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DELAUNE Auguste Alphonse
- FFI
- DIR
Date de naissance: 26/09/1908  à Le Havre Graville (76)
 
Auguste Alphonse DELAUNE, alias Paul Boniface, est né le 26 septembre 1908 à Graville, dans une famille ouvrière. Son père est un militant communiste. Il devient apprenti à douze ans puis ouvrier soudeur.
Il adhère au parti communiste et à l’organisation syndicale des métaux (Confédération générale du Travail unitaire — CGTU) et il participe à d’importants mouvements de grève.
En 1921, il devient membre de la Fédération sportive du travail.
A partir de 1923, il pratique le cross dans le club ouvrier du Havre et participe à plusieurs championnats où il s'illustre brillamment.
Il adhère aux Jeunesses communistes en 1924. En 1926, du fait de son militantisme, il doit quitter Le Havre pour Paris et s’installe à Saint-Denis (93) avec ses parents. Sa mère obtint une loge de concierge 7 rue Denfert-Rochereau à Saint-Denis.
Auguste Delaune travailla dans diverses entreprises de métallurgie et en dernier lieu à la Compagnie des Wagons-lits à Saint-Denis d’où il fut renvoyé « en raison de ses activités extrémistes ». Il « se livrait en effet à une intense propagande parmi le personnel de la Compagnie, ainsi qu’auprès de la jeunesse dyonisienne en vue de recruter des adhérents au club sportif de cette localité dont il était membre » (Arch. PPo BA/1715).
Il avait dès son arrivée à Saint-Denis participé à la direction du mouvement sportif ouvrier. En 1928, la Fédération sportive du travail (FST) le désigna à son bureau fédéral. Cette même année il devient champion de France de cross-country et il gagna le cross du journal l’Humanité.
Parti au service militaire en 1929, Delaune aurait été signalé comme militant actif : « Rapidement l’état-major le poursuivit ; grâce à l’action des travailleurs les poursuites furent arrêtées » (Le Travailleur du 18e, 20 avril 1935).
De retour à la vie civile, Delaune fut nommé, en 1931, secrétaire de la région parisienne de la FST avant d’accéder l’année suivante au secrétariat général national et d’entrer au Comité exécutif de l’Internationale rouge des sports.
Delaune militait activement aux Jeunesses communistes. La police l’arrêta le 19 mai 1931 alors qu’il distribuait des tracts communistes et haranguait les ouvriers des usines Gnôme et Rhône dans le XIe arr. de Paris. La Chambre des appels correctionnels le condamna à six mois de prison et 500 francs d’amende pour violences à agents.
Au début de l’année 1933, mandaté pour participer à une conférence de l’Internationale rouge des sports en Allemagne, il fut arrêté pour absence de passeport et maintenu en prison pendant un mois.
Delaune était également membre du Comité national français de lutte contre la guerre et le fascisme et du présidium de la conférence européenne antifasciste des jeunes (juin 1933) ainsi que du Comité mondial de la jeunesse contre la guerre (septembre 1933).
Delaune assista aux pourparlers sur l’unité sportive internationale avec l’Internationale sportive ouvrière socialiste, à Prague, le 1er mars 1934.
Il devient en 1934 le premier secrétaire général de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT). Il travaillait à l’Humanité comme spécialiste des questions sportives.
Sous le Front populaire, il fut nommé membre du Conseil supérieur des sports où il travailla avec le ministre socialiste Léo Lagrange. Les effectifs de la FSGT passèrent à cette époque de 30 000 environ à plus de 130 000 membres.
S’opposant à la tenue des Jeux olympiques de Berlin en 1936, il contribue à l’organisation des Olympiades ouvrières (les Spartakiades) concurrentes des Jeux olympiques depuis 1928. Cet évènement sportif international populaire qui devait se tenir à Barcelone (Espagne) sera annulé du fait du début de la guerre civile en Espagne en juillet 1936.
Il participa notamment au lancement du réseau Sport Libre – et à la revue clandestine du même nom – dénonçant la politique de collaboration dans le sport et en particulier la persécution des sportifs juifs.
En 1937, Delaune fut élu membre du comité régional Paris-Nord du PCF.
Auguste Delaune est nommé conseiller supérieur des sports dans le gouvernement du Front populaire qui promeut le sport scolaire ou encore la création d’un brevet sportif populaire.
Mobilisé à l’automne 1939, il est évacué de Dunkerque et se porte volontaire en juin 1940 pour être débarqué en Bretagne. Lors d'un bombardement dans la gare de Rennes, il sauve des réfugiés d'un train en flammes. L’armée lui décerna la Médaille militaire et la Croix de guerre. Auguste Delaune est démobilisé en août 1940.
De retour à Saint-Denis, il entre dans la clandestinité. Le 6 décembre 1940, il est arrêté par la police française en tant que communiste. Il est interné au camp d’Aincourt (Val-d’Oise), à la centrale de Poissy (Yvelines) puis au camp d’internement de Choisel à Châteaubriant (Loire-Atlantique) où il entraîne physiquement les internés, notamment le jeune Guy Môquet.
Auguste Delaune s’évade le 21 novembre 1941 et fonde le journal clandestin Sport libre. En 1942, il devient en 1942 un des responsables régionaux du Parti communiste. Tout d’abord rattaché à la région Picardie, il est ensuite affecté à la Normandie puis à la Bretagne.
Le 27 juillet 1943, trahi par un résistant communiste retourné, il tombe dans un guet-apens lors d’un rendez-vous clandestin au Mans (Sarthe) sur le pont de Coëffort où Gaston Fresnel l’attendait. Ce dernier fut tué et Auguste Delaune blessé.
Auguste Delaune est livré aux Allemands. La Résistance tenta sans succès de l’enlever à l’hôpital du Mans. Transféré à la prison du Vert-Galant au Mans et torturé, Auguste Delaune aurait été ramené à l’hôpital où il mourut le 12 septembre 1943.
La police française et la Gestapo n’avaient pu obtenir de lui le moindre renseignement, pas même sa véritable identité.
Ses bourreaux pensèrent avoir tué Paul Boniface, nom inscrit sur sa fausse carte d’identité.
D’après Claude Pennetier (Le Maitron) et Le Musée de la Résistance Nationale à Champigny.
Auguste DELAUNE a été homologué FFI.
Distinctions : Chevalier de la légion d'honneur à titre posthume (1947) - Cité à l'ordre de la Nation.
Mémoire au Havre et en Seine Maritime : Stade au Havre et Rue Auguste Delaune (Graville). Son nom a été donné au Gymnase de Mayville en 1967. Une rue à Sotteville-lès-Rouen, , un stade ou un gymnase à Dieppe, Gonfreville-l'Orcher, Grand-Couronne, Grand-Quevilly, Saint-Aubin-sur-Scie.
Documents annexés : Portrait de Auguste Delaune et photo d'identité (fiche de police) - Photographie de l’équipe de course « Paris B » au camp de Choisel à Châteaubriant (Loire-Inférieure). Au 2e rang en partant de la gauche, Auguste Delaune et Guy Môquet, septembre 1941. (Coll. AAMRN — Fonds de la famille Saffray-Môquet /Musée de la Résistance national de Champigny) - plaque de rue au Havre et du stade Auguste Delaune (F. Tocqueville)
Légion d'honneurVincennes : GR 16 P 168619
Cote BIO4 - Cote ACS 007 (cultures havraises Legoy) - Cote GUE 263 ou BA 8266 (d'espoir et d'acier) -
Crédit Photo de la notice :  © Maitron
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Fiche mise à jour le:  03/12/2024



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