n'a pas eu le temps de disparaître comme certains autres. C'était moins risqué chez ma grand-mère qui résidait en caravane "aux Gaudinets" sans avoir un voisinage immédiat. Lorsque les bombardements se sont intensifiés, mon père pris la décision de nous réfugier à Marcillé-Robert à partir du mois de mai. Rémy était souvent chez nous. Lorsque la voiture de la milice klaxonnait dans le virage très dangereux de la carrière, Rémy filait comme une flèche à travers les jardins, une chaise était placée de façon à lui permettre de franchir rapidement le premier obstacle (un grillage), ma mère récupérait la chaise. Elle plaçait les armes et les chargeurs dans le faux caisson du landau, couchait par-dessus mon petit frère encore bébé et partait en course imaginaire avec nous à travers le village, jusqu'à ce que l'air devienne plus respirable ».

Rémy Lelard participe pendant les mois d'avril mai et juin, à plusieurs opérations contre les lignes haute tension Pontchâteau-Rennes à Vezin- La-Prévalaye-Le-Rheu. Il participe avec son groupe à l'attaque de la centrale électrique de Saint-Brice-en-Coglès, où un transformateur fut détruit, et trois gendarmes désarmés. Il participe à l'attaque du garage OPEL à Fougères, où trente-quatre camions, onze moteurs d'avions, plusieurs milliers de litres d'essence et d'essence et un important outillage furent détruits. Il participe au désarment d'un soldat allemand dans un café de la rue de Brest à Rennes. Il assure plusieurs liaisons entre les groupes d'Ille-et-Vilaine et fait partie de l'équipe de parachutage pour le secteur de La-Guerche-Pléchatel.

Témoignage de Serge Hardy : « Le parachutage attendu devait apporter au maquis en plus des armes, les uniformes pour être reconnus des Alliés bloqués dans la Manche à moins de 100 km. Il paraît, et cela semble confirmé dans le récit des jours qui précèdent, par le Commandant Pétri, que ce parachutage fut fait avec des voiles bleues, blanches et rouges. Une idée curieuse pour passer inaperçu... ! »

Partant en mission pour assurer des parachutages dans la forêt de La-Guerche, Rémy est arrêté à Vern-sur-Seiche, par les Allemands, le 14 juillet 1944 et fusillé quelques instants après, avec trois de ses camarades.

