© Famille Docaigne / Aalf
COQUIN épouse Docaigne, Denise Berthe
- FFC
- DIR
- HELPER
- GRG-Morpain
Date de naissance: 24/05/1922  à Le Havre (76)
 
Denise Berthe COQUIN est née au Havre le 24 mai 1922 dans une famille de la petite bourgeoisie havraise. Elle perd son père, radio sur les bateaux, et sa mère ouvre un commerce 108 rue Thiers spécialisé dans le bricolage à l’enseigne du « Petit travailleur »..
Elle est lycéenne quand survient la guerre et avec sa famille part pour l’exode à Clermont-Ferrand, puis revient au Havre et se joint au réseau de Gérard Morpain (dans le groupe de Pierre Morgand), où elle se spécialise dans la contrefaçon de papiers.
Lors de la destruction de ce réseau par les nazis, âgée de 19 ans elle est arrêtée ((chez ses parents) et suit en prison Jacques Hamon, très jeune aussi, d’abord à la prison du Havre rue Lesueur, et ensuite à la prison de la Santé à Paris, le 6 juin.
Comme Jacques Hamon, elle est acquittée et relâchée (le 9 septembre 1941).
Elle en profite pour s’éloigner du Havre et rejoindre en région parisienne la famille de son fiancé René Perrochon. Ce dernier, fuyant le S.T.O. a, en juin 1943, quitté Le Havre pour le sud avec son grand ami Roger Docaigne et Jean Noyé,
Denise revient ensuite au Havre et contribue à la reprise de la lutte contre les nazis avec le réseau partiellement reconstitué l’Heure H.
En 1943, ce réseau que Jacques Hamon avait promis à son responsable historique Gérard Morpain de remonter, juste avant que ce dernier ne soit fusillé au Mont Valérien en 1941, voit augmenter ses effectifs par la fusion de plusieurs petits groupes autonomes, sous le commandement de Roger Mayer, puis de Raymond Guenot. Raymond Guénot est arrêté en avril 1943 et fusillé.
Le 19 octobre 1943, suite à la trahison d’un maquisard, l’occupant attaque le maquis de Tréminis. René Perrochon est fait prisonnier et sera fusillé quelques semaines plus tard.
Le 11 mars 1944, survient l’arrestation de Roger Mayer (qui reviendra de déportation) avec plusieurs autres responsables, ce qui met à mal le réseau.
Suite à ces nouvelles arrestations dues à la saisie de listes chez un garagiste de Rouen, Denise Coquin est recherchée et prend la route des maquis alpins en mars-avril 1944 où elle retrouve Roger Docaigne, ami de René Perrochon.
Elle est incorporée en qualité d’agent de liaison, tâche souvent dévolue aux femmes, et y joue un rôle efficace. Elle fait parfois la route du Havre à la Maurienne, et a la chance le six juin 1944 d’aller avec d’autres jeunes du Havre, sur les hauteurs de la ville d’où elle peut apercevoir les lueurs des combats du débarquement et entendre la canonnade.
Lors d’un de ses déplacements en auto ou camion stop, aux alentours du quinze août alors qu’elle est à l’obélisque de Fontainebleau, elle voit avec étonnement des soldats du Reich vider par terre des stocks de carburants. Elle se demande pourquoi quand un soldat lui explique « Nichts Normandie, alles Kapput » qui se traduit par « pas la Normandie, tous foutus » ; en fait ils faisaient tout pour ne pas y aller. Imaginons la satisfaction d’une résistante devant cette scène.
Lors de la période de la libération de la Maurienne, à Saint Jean, le 1er septembre, alors qu’elle effectue une mission avec Roger Docaigne, alias « Girardin » et un agent de liaison, Robert Duverney (qui faisait partie d’un groupe de quatre agents de liaison surnommés les quatre mousquetaires), Roger Docaigne lui dit « arrête toi, et lace tes chaussures, c’est un ordre ».
