Annuaire des Havrais en Résistance(s)


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CHOQUET Henri Octave

Chronologie : 1941

Statut : 
  • FFL
  • FFC
  • FFI
  • HELPER
Groupes : 
  • Choquet
Réseaux : 
  • COHORS ASTURIES
Mouvements : 
  • LIBE NORD
Unité FFL : 
  • Résistance Intérieure
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 08/07/1877  à Toutencourt (80)

Parcours dans la résistance :
 

Henri CHOQUET, ancien instituteur, est né le 8 juillet 1877 à Toutencourt (80).
Lieutenant honoraire d’infanterie durant la première guerre mondiale, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur et reçoit la Croix de guerre 14-18.

Il est de 1935 à 1940 le Vénérable maître de la loge maçonnique havraise H.H.H.
Il est en relation avec son ami Gérard Morpain, professeur d’Histoire au Lycée de garçons, et dès le 27 juin 1940, ils échangent sur la nécessité d’engager un « plan de rebellion ». . Dès septembre, l’activité de Morpain devient « fébrile », selon les propos de Henri Choquet, avec le recrutement de jeunes francs-tireurs volontaires.

En novembre 1940, Henri Choquet s’installe provisoirement à la Vieux-Rue où sa femme a été nommée institutrice., à deux kilomètres de Morgny la Pommeraye. Il se rend régulièrement à Rouen rencontrer son vieil ami Césaire Levillain,, directeur de l'Ecole supérieure de Commerce. Ensemble ils commencent à noter les mouvements de véhicules dans leur secteur, les avis affichés pour le ravitaillement ou les réquisitions. Fin octobre 1941, son épouse étant nommée à Manéglise, le couple y emménage. Henri Choquet profite de son activité de prospection pour une maison d’édition pour recueillir divers renseignements dans les maisons de la côte ou de la rive droite de la Seine (emplacements de batteries, champs d’aviation, parcs de véhicules…).

En avril 1942, Henri Choquet est embauché au Havre comme employé comptable pour la paie des ouvriers dans l'entreprise de peinture et de carénage de Pierre Goujard. Il recueille auprès des caréneurs d’importantes informations sur la composition et la transformation de la Kriegsmarine, qu’il transmet à Césaire Levillain, devenu chef responsable du réseau Cohors-Asturies pour la Seine Inférieure.. Henri Choquet rejoignit ce réseau six mois plus tard.
Fondé par Jean Cavaillès, subordonné à l'Intelligence Service et au BCRA (services secrets de la France Libre à Londres). Sa centrale était à Paris et ses premiers sous-réseaux ont fonctionné en Normandie et en Bretagne . Initialement, Cohors fut étroitement associé au mouvement Libé Nord, avant de s'en détacher.

Au mois de mai 1942, Henri Choquet (alias Charon, Chevallier, Crépin, Henri), fonde au Havre le Groupe qui porte son nom, antenne havraise et réseau de renseignement du Mouvement Libération Nord (plus communément nommé Libé Nord). Formé au plan national sous l'impulsion de Louis Vallon, Christian Pineau, Louis Saillant, Henri Ribière et Gaston Tessier, tous militants socialistes ou syndicaux, Libé Nord était représenté à Rouen par Césaire Levillain.

Henri CHOQUET recruta une douzaine d'agents qui se spécialisèrent au Havre et sur la côte jusqu'à Dieppe dans l’observation des mouvements des navires et des troupes allemandes : Edmond Casaux,  Maurice Cosnier, Jean Barbier, Roger Bernard  ,Pierre Pleuchot, Eugène Godefroy, Georges Le Sidaner, Albert Demonchy (secteur de Dieppe), ainsi qu'Alexis Duchamp et René Poulnas (secteur de Saint-Romain) .

Chacun de ses lieutenants recrutait lui-même un certain nombre d'agents de toutes professions et de tous milieux, et dirigeait ainsi un certain nombre de résistants, non dénommés. Ils transmettaient à Choquet les renseignements rassemblés.

Le 18 octobre 1942, Henri Choquet déménage une troisième fois suite à la nomination de son épouse à Rouen, mais il reste employé au Havre chez Goujard et il rentre chaque fin de semaine à son domicile, 238 route de Darnetal. En semaine il loge 7 rue Hélène Boucher, dans une chambre à côté de son bureau au Havre, lieu de rendez-vous des résistants jusqu’en mars 1944 , avec l'accord de Pierre Goujard. Chaque fin de semaine il retrouvait Césaire Levillain auquel il remettait les informations recueillies par son Groupe.

Ce mois d’octobre 1942, Henri Choquet rejoint le réseau de renseignement Cohors, fondé par Jean Cavaillès, subordonné à l'Intelligence Service et au BCRA (services secrets de la France Libre à Londres). Sa centrale était à Paris et ses premiers sous-réseaux ont fonctionné en Normandie et en Bretagne. Initialement, Cohors fut étroitement associé au mouvement Libé Nord, avant de s'en détacher.

Outre le Renseignement, les activités d'Henri Choquet consistèrent également en l'aide aux réfractaires et la fabrication de faux-papiers.

