Nom et Prénom(s)BAILLARD Théodore Judes Ines
NomBAILLARD
PrénomThéodore Judes Ines
Chronologie1940
Statut- DIR
FTP
Groupes- GRG-Morpain
Réseaux
UNITÉS FFL
Mouvements
BOA
Zones d'actionLe Havre
Date de naissance20/10/1907
CommuneRivière Salée
Département / PaysMartinique
LieuRivière Salée - Martinique
Mort pour la France
Parcours dans la résistance
Théodore Jules Ines BAILLARD, alias Théo, fils de Antoine Baillard et de Laurence Victoire son épouse, est né le 20 octobre 1907 à la Rivière Salée en Martinique.
Docker, il était membre de la Défense passive au Havre pendant la guerre, et résidait 14 (ou 57) Quai de Lamblardie.
Il œuvre dès 1940 au sein du Groupe Morpain sous les ordres de Charles Loisel.
En 1941, il participe à l'exfiltration de quatre aviateurs britanniques tombés à Pierrefiques à 5 kilomètres au sud d'Etretat qui avaient été cachés chez Monsieur Bosker à Etretat avant d’être pris en charge par le groupe Morpain et logés au Havre dans l’attente d’un départ. René Bazille et Jacques Dubosc vont alors solliciter l’aide d’Edmond Godefroy qui s’était présenté à eux comme un agent de renseignement anglais et qui va accepter de les escorter jusqu’à Paris. Théodore Baillard qui connait une adresse pour les loger à Paris, accepte également de les accompagner.
Le départ a lieu le 8 avril 1941, mais au cours de leur séjour, Edmond Godefroy recherche sans succès le moyen de faire tamponner les fausses cartes d’identité des Anglais. Il émet alors l’idée de remettre les britanniques à la police allemande… provoquant la colère de Théo Baillard. Edmond Godefroy les conduit à la Bastille, Théo regagnant de son côté le Havre comme prévu. Il prévient aussitôt René Bazille de ses doutes concernant Edmond Godefroy.
Ce dernier revient au Havre en déclarant avoir trouvé le moyen de faire passer les Anglais en zone libre. Mais dix jours plus tard, les quatre hommes reparaissent au Havre, déclarant avoir été abandonnés par Edmond Godefroy. Ils seront finalement accompagnés par Alfred Bouin et regagneront effectivement l’Angleterre.
A partir du 4 juin 1941, la Gestapo lance au Havre une série d'arrestations au sein du groupe. Le 16 juin 1941, René Bazille est interpellé au Havre à la suite d’un guet-apens tendu aux membres du groupe Morpain par la Gestapo dans une autre affaire, celle d’un pseudo agent anglais. Torturé à plusieurs reprises, René Bazille finit par donner le nom d’Edmond Godefroy comme unique contact d’une filière d’évasion vers l’Espagne. Ce dernier est arrêté, provoquant l’arrestation en chaine des patriotes impliqués dans le sauvetage des quatre Britanniques de Pierrefiques, ou dénoncés pour espionnage par Edmond Godefroy.
Le 26 juin 1941, Théo Baillard est appréhendé Place du marché et rejoint ses camarades internés à la prison du Havre dont Gérard Morpain, Georges Piat, Aldric Crevel et Alfred Bouin.
Théo Baillard est ensuite transféré le 28 août à la prison de la Santé jusqu’à son procès qui se tient le 14 décembre 1941 à la cour martiale allemande de Paris siégeant à l’Hôtel Continental, en même temps que celui de 13 autres prévenus du groupe Morpain. Il fait partie de trois des accusés qui furent relâchés au bénéfice du doute, avec Jacques Hamon et Maurice Houllemare.
Selon le témoignage de Jacques Hamon (AC 21 P), « la raison de cette relaxe fut motivée par les déclarations de Baillard au cours des interrogatoires, qui fit admettre qu’il avait convoyé les quatre anglais à Paris quand en fait, il lui avait été déclaré qu’il s’agissait de quatre américains désirant rejoindre leur pays avant l’entrée en guerre des Etats-Unis avec l’Allemagne ».
Le 1er décembre 1941, Roskothen convoque Théo Baillard et lui signifie qu’il consent à le libérer provisoirement, à la condition de trouver un logement à Paris et se présenter chaque jour au procès en cours.
Le 15 décembre 1941, Théo Baillard est remis en liberté puis connait une déportation administrative à Montsurs en Mayenne du 27 avril 1942 à mars 1943, avant de revenir au Havre et de travailler au service du déminage et de reprendre ses activités dans la Résistance (source : B. Garin, AC 21 P).
Théodore Baillard fut affilié au réseau Hamlet Buckmaster en tant qu'agent P1.
Il a été homologué DIR (interné résistant).
Il est décédé le 11 novembre 1981 au Havre. Ses cendres ont été dispersées au jardin du souvenir du Cimetière Nord.
Rédacteur : F. Roumeguère, d'après B. Garin et dossier AC 21 P.
Documents annexés : Pièces du dossier AC21 P de Théo Baillard (D. Fouache)







