Nom et Prénom(s)GENTIL Michel André Louis
NomGENTIL
PrénomMichel André Louis
Chronologie1944
Statut- FFI
FTP
Groupes- France Avant Tout
- Sappey
Réseaux
UNITÉS FFL
Mouvements
BOA
Zones d'actionLe Havre
Date de naissance18/04/1923
CommuneSaint-Vigor-d'Ymonville
Département / Pays76
LieuSaint-Vigor-d'Ymonville - 76
Mort pour la France11/09/1944 dans les combats de la Libération du Havre
Parcours dans la résistance
Né le 18 avril 1923 à Saint-Vigor-d'Ymonville (76), Michel André Louis GENTIL était membre du Groupe Sappey de Mirebel. et rejoignit le Groupe France Avant Tout en juillet 1944 en tant que chef de groupe.
Il est décédé le 11 septembre 1944 dans les combats de la Libération du Havre, lors du dégagement des rues descendant vers le Rond-Point et la rue de Trigauville.
Témoignage de Louise Grancher : " Le 11 septembre, les membres du réseau sont regroupés dans l'Hôtel du Cheval Bai , 176 rue Maréchal Joffre, y attendant les ordres d'intervention (...) Plus tard, ordre est donné par le chef du réseau (M. Loisel) de monter au-devant des troupes alliées, place Sainte-Cécile.
Auparavant, Michel GENTIL lui donne sa montre et la charge de la remettre à sa fiancée, avant de partir au combat rue de Trigauville, devant l'hôpital allemand. Grièvement blessé, il sera déposé dans le lit de Pierre Courant (le maire avait établi son PC au couvent des Carmélites situé à quelques pas). et soigné par une infirmière. Transféré, il mourra un peu plus tard".
Témoignage du Maire du Havre, Pierre Courant :
" Vers dix-huit heures, revenus au poste de commandement du secteur Nord, nous entendons une fusillade sur le plateau derrière nous. J'entre dans le couvent et monte en haut de l'immeuble. Du grenier, j'aperçois trois F. F. I. qui, en ligne de tirailleurs, descendent lentement la pente dans l'intérieur même de la propriété. J'annonce la nouvelle et c'est déjà autour de moi une grande joie. La libération tant attendue depuis quatre ans, tant espérée depuis dix jours de souffrances, serait-elle dans quelques instants une réalité ?
La fusillade s'arrête derrière nous mais elle reprend par devant.
De la porte au Sud du jardin, nous apercevons la rue de Trigauville dans laquelle sifflent les balles et sur la gauche à une vingtaine de mètres, en haut de l'escalier qui mène à la rue de la Cité-Havraise, deux corps étendus. L'un est immobile, l'autre s'agite encore. Ces deux jeunes et courageux garçons se sont lancés armés seulement de mitraillettes à l'assaut du blockhaus allemand et ont été fauchés par les balles.
L'un de mes collègues et Garnier, architecte de la Ville, qui est très robuste, s'élancent et ramènent le blessé. Nous le déposons sur mon lit, ma chambre se trouvant proche de l'entrée.
Le pauvre garçon a une blessure au ventre qui a dû amener une perforation de l'intestin. Il souffre et il a du sang dans la bouche.
Il me reconnaît. De façon touchante, il me dit : "Pardon, Monsieur le Maire, d'avoir quitté la défense passive." Je l'embrasse. "Tu sais bien que je t'aurais félicité d'aller faire ton devoir. Toi comme moi nous attendions cette heure-là depuis quatre ans."
Il me répond, le visage crispé par la douleur : "Il y a dix jours que je n'ai pas fermé l'oeil en attendant de passer à l'action." Il me parle de sa situation, me confie son argent, ses papiers et me fait quelques recommandations, puis il semble perdre un peu connaissance.
Un instant après, il ouvre les yeux : "C'est vrai, Monsieur le Maire, que je suis couché dans votre lit ? Je suis content d'être dans votre lit." Puis, de nouveau, la souffrance reprend le dessus.
J'ai dû le quitter pour répondre à d'autres devoirs impérieux. Une Soeur Carmélite, ancienne infirmière de Verdun et qui accompagnait les fusillés de Fresnes pendant cette guerre, l'a admirablement soigné, puis quatre de mes collègues l'ont porté au péril de leur vie dans un hôpital voisin. Il est mort quelques instant après ; sa blessure ne laissait pas d'espoir de guérison. Il s'appelait Gentil. C'était un vaillant garçon, qui s'était dévoué dans la défense passive. Il était aimé de ses camarades.
Il est mort en héros' .
Source : Le Havre 5 années d'occupation en images, Jean-Paul et Jean-Claude Dubosq, Berthout éd. 1998, page 606.
Michel GENTIL a été inhumé dans le carré militaire du Souvenir Français, au cimetière Sainte-Marie (4e Division, Section : 2 rangée B tombe 12).
Il a été homologué FFI.
Mémoire : son nom est inscrit sur le Monument Résistance et déportation - Rue Michel Gentil - Plaque 69 cité havraise, quartier Sainte Marie au Havre
Documents annexés : Plaque commémorative (François Tocqueville) - Sépulture au cimetière Sainte Marie (S. Prentout) - plaque de rue (François Tocqueville) - Etat-civil (S. Baudouin)
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Hommage à Michel Gentil et Charles Auvray (Témoignage de Pierre Courant) sur le blog de Damien Patard "Le Havre d'avant"



