Nom et Prénom(s)BOUIN Alfred Jean

NomBOUIN

PrénomAlfred Jean

Chronologie1941

Statut
  • RIF
  • FFC
  • DIR
  • HELPER

FTP

Groupes
  • GRG-Morpain

Réseaux

UNITÉS FFL

Mouvements

BOA

Zones d'actionLe Havre

Date de naissance13/06/1884

CommuneMarcq en Baroeul

Département / Pays59

LieuMarcq en Baroeul - 59

Mort pour la France

Parcours dans la résistance

Alfred Jean BOUIN alias Jean, est né le 13 juin 1884 à Marck (61).

Il  est tourneur sur métaux lorsqu'il est mobilisé durant la  Grande Guerre. Il se marie à Yvonne Patard au Havre en 1917. Démobilisé en 1919, il reprend son métier de métallurgiste et en 1922, il  ouvre un magasin de cycles.

Il réside toujours au Havre en 1934, et, en tant que militaire de réserve, il est mobilisé en 1939 aux usines d'Harfleur (établissement Schneider) comme tourneur sur métaux spécialiste.

En 1941, il réside 130 rue Jules Lecesne au Havre et a fermé son magasin de cycles  pour ne pas travailler au service des Allemands. Au chômage, il utilise sa voiture comme taxi.

A l'automne 1940 , il fait partie des membres fondateurs du Groupe Morpain  en tant que sous-chef de groupe, il assiste René Bazille sur le secteur Saint-François.
Sous la houlette de Gérard Morpain, il fut l'artisan du contact avec Londres sous le nom de "convention Lahire".

Son témoignage sur ses activités a pu être relevé dans son dossier de demande de Carte du Combattant Volontaire dans la Résistance (Archives départementales de Seine Maritime) :

"L'an 1940, j'entrai en formation dans la Résistance. Commerçant en cycles, je fermai mon magasin aux Allemands fin 1940 et j'entrai dans le Groupe L'Heure H le 30 avril 1941. (...) à une réunion (30 avril 1941), je demandai que me soit confié le transport de 4 aviateurs anglais, mission que j'ai remplie avec succès (6 mai 1941) puisque les aviateurs étaient rentrés en Angleterre le 5 juin 1941".  (La date exacte semble être le 19 et non le 30  avril selon les informations de  Brigitte Garin)

Ces Britanniques, abandonnés à Paris par Edmond Godefroy, auquel Gérard Morpain avait fait confiance pour les exfiltrer, étaient revenus au Havre. Le 19 avril , au cours d'une réunion organisée par René Bazille, Jean Bouin accepte de convoyer les Britanniques par Paris jusqu'à Orthez (Basses-Pyrénées), où il  rétribue un guide pour leur passage en Espagne.

Jean Bouin : "A la suite d'une autre opération dont l'organisation était ébauchée, (passage en zone libre d'un anglais) je fus arrêté le 5 juin 1941 (par la Gestapo, rue de Metz) par suite de guet-apens lors du rendez-vous organisé par un camarade".

L’affaire du faux « Anglais » : fin mai 1941, Jean Autret apprend qu’un Anglais est caché chez Madame Sitar 17 rue de Metz au Havre. Jean Autret en informe  Pierre Gamas, qui lui-même  se met en relation avec Jacques Dubosc et René Bazille. Ces derniers se rendent rue de Metz mais trouvent porte close. En se renseignant dans un café proche, ils apprennent que "l’anglais" est un individu louche qui est en relation avec la kommandantur. Ils en informent Pierre Gamas qui avertit Madame Sitar. Mais, entre-temps sollicité, Jean Bouin a accepté  d'exfiltrer l’Anglais. En réalité, Madame Sitar avait monté un guet-apens avec la Gestapo et elle convoque alors le 4 juin 1941,  une réunion à son domicile avec Jean Autret, Jean Bouin, Pierre Letourneur, les frères Pierre et Jean-Claude Gamas. (B. Garin).

Attestation de Denise Coquin (AC 21 P) : « la femme leur présenta l’Anglais et la conversation s’engagea, mais au bout de quelques minutes, la Gestapo se présenta à la porte et arrêta tout le monde. (Peter Ackermann, chef de la Gestapo du Havre).

Ils subissent un premier interrogatoire musclé au siège de la Gestapo, et sont internés le lendemain à la prison du Havre.

Denise Coquin : Je fus arrêtée deux jours plus tard après mes amis et les rejoignis en prison au Havre  où je pus constater que Monsieur Bouin était particulièrement mal traité ».

Jean Bouin est arrêté par les autorités allemandes pour  « hébergement d'ennemis ou aide, assistance et moyens d'évasion à quatre militaires britanniques ».

Il fut interné deux mois dans les prisons du Havre  avant son transfert  avec 25 co-accusés du groupe Morpain, et interné à la prison de la Santé à Paris puis celle de Fresnes.  Après avoir reconnu sa participation dans l'affaire des Anglais, il est  condamné le 14 décembre 1941 à cinq années de travaux forcés en Allemagne pour « passage de soldats alliés en Zone libre » par la Cour martiale, le tribunal militaire allemand du Gross-Paris (siégeant à l’hôtel Continental). Dans l'attente de sa déportation, il est détenu au secret à Fresnes, avec l'interdiction de toute visite ou d'échange de courrier avec sa famille.

Six mois plus tard, il est déporté avec le statut NN (Nacht und Nebel) le 15 juin 1942 et passe par les prisons de Karlsruhe, Rheinbach le 23 juin 1942 (prison pour les peines de travaux forcés située au sud-ouest de Bonn), Siegburg le 23 juillet 1942 (située près de Bonn, prison d'application des peines de Zuchthaus pour les personnes condamnées en France et pour les NN jugés à Cologne et prison de passage entre Cologne et la forteresse de Sonnenburg).

Le 12 août 1942, Alfred Bouin revient à la prison de Rheinbach et est transféré le 17 septembre 1942 à celle de Sonneburg (Slonsk en polonais, prison d'application des peines de travaux forcés pour les hommes déportés NN, située près de Francfort-sur-Oder).

Alfred Bouin est transféré ensuite au KL Sachsenhausen (matricule 117195) où il sera libéré par les Russes le 22 ou le 24 avril 1945 mais doit demeurer sur place une dizaine de jours avant d'être finalement rapatrié malade au Havre par Nancy, le 3 juin 1945.

Selon son témoignage, il est "opéré d'une glande tuberculeuse au cou ; fracture de la cheville pour refus de travail, coups sur la tête m'occasionnant des troubles ; les deux poumons marbrés et mal de Pett opéré le 30 novembre 1945, alité depuis".

Le 11 mars 1947, le général de Division Chevillon, commandant la 2e région militaire, cite Alfred Bouin à l'ordre de la Brigade, ce qui lui conféra la Croix de Guerre avec Etoile de bronze.

Alfred Bouin résidera place Georges Vavasseur au Havre jusqu'à son décès.

Il a été homologué RIF - FFC - DIR.

Distinctions : Chevalier de la Légion d'honneur (1957) - Croix de Guerre avec étoile de bronze (1947).

Lorsqu’Alfred Bouin fut fait chevalier de la Légion d'honneur, l’allocution fut prononcée par Jacques Hamon, ancien du Groupe Morpain et de l'Heure H.

Alfred BOUIN est décédé le 30 août 1983 au Havre et a été inhumé au cimetière Nord, Division : 26 Rang : P Emplacement : 23 (expiré depuis le 09/05/2013).

Variante d'état civil relevée dans les sources : prénoms Alfred Victor (archives municipales).

Rédaction : Délégation FFL du Havre, avec le concours des personnes suivantes :

David Fouache et Madame Brigitte Garin (cf bibliographie)

Mme L. Van Dorpe dont Alfred Bouin était l'oncle de son grand-père, qui a réuni des témoignages ainsi qu'un nombre important d’informations à travers les archives (archives municipales du Havre, FNDIRP, dossiers de déporté à Rheinbach, Karlsruhe, et Siegburg) .

Madame Delphine Leneveu, ingénieur d'études CNRS au CRHQ à l'université de Caen, nous a communiqué les références de ses différents dossiers d'interné résistant déporté et de Helper :
SHD Vincennes : 16P79055
Arch. Dép de Seine-Maritime : 3868W13 (dossier carte CVR)
Arch. Mun. du Havre : 517W9
Arch. Britanniques de Kew : Registre des Helpers WO 5465 à 5474

Madame Marie-Christine Hubert, Chef du service des archives orales et de la gestion des fonds - Recherches sur les fonds de la Seconde guerre mondiale aux Archives départementales de Seine Maritime, nous a communiqué le dossier de demande de carte CVR renseigné par Alfred BOUIN (cote 3868W13).

Documents annexés : portrait d'Alfred Bouin (GR 16 P 79055) - Sépulture (S. Prentout) - Pièces du dossier AC 21 P (David Fouache) - Jean Bouin et son épouse Yvonne dans les années 80 (Odette Bouin, belle-fille de Jean Bouin) - Papier a en tête du magasin de cycles de Jean Bouin en 1926 (Tracy Van Dorpe) - l'Hôtel Continental à Paris au moment de la Libération (Paris-musée.org) - portrait Alfred Bouin (cvr Adsm, David Fouache)

Helper Nil Grade 5 

Base Lenore 

Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie

 

SHD VincennesGR 16 P 79055

SHD CaenAC 21 P 717516

Archives 76

Carte CVR

Archives du collectifGR 16 P 79055 (Délégation FFL Le Havre) - AC 21 P 717516 (D. Fouache ) - Archives L'Heure H (B. Garin)

Archives municipalesCote 517W9 - Cote 94Z155 - Les résistants de l'ombre GUE099

Biographie 1

Biographie 2

Liens divers

Photothèque / Documents annexes

Crédit

Mise à jour06/11/2021

BibliographieUne famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020 - « Jacques Hamon résistant havrais et défenseur de l'Art », Brigitte Garin et Moira Hamon, éditions Les Choucas 2024.

DécorationsChevalier de la Légion d'honneur

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