Extraits du récit L'embuscade tragique de Vern-sur-Seiche du 14 juillet 1944 :
Il est 13 heures, le 14 juillet, un message tombe sur les ondes brouillées de notre petit poste radio, toute antenne déployée, contre une meule de foin : "Les enfants font les courses au village. Cinq fois". Cela signifiait qu'un parachutage devait être réceptionné, la nuit suivante, à la Guerche-de-Bretagne. (En fait ce fut à Drouges que fut effectué le parachutage). Quatre résistants avec et sous les ordres du lieutenant Salmon prennent place à bord d'une 201 Peugeot. Ce sont Rémy Lelard, Alfred Lavanant, Jacques Delente et le chauffeur Henri Guinchard le Parisien. Direction : Drouges, par Bouillant, Vern, Nouvoitou... Nous sommes sortis en milieu d'après-midi, par la route de Chatillon, puis on a rejoint Vern par un chemin vicinal. Tout paraissait normal. Mais juste à l'entrée du bourg, on voit plein d'Allemands armés qui barrent la route. Trop tard! Vite, on prend la route de Nouvoitou, à gauche. Deuxième barrage !
Henri Guinchard, le chauffeur, demande l'autorisation, ou plutôt fait signe, qu'il se gare devant la forge, sur la route de Nouvoitou. Peut-être alors a-t-il l'intention de forcer le barrage ? Par la vitre ouverte un Allemand le tient en respect avec le canon de sa mitraillette, alors que d'autres entourent et accompagnent la voiture, munis des mêmes armes. Les Allemands visiblement nous attendaient. Bernard dit :" De toute façon, qu'on reste ou qu'on se taille, on va se faire buter". On demande les papiers d'identité, que chacun présente. Les secondes sont longues, pendant lesquelles Bernard Salmon murmure à Guinchard : "C'est prisonnier ou fusillé."
Les Allemands interrogent : "Vous terroristes !"
Il y a des armes sur le plancher de la voiture ont-elles été aperçues ?
Je simule un besoin naturel et force la portière face à un Allemand perplexe dont l'attention est retenue par ailleurs. Une seconde avant, je ne savais pas ce que j'aurais fait. Je vois un tas de fers à cheval, à côté d'une forge. Je fonce. J'escalade le tas de fers, qui me fait piétiner. Si bien que Lavanant, qui voulait me suivre, s'est engouffré, lui, dans la forge ». Témoignage de Madame Salmon : "Si les Allemands n'ont pas pu lui tirer dessus, c'est qu'une seconde auparavant, Rémy, en sortant à gauche de la voiture, a voulu prendre sa mitraillette. Les Allemands l'ont vu et ont tiré dans le tas. Bernard, qui avait eu la présence d'esprit de laisser tomber son portefeuille dans le fossé, afin d'éviter que des documents compromettants ne tombent entre les mains des Allemands, est touché à mort, ainsi que Rémy. Henri, encore au volant, est touché aux reins et agonise là, sans que personne ne puisse lui porter secours. Il mourra deux heures plus tard, après avoir été chargé dans une camionnette allemande. Il eut la force de crier "Vive la France». (…)
La population de Vern est allée, entre-temps, demander au maire d'intervenir auprès des Allemands pour que ces jeunes, enterrés comme des chiens, soient relevés, et enterrés avec dignité, en présence des familles. La requête fut acceptée à la condition que seule la famille assiste aux obsèques. En réalité, une foule nombreuse s'y rassemblera et les tombes abondamment fleuries, en hommage à leur courage."

Témoignage de Serge Hardy : Mes parents ne savaient pas où Rémy étaient partis, mon père trouvait peu raisonnable de prendre le risque de circuler le jour de la fête nationale à cause des contrôles allemands. Ne le voyant pas rentrer ; il a commencé à s'inquiéter. Évidemment il était hors de question de poser des questions. Je ne sais plus au bout de combien temps, mais apprenant qu'il avait eu des maquisards de tués à Vern, il est allé là-bas. Les gens du village avaient été courageux. Les corps avaient été photographiés avant qu'on leurs donne une sépulture plus décente. Ce qui était le plus choquant c'était que les Allemands leur avaient ôtés et pris leurs chaussures de marche ».

Rémy Lelard a été homologué FFI et DIR.

Distinction : Médaille de la Résistance française à titre posthume (1959).

Mémoire : A Vern-sur-Seiche, un monument situé à l'est, en bordure de la rue de Châteaubriant, devenue Voie de la Liberté honore ces martyrs. Dans le granit sont gravés les des noms de cinq Résistants tombés sous les balles des nazis, pendant l’occupation : Bernard Salmon, Rémy Lelard, Alfred Lavanant et Henri Guinchard, le 14 juillet 1944, ainsi que Albert Deshommes, fusillé le 30 décembre 1942.

Documents annexés : Plaque en mémoire des quatre résistants et Monument sur la Voie de la Liberté. (Mémoire de Guerre 35)

Sources de la notice :

Mémoire de Guerre 35

L'embuscade tragique de Vern sur Seiche


Décorations : 
Médaille de la résistance

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 358719
Caen:  AC 21 P 560639

Archives du collectif : 
AC 21 P 560639 (D. Fouache) -Liste 76 des Médaillés de la résistance (M. Baldenweck)


Crédit Photo de la notice :  © Memoire de guerre 35


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Fiche mise à jour le:  06/11/2024

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