Nom et Prénom(s)L'HEVEDER Roger
NomL'HEVEDER
PrénomRoger
Chronologie1940
Statut- FFI
- DIR
FTP- FTP
Groupes
Réseaux
UNITÉS FFL
Mouvements
BOA
Zones d'actionLe Havre
Date de naissance26/03/1914
CommuneLe Havre
Département / Pays76
LieuLe Havre - 76
Mort pour la France14/02/1942 fusillé en forêt de Compiègne (60)
Parcours dans la résistance
Roger L'HEVEDER, fils de François L’Hévéder et de Maria Le Roux, est né le 26 mars 1914 au Havre. Marin mécanicien, il était dans les années Trente chef de cellule du parti communiste sur les navires de la Compagnie générale Transatlantique. Il fut embarqué sur les bateaux de la Compagnie France-Navigation et fut volontaire durant 21 mois dans les rangs Républicains durant la guerre d’Espagne.
Il était à l’automne 1940 logé chez sa mère, 18 rue Bellot et était alors employé dans un débit de boisson-restaurant « A l’Abri du coup de vent ».
A cette époque, le parti communiste, illégal depuis plus d’un an, se réorganisait, sous occupation étrangère, autour d’éléments jeunes, ouvriers et instituteurs mais aussi d’anciens des brigades et de marins de France-Navigation. L’activité principale consistait à imprimer et à diffuser au Havre journaux et tracts clandestins.
Le 7 décembre 1940, à la suite d’une première perquisition de la police française qui n’avait rien donné, le commissaire de police du quartier de L’Eure revint au domicile de Roger L’Hévéder et constata sa « détention d’imprimés communistes récents » (L’Humanité clandestine), et la « découverte de six rames de mille feuilles blanches destinées à l’imprimerie ».
Louis Eudier indique « Nous sommes convaincus que c’est lui (le commissaire de police du quartier de L’Eure) qui les avait placés dans la cave de L’Hévéder ». Ce dernier lui-même témoigna à Compiègne qu’il n’existait aucun indice possible à son domicile.
Arrêté sur le champ par la police française, L'HEVEDER fut condamné à un an de prison qu’il effectua au début à la maison d’arrêt du Havre.
Sa peine le rendait libérable au mois de décembre 1941 mais la lettre du commissariat central citée plus haut indiquait au préfet :« pour toutes ces raisons, la libération de L’Hévéder n’est pas souhaitable actuellement ».
Il fut transféré à la prison de Rouen puis livré plusieurs mois après aux autorités allemandes qui le transférèrent le 12 janvier 1942 au Front-Stalag de Compiègne-Royallieu.
Louis Eudier témoigne qu’à Compiègne, "L’Hévéder faisait partie de l’équipe qui faisait du chant et du théâtre dans le camp. Il était en train de répéter son numéro quand les SS l’appelèrent et lui dirent qu’il allait passer la nuit dans la baraque des condamnés à mort. Il eut 24 heures pour écrire à sa famille." Il a été fusillé comme otage au champ de tir des Beaux-Monts dans la forêt de Compiègne le 14 février 1942.
Cette exécution était intervenue en représailles à des attentats commis dans la région normande, notamment celui d’Elbeuf le 21 janvier 1942 contre un soldat allemand,
Au cours de l’année 1942, quinze hommes du camp de Compiègne furent ainsi fusillés comme otages dans des endroits parfois éloignés du centre de Compiègne. Le bruit des fusillades risquant d’affoler les populations et les internés du Front stalag 122, on inhuma les victimes dans plusieurs cimetières de villages dispersés.
Ainsi Roger L'HEVEDER fut inhumé anonymement avec Jacques Samson au village de Lacroix-Saint-Ouen".
Roger LHEVEDER a été homologué FFI.
Mémoire : son nom est inscrit sur le Monument Résistance et déportation - Rue L'Heveder à proximité du port et du bassin Bellot au Havre et sur le monument commémoratif 1939-1945 du Parti communiste français à Rouen.
Nota : compte tenu de l'arrestation de Roger L'HEVEDER en décembre 1940, son appartenance au FTP en octobre 1941 (Détachement FTP du Havre : membre du 3e groupe de Ernest Derrien) selon l'Anacr, est erronée.
Document annexé : plaque de rue (F. Tocqueville)
Biographie Jean Paul Nicolas, Maitron
Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie
