Nom et Prénom(s)BERVOAS Jean Claude
NomBERVOAS
PrénomJean Claude
Chronologie1944
Statut- DIR
FTP
Groupes
Réseaux
UNITÉS FFL
Mouvements
BOA
Zones d'actionBretagne
Date de naissance18/12/1926
CommuneLe Havre
Département / Pays76
LieuLe Havre - 76
Mort pour la France
Parcours dans la résistance
Né le 18 décembre 1926 au Havre, Jean Claude BERVOAS domicilié a Morlaix, rue du Creach joly, apprenti mécanicien fut arrêté à Morlaix, comme otage suite à un attentat commis par les FTP contre un foyer de soldat allemand (soldatheim) le 24 décembre 1944.
Une gigantesque rafle aura lieu deux jours plus tard dans le centre de Morlaix qui conduira à l’arrestation de 600 personnes qui seront triés pour arriver au nombre de 60 otages.
Les causes de la rafle
Il y a plusieurs raisons à l’origine de cette rafle, tout d’abord, le bombardement du viaduc qui entraina la mort de 80 civils dont 40 morts, la seconde raison est un attentat commis contre l’armée allemande.
Le vendredi 24 décembre 1943, vers 20 heures un inconnu lance une grenade contre le soldatenheim, installé rue de Brest ou de nombreux militaires sont réunis à l’occasion du réveillon. La grenade traverse la verrière et explose faisant 17 blessés dont un grièvement.
Dès l’attentat connu, la feldgendarmerie demande au commissariat d’assurer un service d’ordre de 21 heures à 8 heures. L’attentat est l’œuvre d’un membre des « groupes de brulots » des FTPF, ce sont des groupes qui viennent d’une autre région, frappent l’ennemi et reparte dans leur région d’origine, ils sont principalement constitués des éléments des « bataillons de la jeunesse », organisation crée par le PCF.
Deux jours plus tard, le dimanche 26 décembre, la ville est investie par des soldats et des policiers allemands, sous les ordres du capitaine Kruger de la gestapo de Rennes. Les troupes placées sous ses ordres, barrent les rues et procèdent à des perquisitions et des arrestations. Les soldats se font ouvrir les portes à coup de crosse et de coups de bottes. Tous les hommes âgés de 16 à 40 ans sont sortis de chez eux et conduits sur la place, une maison est incendiée et ses occupants sont arrêtés.
Ce sont près de 600 hommes qui sont rassemblés sous la garde de soldats armés de fusils baïonnette au canon et de pistolets mitrailleurs. L’officier de la Gestapo, les fit passer un par un devant lui et les divisa en trois groupes : A droite ceux qui allaient être libérés, à gauche les otages, et au milieu ceux qui étaient tenus en réserve comme otage.
Finalement 60 otages, seront retenus, dont Jean Claude Bervoas.
Les otages furent emmenés au camp d’aviation de Ploujean.
Des démarches furent entreprises par la préfecture et les familles des otages sans succès.
Jean Claude Bervoas, et ses codétenus furent envoyés au camp de Compiègne du 3 au 22 janvier 1944.. Il y est enregistré avec le numéro matricule 22710.
Le transport en déportation vers Buchenwald
Jean-Claude Bervoas connut le transport dans des conditions épouvantables vers le camp de concentration de Buchenwald. Le 22 janvier 1944, il est entassé avec les autres otages venant de Morlaix à 100 -120 par wagon.
Un de ses compagnons de détention témoigne : « Nous ne pouvions pas nous asseoir, et certains sont morts dans le wagon. Suite à des évasions, le train s’arrêta à Treves, et les SS s’en aperçurent, ils forcèrent sous la menace de leurs armes les détenus à se déshabiller intégralement, et ce par un froid glacial, ils tuèrent une dizaine de personnes qu’ils laissèrent parmi nous dans le wagon ».
Pendant 24 heures Jean Claude Bervoas et ses compagnons durent se tenir debout sans avoir la possibilité de s’asseoir, certains deviendront fous. Les déportés sont accueillis, nus, par un froid glacial par des SS, matraques à la main, à la descente du train, les hommes sont frappés, mordus par chiens, injuriés puis dirigés dans vers le camp dont la grille porte l‘inscription « A chacun son du ».
Les otages venant de Morlaix sont mis en quarantaine de fin janvier 1944 à la mi-février 1944. Ils seront soumis à une surveillance soutenue et sous le joug des brimades des SS, comme par exemple d’être obligés pour l’ensemble des détenus de sortir de leurs baraques torses nus dans la nuit, dans la neige, ils seront également vaccinés avec une seule seringue pour 600 hommes.
Sur les 60 otages partis de Morlaix, 6 ont parvenu à s’évader pendant le transport de Compiègne à Buchenwald, sur les 54 restant, dix-sept demeurent à Buchenwald, sept sont transférés à Mittelbau Dora, vingt-six à Flossenburg, quatre dans d’autres lieux. 32 trouveront la mort en déportation.
Jean Claude Bervoas (matricule 42442 à Buchenwald) resta à Buchenwald et fut utilisé comme main d’œuvre pour l’industrie du Reich, et ce de 4 heures heure du réveil jusqu’à 18 heures et il subit l’appel, au garde - à-vous pendant plusieurs heures dans le froid et la neige.
Il ne sera libéré que le 6 mai 1945 et fut rapatrié très malade le 24 mai 1945. Il décède des suites des maltraitances subis à Buchenwald le 6 ou le 8 mars 1946 à l’âge de 19 ans 3 mois et 19 jours
Il a reçu le statut de Déporté politique.
Rédacteur : David Fouache
Documents annexés : Pièces du Dossier AC 21P - Photographies de plaques comméoratives (Ville de Morlaix) Pièces des archives Arolsen