Comme le lieutenant « Girardin » n’était pas homme à plaisanter elle exécute l’ordre. « Girardin » qui avait vu un barrage allemand continue tranquillement son chemin avec Robert Duverney, sachant qu’il lui était impossible de fuir sans alerter les hitlériens. En effet ils sont faits prisonnier malgré leurs papiers d’identité « en règle », c'est-à-dire parfaitement imités. Les nazis qui depuis quelques jours refluent dans la vallée de la Maurienne sous les coups des maquis de Savoie et tentent de fuir vers l’Italie, vont les enfermer comme otages avec plus d’une vingtaine d’autres personnes.
Selon Henri Arzeau, dans « la lutte pour les Alpes », les otages « ramassés au hasard dans l’avenue de la gare et sur la place de la cathédrale furent enfermés à la caserne Ferrié ».
Par chance ils ne furent pas identifiés.
Denise Coquin à échappé au pire.
Le lendemain elle cherche à entrer en contact avec les deux maquisards et, alors qu’elle approche de leur lieu de détention, elle entend un soldat Allemand qui la désigne aux autres en disant : « Die frau, die frau !! » « La femme, la femme ».
Manifestement ce soldat l’a reconnue pour l’avoir vu la veille avec les deux captifs.
Comme elle avait déjà passé une partie de sa jeunesse dans les prisons du régime nazi, et qu’elle comprenait de quoi il était question, elle s’enfuit à toute jambe, échappe de justesse à une rafale d’arme automatique, courre sur un mur et fini par entrer dans un salon de coiffure, ou elle se fait teindre en brune, elle qui était une rousse flamboyante, trop reconnaissable.
Elle en ressort dira-telle « les cheveux encore dégoulinants de teinture » et termine sa mission en allant rendre compte.
Elle sera citée à l’ordre de la Brigade par le Colonel Descour et recevra la Croix de guerre pour cette action.
Le lendemain, grâce au maire de Saint Jean de Maurienne, à la pression des maquis, et au besoin de fuir des troupes nazies, les otages seront relâchés par l’initiative courageuse du Maire de la ville, le commandant Fodère, et donc avec eux l’agent de liaison Robert Duverney et un des chefs de la résistance locale, le lieutenant Girardin qui comme on le verra, donne aussitôt l’ordre aux maquisards de mettre fin à une trêve de reprendre les tirs sur les troupes d’occupation en déroute et conduira les trois compagnies du Bataillon de l’AS Saint-Jean au combat pour la Libération de Modane.
Lorsque les nazis reviendront pour fusiller les otages, ou pour s’en servir de boucliers humains, ils trouveront les portes ouvertes, nous dit Rosine Perrier dans son livre « j’appartiens au silence »
Auteur : Thierry Docaigne, fils de Denise et Roger Docaigne (6 Havrais au Maquis dans les Alpes)
Roger Docaigne épousera Denise Coquin à Grenoble, ils auront cinq enfants, qui seront tellement choyés par la famille Perrochon qu’ils s’étonneront un jour que leurs grands-parents maternels se nomment Perrochon alors que le nom de jeune fille de leur mère est Coquin… Annette, la sœur de René, sera la marraine de leur aînée.
Denise Coquin a été affiliée au réseau Hamlet Buckmaster.
Elle a été homologuée FFC et DIR.
Distinction : citation à l’ordre de la Brigade par le Colonel Descour avec attribution de la croix de guerre.
Denise Coquin épouse Docaigne est décédée le 14 février 2009 à Créteil (94).
Document annexé : Archives Municipales Le Havre- dossier shd Caen AC 21 P 635672 (David Fouache)
Vincennes : GR 16 P 141785
Liste L'Heure H établie par Madame Mayer (M. Baldenweck) - Archives L'Heure H (B. Garin) - Archives L'Heure H (D. Fouache)
Cote 11Z 8
Bibliographie :  Six Havrais au Marquis dans les Alpes par Thierry Docaigne.
Crédit Photo de la notice :  © Famille Docaigne / Aalf
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Fiche mise à jour le:  05/10/2024







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