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BROUSSE Robert François

Chronologie : 1942

Statut : 
  • FFC
  • DIR
Date de naissance: 15/05/1917  à Le Havre (76)

Mort pour la France : 28/02/1944 à Mauthausen

Parcours dans la résistance :
 

Né au Havre le 15 mai 1917, fils de Yves Brousse et Augustine née Jeanne, métallurgiste ou agent SNCF domicilié à Brest, Robert François BROUSSE est l'unique Havrais identifié au sein du réseau Marc-France.

Ce réseau qui dépendait du gouvernement belge fut créé en 1942 par Pierre Moreau. Il opérait la recherche du renseignement ferroviaire et aéronautique et le sabotage de sous-marins, de moteurs, de batteries côtières et de voies ferrées. La Normandie et Le Havre figurent parmi ses zones d'implantation ; il compta 86 membres.

Robert BROUSSE, célibataire, réfractaire au S.T.O, était domicilié à Brest, 5 venelle Forestou Izella. Il rejoignit le réseau Marc-France le 1er octobre 1942 en tant qu’agent occasionnel et fut recruté comme agent de liaison du secteur Normandie et courrier entre ce secteur et Paris.

Rapport du chef du réseau Marc France, Pierre Moreau sur Robert Brousse, agent « VNE 88 » :
« A la suite d’un renseignement délivré par Guillard, agent « VNE 72 », Monsieur Brousse a rejoint le service Marc. Il manifesta son désir de rejoindre l’Angleterre, mais soucieux de la sauvegarde du réseau, je renvoyais Brousse à Rennes avec une fin de non-recevoir. Après un enquête effectuée sur place à Rennes, je me rendis compte que je pouvais compter parmi nos agents Brousse et il fut engagé pour effectuer le courrier, c’est-à-dire assurer la liaison Saint Brieuc, Saint Malo, Rennes, Le Mans, Paris puis, conduire à la limite de la zone occupée, auprès de l’agent « VN E 3 » , courriers secrets et agents à évacuer venant de Belgique. Il effectuait ce voyage le lendemain de son arrivée de Rennes, sur Nevers, Moulins et Paray-le-Monial. Dans les villes indiquées, il avait des rapports avec les agents de service qui l’attendaient à la gare pour leur remettre mes instructions et remettre leurs renseignements.
Brousse n’a jamais failli à son devoir et a exécuté toutes les missions que je lui ai confiées. Arrêté le 10 mars 1943 venant de Rennes*, il fut donné par Boby, agent de liaison belge, assurant depuis peu la liaison Bruxelles-Paris. Arrêté, il eut une conduite exemplaire malgré les tortures que nous avons subi., a su comprendre ce qu’il fallait dire et garder secret.
Brousse a été torturé en même temps que moi, la Gestapo sachant que nous étions les seuls à pouvoir la renseigner sur les détails du service. Mis en présence de certains agents, a nié les connaitre.
Transféré à Sarrebruck puis à Mauthausen, il est envoyé en commando à Vienne, il est mort de privations et de fatigue.
En ma qualité de chef de réseau, je puis affirmer que Brousse mérite une mention spéciale par suite de son courage et de son sang-froid qu’il a toujours eus ».

Courrier de Pierre Moreau à la sœur de Robert le 30 octobre 1945 : « Robert a été arrêté lors de l’arrivée de sa mission en Ille-et-Vilaine (35), j’ai été témoin de son arrestation. Le même soir, quatre personnes du réseau ont été arrêtées : moi-même, Bonzic, Bedouet et votre frère. Moi et Bonzic sommes vivants, Bedouet et votre frère sont décédés.
Aucun avocat ni aumônier n’a été à votre frère qui, par ailleurs n’a pas été jugé.
Robert a été au secret à Fresnes pendant six mois, comme moi-même ».

Robert Brousse avait été arrêté le 10 mars 1943 au domicile de son chef, 5 rue Edmond Roger à Paris. Après son internement à Fresnes, il est déporté le 6 septembre 1943 à Sarrebruck-Bremen, puis transféré le 17 septembre 1943 au KL Mauthausen (matricule 35123) et envoyé au kommando de Vienne le 19 septembre 1943.

Bien que son acte de naissance, de même que son dossier de déporté à Caen, indiquent que Robert BROUSSE est Mort pour la France le 10 avril 1944 à Vienne (Autriche), la BDDM et le site Monument-Mauthausen avancent la date du 28 février 1944 à Mauthausen (voir aussi fiche Arolsen).

Robert BROUSSE a été homologué avec le statut de membre des FFC, chargé de mission de 3e classe et la qualité d’agent P2 à compter de son arrestation et le grade d’assimilation de sous-lieutenant FFC. Il a été homologué DIR.

Distinctions à titre posthume : Médaille de la Résistance française à titre posthume (1946). Croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold II avec palme (1951), avec palme, Croix de guerre 1940 avec palme, Médaille belge commémorative de la Guerre 39-45 à titre posthume.
Citation : « se consacra tout entier au sein d’un service de Renseignement et d’Action à la lutte opiniâtre contre l’ennemi et remplit brillamment les missions dangereuses qui lui furent confiées ».

Rédacteur : Florence Roumeguère

Documents annexés : Col. Arolsen archives - pièces du dossier AC 21 p (D. Fouache) dont témoignage manuscrit de Pierre Moreau, chef du réseau Marc-France (AC 21 P) - Plaque commémorative du réseau Marc France située 5, rue Edmond-Roger, Paris XVe 

Monument-Mauthausen

Musée de la Résistance en ligne

Plaque commémorative à Rennes Musée de la Résistance en ligne

base Leonore


Décorations : 
Légion d'honneurMédaille de la résistance

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 93201
Caen:  AC 21 P 718397

Archives du collectif : 
AC 21 P 718397 (D. Fouache) - Liste 76 des Médaillés de la résistance (M. Baldenweck)


Crédit Photo de la notice :  © Col. Arolsen archives


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Fiche mise à jour le:  09/10/2024

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