Annuaire des Havrais en Résistance(s)

© Yves Chanier, Amicale du réseau CND Castille
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THIERRY-MIEG épouse Adida, Claude Antoinette Emma

Chronologie : 1941

Statut : 
  • FFL
  • FFC
Réseaux : 
  • Agent du BCRA
  • CENTURIE
  • CND CASTILLE
Mouvements : 
  • OCM
Unité FFL : 
  • Résistance Intérieure
Zones d'action: Le Havre , Londres

Date de naissance: 21/08/1917  à Paris (75)

Parcours dans la résistance :
 

Née à Paris le 21 aout 1917, Claude THIERRY-MIEG, épouse Adida, alias Janine Vaudreuil, était la fille de Gustave Thierry-Mieg et son épouse Marcelle Hervey. Elle est la la sœur du "capitaine Vaudreuil" (François Thierry-Mieg), un des principaux adjoints du colonel Passy.

Alors célibataire, externe des hôpitaux et hospices civils de Paris, Claude Thierry-Mieg est en septembre 1939 attachée en qualité d’interne en chirurgie à l’hôpital Saint Louis. Elle est du nombre des quelques internes et externes de cet hôpital, restés à leur poste lors de l’exode de juin 1940.
Elle commence dès l’Armistice à faire de la propagande gaulliste et à diffuser des tracts.

En septembre 1942, contactée par un officier aviateur, Roger Hérissé, elle accepte sa proposition, d’entrer dans le Réseau de résistance C.N.D. Elle est enregistrée à Londres sous le matricule 989 419 et entre à l'agence du Havre du réseau CND en novembre 1942 comme agent de renseignement P2 avec le grade de lieutenant.

Fondé en septembre 1940, Confrérie Notre Dame fut l'un des tout premiers réseaux de renseignement des services secrets de la France Libre à Londres (BCRA), créé par Gilbert Renault, alias « colonel Rémy ». Le réseau s'implanta d'abord dans la France de l'Ouest (Nantes) et recrute des informateurs de qualité dans les ports de l'Atlantique (Bordeaux, Brest, Le Havre) avant de couvrir toute la zone occupée. Ses missions portaient sur le recueil de renseignement de tous ordres et sur le Mur de l'Atlantique en particulier. Il prend le nom de Confrérie Notre Dame de Castille en novembre 1943.

Au printemps 1943, elle prend un poste fixe à Fécamp et monte un secteur de renseignements. Des rapports sont acheminés chaque semaine à Paris sur les défenses côtières du Havre à Dieppe, les aérodromes de Bléville, Saint Valéry, Rouen, les installations allemandes de repérage au son, les travaux sur les futurs emplacements de V1. A la demande des Anglais, elle fait quelques prospections sur les installations de Base Seine et des environs de Rouen.
Elle héberge des agents de son réseau et des aviateurs, ce qui conduit à l’arrestation de sa mère en juin 1943, qui est déportée et décédera à Ravensbrück en mai 1945.

En novembre 1943, après la fin du Réseau C.N.D., décimé par des arrestations massives, Claude Thierry-Mieg, qui y a échappé, reprend rapidement contact avec Londres avec trois ou quatre rescapés, et abrite ses amis dans sa famille à la campagne.

Au lieu de partir en Angleterre comme initialement prévu, elle est affectée au service du chiffre à un autre réseau. Son dossier GR 16 P mentionne le réseau d’évasion Comète en tant qu’agent occasionnel (1943) et le réseau Gallia (mars 1944).

En mai et juin, elle accomplit plusieurs liaisons difficiles et dangereuses. Elle effectue ainsi une liaison Châteauroux-Paris, à bicyclette et en camion, pour rapporter le courrier.

Fin juillet 1944, surviennent de nouvelles arrestations. Elle échappe par deux fois à la Gestapo qui arrive trop tard à son domicile. Revenue à Châteauroux pour rendre compte de sa mission set signaler l’emplacement de 17 millions qui lui ont été confiés.

Elle reçoit alors l’ordre de quitter la France et gagne Londres dans la nuit du 4 au 5 août 1944 à bord d’un avion Lysander piloté par un officier anglais spécialiste de ces missions. Les Lysander étaient de petits avions à hélice qui traversaient la Manche à basse altitude et atterrissaient en zone rurale en France.

Arrivée à Londres en août 1944, Claude Thierry-Mieg fut affectée par la France libre au B.C.R.A. où elle servit jusqu’à la libération de la France.
Elle est promue en septembre 1944 au grade de Capitaine, chargée de mission de 1ère classe.

Après la guerre, elle fut médecin chef de service à la DGER et fut très active au sein du Comité directeur de l’Amicale du réseau CND Castille.

Elle a été homologuée FFC et FFL.

Distinctions : Légion d'honneur - Médaille de la Résistance française (1945) - Croix de guerre avec palme, Croix de guerre avec étoile d’argent- Kings Medal of courage in the Cause of Freedom

Deux citations à l’Ordre de l’Armée : Agent de renseignement entré au réseau CND Castille en novembre 1942. A fourni un excellent travail dans la région havraise, cherchant des asiles radio, transportant elle-même des postes. A hébergé de nombreux agents du réseau, est venue en aide aux aviateurs alliés. A rendu de très grands services au commandement d’une extrême précision dans la région havraise (Croix de guerre avec étoile d’argent).
« Agent d’un réseau en territoire occupé par l’ennemi, animé du plus grand noble esprit de sacrifice, a abandonné ses études de médecine en septembre 1942, pour entrer en qualité d’agent dans un réseau de renseignements. A transmis à ses chefs jusqu’au moment de la Libération des renseignements de la plus haute valeur concernant principalement le secteur côtier de la Normandie où elle avait recruté plusieurs correspondants. A hébergé chez elle plusieurs agents en provenance directe de Londrès. En juillet-août 1944, complètement coupée de ses chefs et de ses camarades à la suite de nombreuses arrestations et détentrice d’une somme de plus de 30 millions de francs, a pu renouer rapidement grâce à ses capacités de et de sang-froid au moment crucial. S’est acquittée avec mépris total du danger de toutes les missions qui lui ont été confiées ».

Dans son mémoire de maîtrise en histoire contemporaine consacré au Réseau C.N.D., Yves Chanier rappelle que l’une des motivations de beaucoup de résistants était le fait que leurs parents avaient combattu durant la Grande Guerre et qu’ils ne devaient pas l’avoir fait pour rien Dans un entretien avec Claude Adida elle  lui avait alors dit  : « Nous sommes nés dans un drapeau ».

Claude THIERRY-MIEG est décédée le 2 mai 2014 à Paris 16e.

Rédacteur : F. Roumeguère

Sources externes :

Annuaire CND Castille 

Livre Ouvert des Français Libres


Décorations : 
Légion d'honneurMédaille de la résistance

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 568520
Caen: 

Archives du collectif : 
GR 16 P 568520 (archives Isabelle Duhamel)

Biographies : 
 Claude Thierry-Mieg par Jean Gavard (article)
 


Crédit Photo de la notice :  © Yves Chanier, Amicale du réseau CND Castille


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Fiche mise à jour le:  08/10/2022

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