Annuaire des Havrais en Résistance(s)

© DAVCC Caen
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LANGLOIS Jean Eugène Laurent

Chronologie : 1941

Statut : 
  • FFI
  • DIR
Groupes : 
  • Vagabond Bien Aimé
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 15/06/1922  à Maulévrier Sainte Gertrude (76)

Mort pour la France : 10/04/1943 à Sachsenhausen

Parcours dans la résistance :
 

Né à Maulévrier Sainte Gertrude (76) le 15 juin 1922, Jean LANGLOIS, employé des Postes au Havre, compte parmi les membres fondateurs du Groupe Vagabond Bien Aimé en 1941.

Le groupe fut en effet fondé par Louis Pellerin  Jean LANGLOIS, alias ABV 87,  et Jean Maltrud, tel que le raconta Louis Pellerin à Rodrigue Serrano en 1999 : Louis, âgé de 18 ans en 1941, travaillait aux Chantiers Augustin Normand.

Passionné d’aéromodélisme, il avait exposé dans la vitrine de son père un Spitfire britannique attaquant un Messerschmitt allemand, ce qui avait attiré l’attention de Jean LANGLOIS.

A cette époque, ce dernier avait tenté sans succès de rejoindre la France Libre à Londres, par l'intermédiaire de Paul Crochemore. Ce dernier lui avait alors conseillé d'entrer en résistance au Havre.

La rencontre entre Jean LANGLOIS  et Louis initie leur volonté d’entrer en Résistance. Au cours d'une première réunion, à laquelle assiste Jean Maltrud, Jean leur propose de fabriquer des tracts. Aussitôt, ils fabriquent un alphabet de caoutchouc et achètent des rouleaux de papiers gommés. Ils commencent à coller ensemble leurs papillons sur les réverbères du Havre...

Très vite le petit groupe "Honneur et Patrie"  recrute un groupe d’amis venant de la section d’aéromodélisme de l’aviation populaire, à l’aéroclub de Bléville : Jean Denis, les frère Bernard, Fernand et  Maurice Lehaux (16 ans, le plus jeune du groupe) et leur sœur ainée Andrée  ainsi que Louis Vauboin, apprenti-imprimeur.

En  aout 1941, avec Louis Vaubouin et Louis Pellerin, à la hauteur de la Poste de Sainte Adresse, il opère la coupure de la  ligne téléphonique reliant la Kommandantur au camp d'aviation de Bléville. Au mois de septembre, aidé de  Louis Pellerin et Maurice Lehaux,  il participe au sabotage des lignes téléphoniques qui, à hauteur du Funiculaire, relient le Kommandant, rue Félix Faure, aux postes de la Feldgendarmerie et de la Feldkommandantur.

En octobre, Jean LANGLOIS, Bernard Lehaux et Fernand Lehaux - qui travaille lui aussi à La Poste- , détournent le courrier destiné à la Kommandantur et préviennent les personnes compromises dans des lettres de dénonciation. Jean LANGLOIS s’occupe du passage du courrier en zone libre, et le groupe se lance dans le Renseignement.

Le 11 novembre 1941, le groupe pose deux drapeaux- un français et un britannique, dans le carré militaire britannique du cimetière Sainte-Marie.

En janvier 1942, Svetisav Tsiritch, un ancien de la guerre 14-18, ami de Paul Crochemore, accepte d'encadrer le groupe de jeunes gens,  qui prend le nom de "Vagabond Bien-Aimé".

Ce même mois, Jean  entreprend de nouveaux sabotages avec Bernard et Maurice Lehaux  : la coupure de la ligne téléphonique d'Aplemont à la hauteur de l'avenue de Frileuse ainsi que de la ligne reliant Le Havre à Etretat-Fécamp-Epouville et Rolleville, en 17 endroits différents...

Peu de temps après, il se rend avec Maurice Lehaux et Louis Vaubouin à Saint Vigor pour y couper la ligne téléphonique avec l'Eure.

Le 13 juillet au soir, il pose avec Jean Denis un pavillon britannique et un pavillon américains sur la dalle du Monuments aux morts 14-18 place Gambetta.

Le 10 aout, tôt le matin, avant de prendre leur service à la Poste, Bernard Lehaux  et Jean LANGLOIS  déposent un coffret à tracts dans une corbeille à fleurs devant la sous-préfecture. Le mécanisme se déclenche à midi, à la sortie des employés et libère 1200 papillons rapidement ramassés...