En 1943, lorsqu'il est approché par Philippe Liewer, alias Clément, qui cherche à étendre le réseau Hamlet Buckmaster au Havre, Henri CHOQUET l'oriente vers Roger Mayer chef de L'Heure H, auquel il fournissait des faux-papiers (source : Brigitte Garin).

Choquet descendait en train au Havre avec parfois "2000 journaux sous son bras, roulés dans un morceau de papier à tapisser, passant sous le regard parfois soupçonneux des policiers allemands. Le Front National, Libération, la République Nouvelle, L’Heure H et d’autres suivant les apports, étaient remis par paquets assortis à Georges Le Sidaner qui l’attendait à la sortie et partait en vélo faire sa distribution gratuite et obligatoire. Demonchy, Duchamp, venaient le mercredi chercher les paquets mis de côté pour leurs régions".

Au printemps 1943, Choquet eut à faire passer par l’Afrique du Nord ou l’Angleterre des combattants volontaires aux armées alliées. Une chaîne fut formée entre Paris, Dax et Darnétal, à laquelle participa son ami Valentin Thomas. Malheureusement, quatre rouennais furent arrêtés à Dax et l’un des protagonistes qui avait imprudemment conservé sur lui sa vraie carte d’identité permit aux Allemands de remonter la filière qui conduisit à plusieurs arrestations dont celle de Césaire Levillain le 29 mai 1943.
L’enquête dura de longs mois, tous furent torturés pendant les interrogatoires. Suzanne Savalle, « pantelante » ramassa un révolver sur la table des bourreaux et tira sur un officier qu’elle manqua. Césaire Levillain et Michel Corroy ne parlèrent jamais de l’organisation ni de ses membres. Condamnés à mort le 26 février 1944, ils furent fusillés ensemble le 4 mars suivant au stand de tir du Madrillet à Rouen.

Le 10 mars 1944, c’était au tour de L’Heure H d’être touché : Henri Chandelier et Roger Mayer sont arrêtés. Deux jours plus tard, le 12 mars, Maurice Cosnier l'était à son tour.
Pressé par ses lieutenants, Henri Choquet se résolut à quitter Le Havre après l'arrestation de son adjoint.
Jean Barbier le remplaça à la direction du Groupe jusqu’à ce qu’il soit arrêté le 2 août en même temps qu’Eugène Godefroy.

Entre temps, Henri Choquet avait gagné Paris où il était caché par des amis. Il prend la fausse identité de Jules Chevalier et se fait embaucher sous le nom de Crépin, d’avril à juillet 1944, comme gardien à l’usine d’hydravions SNCAN à Sartrouville, dirigée par un commandant allemand.
Il est en contact avec des résistants qui le renseignent sur toute l’activité de la banlieue ouest de Paris. Le mercredi soir, il se rendait à Rouen au bureau du général Peloquin, auquel il apportait des notes précises qui selon ses propos, « permirent à la RAF de bombarder les dépôts d’essence à Gennevilliers et à Carrières ».
Le dimanche il rendait visite à Bourg-la Reine à Lamorlette, agent du réseau Thermopyles, auquel il transmettait des documents.

Son épouse lui apprit durant cette période que leur maison, route de Darnétal avait été cernée par des agents armés de la Gestapo mais qu’ils ne trouvèrent rien de compromettant durant leur perquisition.
Pendant longtemps leur habitation fut surveillée, de même que la chambre que Henri Choquet occupait chez Goujard. Deux perquisitions ne leur permirent pas de découvrir les tracts et les journaux clandestins qu’il avait roulés et dissimulés dans le store de la fenêtre.

Henri Choquet rentra le 14 juillet 1944 à Saint-Martin-Duvivier près de Darnetal (76) et y resta jusqu’à la Libération.
« Cette fin de bonne équipée ne fut pas très glorieuse pour le vieux lutteur que j’étais », note-t-il dans sa relation historique du Groupe Choquet.

Henri Choquet a été homologué FFC et FFL et était titulaire de la carte CVR (1952).

Distinctions : Chevalier de la Légion d’Honneur – Croix de Guerre 14-18.

Il est décédé le 3 juin 1947 à Paris.

Livre Ouvert des Français Libres 


Décorations : 
Légion d'honneur

Carte du Combattant Volontaire de la Résistance (CVR): 18/12/1952

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 129 621 - Gr 16 13 P20 et GR 13 P 131
Caen: 

Archives départementales : 
3868 W
Archives du collectif : 
Témoignage historique dactylographié du Groupe Choquet par Henri Choquet (source non identifiée) - Archives Choquet - Fichier CVR Adsm (M. Baldenweck) - Archives B. Garin - Documents Jean-Hugues Caillard -La Résistance au Havre de 1940 à septembre 1944. Rodrigue Serrano, mémoire de Maitrise, Université de Rouen, 1999 (JH Caillard)
Archives municipales : 
Cote 94Z155

Bibliographie :  Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020.


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Fiche mise à jour le:  05/12/2022

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