Le 18 aout, veille du raid  allié sur Dieppe, l'ordre parvient à Svetisav Tsiritch de couper toutes les lignes importantes de transmissions ennemies. Parmi les 17 lignes qui seront sabotées, Jean coupe les 7 lignes de blockhaus reliant Sanvic et  Sainte Adresse à la Kommandantur du Havre à la hauteur de l'octroi et de la rue Clément Marical.

Le 3 septembre à 5 heures du matin, Jean LANGLOIS grimpe le long du filet de camouflage de la tour de la Gare et y accroche un coffret distributeur de tracts (1500). Le système se déclenche à midi 10,à l''arrivée du train de Paris, bondé de voyageurs français et de persmissionnaires allemands.

Dans la nuit du 10 au 11 octobre, Jean participe avec Jean Denis, Maurice et Bernard Lehaux  à la pose d'un coffret à tracts qui libère son contenu dans la foule à la sortie d'un match de football au HAC.

Le 11 novembre 1942, Jean LANGLOIS, avec l’aide de Louis Vauboin, Jean Denis, Louis Pellerin, Bernard et Maurice Lehaux, grimpe sur le toit du Grand Théâtre au Havre et y place un système de minuterie. A l’heure précise le système déploie  un drapeau à deux faces : le drapeau français et l’Union Jack.

Le 23 novembre 1942 dans l'après-midi, alors qu'il se trouvait à la gare porteur d'un sac des PTT, Jean LANGLOIS est arrêté  et son domicile rue du Président Wilson est perquisitionné. Il détient des documents compromettants mais le groupe ne sera pas inquiété.

Un sentiment de catastrophe saisit  les membres du groupe tel que le relate le récit de La guerre en veston :

Svetisav Tsiritch, le chef du groupe, aidé de Maman Vagabond tente en vain d'obtenir des renseignements qui pemettraient son évasion.

" Le souvenir de ce jeune garçon courageux ne s'effacera pas de nos coeurs car s'il fut pour nous un véritable camarade, il sut être un chef ferme et sincère, sachant ce qu'il voulait, toujours le sourire aux lèvres, même dans les moments les plus difficiles. Il sut également être un homme, ne révélant jamais un seul nom de ces camarades de combat, ni aucune de ses connaissances, malgré les nombreuses tortures qui lui furent infligées par les bourreaux nazis. Cela, nous l'avons appris par Maurice Berrenger, incarcéré en même temps que lui... notre ami Jean, chaque soir était emmené vers 22 heures et ramené vers 1h du matin, le visga tuméfié, sanglant, le corps couvert d'ecchymoses, et les vêtemenst toujours plus déchiquetés. Il répétait sans cesse : ils me soupçonnent d'avoir coupé des cables, mais je suis innocent.

Jean LANGLOIS a été le pionnier du Vagabond Bien Aimé, présent à tous les coups durs, digne d'avoir le triste honneur de figurer parmi les martyrs de la Résistance, aux côtés de Morpain, Guénot et autres héros obscurs, si obscurs qu'ils seront vite oubliés par nos compatriotes qui leur doivent pourtant la liberté et bien souvent la vie."

Jean Denis devait remplacer Jean Langlois au sein du groupe.

Interné à Rouen le 6 décembre 1942, Jean LANGLOIS   est déporté par le convoi de Compiègne dit des 31000, du 24 janvier 1943 au KL Sachsenhausen (matricule 58783) (à Oranienburg pour les archives VBA). 

Jean LANGLOIS est décédé le 10 avril 1943 à Sachsenhausen (Bddm), ou à Oranienburg (archives VBA).

Il a été homologué FFI et DIR.

Distinctions : Croix de guerre 39-45 à titre posthume - Promu sous-lieutenant de la RIF à titre posthume.

Mémoire : son nom est inscrit sur le Monument Résistance et déportation - Rue Jean Langlois au Havre.

Variante d'état-civil relevée dans les sources : décès le 1er mars 1943 selon Le SGA , date incompatible avec la date de sa déportation.


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 336434
Caen:  AC 21 P 472 558

Archives du collectif : 
La guerre en veston : archives VBA (D. Fouache) - Le Visage des martyrs, Maison des Syndicats (P. Lebas) - La Résistance au Havre de 1940 à septembre 1944. Rodrigue Serrano, mémoire de Maitrise, Université de Rouen, 1999 (JH Caillard) - Inventaire manuscrit des rues 1994 (F Amiel)
Archives municipales : 
Cote 40Z2 - Cote 94Z155

Bibliographie :  Cité dans : Le promeneur des non-lieux, Claude Malon, Edition des falaises, 2020 - Alain Guérin, Chronique de la Résistance, éditions France Loisirs, omnibus, Paris 2000


Crédit Photo de la notice :  © DAVCC Caen


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Fiche mise à jour le:  05/07/2021

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