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© François Heilbronn
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BENEZRA Benjamin alias Bermond Bernard

Chronologie : 1941

Statut : 
  • FFL
  • FFC
  • DIR
Groupes : 
  • Jean
Réseaux : 
  • ACTION R2
  • Agent du BCRA
  • FYR (Oss)
Unité FFL : 
  • Résistance Intérieure
Zones d'action: Le Havre, Corse, Provence

Date de naissance: 03/03/1921  à Istanbul (Turquie)

Parcours dans la résistance :
 

Bernard BERMOND, de son vrai nom Benjamin Benezra, est né le 3 mars 1921 à Istanbul (Turquie) dans une famille juive turque.

Résidant au Havre à la déclaration de guerre, il s'engage pour la durée de celle-ci.

Il quitte Le Havre, se retrouve à Morlaix puis à Brest, où il cherche à rejoindre l'Angleterre.

Les troupes ennemies arrivant à ce moment-là, il retourne à bicyclette au Havre.

Début 1941, il fait partie du groupe de résistance de Jean Andréani, dont la mission était de faire évader des prisonniers français cantonnés au Havre vers Paris.

A la suite de cette action, il est contraint de quitter Le Havre et s'installe à Marseille en janvier 1942. Après avoir accompli le « Chantier de Jeunesse », il rejoint la Corse en novembre de la même année et intègre le réseau R2/Corse avec M. Panicali, du 1er février 1943 au 10 septembre 1943, en compagnie de Joseph Rocca Serra qui deviendra, par la suite, son radio.

Arrêté par la police italienne le 15 juin 1943 à Bonifacio (Corse), il est incarcéré à la Citadelle et libéré après deux mois de détention. Il participe à la libération de l'île et, notamment, à la bataille de Lévi. Pris dans une embuscade, il sauve d'une mort certaine deux résistants, les frères Grimaud et Jérôme Filippi.

A la libération de la Corse, il rejoint Alger, s'engage dans l'armée française et est détaché à l'O.S.S. (Office Stratégic Service, Bureau des services stratégiques des Etats-Unis) qui cherchait des volontaires pour être parachutés en France. A l'issue d'un stage de trois mois, il est nommé Chef de Mission. N'ayant pas pu être parachuté à cause d'un vent violent, il embarque sur un sous-marin  avec Dominique Borghi puis sur une vedette italienne conduite par un officier anglais qui, depuis Bastia, les conduit sur la côte varoise, près de Ramatuelle, à la pointe du Capion, au Cap Pinet. Ils débarquent le 28 décembre 1943 à quelques mètres de l'ennemi.

Sa première mission était de créer un réseau implanté de Monte-Carlo au Vaucluse, en passant par Salon-de-Provence, à cause de la base aérienne, et surtout de fournir des renseignements sur les plans de défense des côtes de Provence et confirmer les dispositifs militaires mis en place par l'ennemi. Il créa aussitôt un réseau et grâce à des collaborateurs très actifs, il put mettre en place une équipe qui lui a fourni très rapidement les renseignements qu'il souhaitait. Sa mission terminée, il rejoint Alger via l'Espagne.

Le réseau « FYR » qu'il avait constitué était composé de 144 membres, et partagé en trois groupes : Frascati, Yves et Riand.

Sa mission accomplie, il gagne l’Espagne  et est fait prisonnier des Espagnols à Llivia (enclave espagnole), avec Borghi et un ingénieur de Sud-Aviation, du nom de Chantesais, qu'il avait pour mission de ramener à Alger.

Transférés à Puigcerda par les carabiniers espagnols dans une camionnette, ils sont pris en charge par la police. Sachant qu'ils seraient entièrement déshabillés pour une fouille complète, Bermond avait pris soin auparavant de souiller son slip et y introduire dans la ceinture élastique les microfilms. Ce stratagème a porté ses fruits puisque les policiers espagnols, écœurés, lui ont ordonné de se rhabiller. Il a pu ainsi sauver les documents d'une importance stratégique.

Détenu à la prison de Puigcerda, il réussit à convaincre son geôlier de transmettre au Consulat Américain de Barcelone les microfilms qu'il détenait. Le geôlier a lui-même, à son tour, convaincu un de ses amis agriculteur qui se rendait tous les mercredis à Barcelone pour transporter des légumes  de cacher dans un de ses cageots les documents. Les policiers espagnols de garde devant le Consulat Américain l'ont laissé passer pensant qu'il leur délivrait les légumes de la semaine. Pour permettre à l'agriculteur de se faire connaître, il lui confia une bague de reconnaissance qu'Alger lui avait remise, ce qui lui permit de remettre les documents et de faire connaître leur détention en Espagne.

Après une détention dans les prisons de Puigcerdá, Barcelone, Saragosse et enfin au camp de Miranda-Del-Ebro, grâce à la complicité du Consulat Américain qui avait été informé de son incarcération par l'agriculteur, il parvient au début du mois de mars 1944 à se faire libérer.

En mars 1944, Il rejoint par avion spécial Alger par Gibraltar, via Casablanca. Arrivé dans les locaux de l'OSS où il fut chaleureusement félicité, il eut l'agréable surprise de voir tous ses documents, tapisser les murs d'une pièce.

Compte tenu de l'urgence, il lui a été demandé de revenir sur la France, accompagné de son ami Rocca Serra qui avait passé avec succès le stage radio.

Il devait être parachuté pour une deuxième mission en France le 24 mai 1944, en sa qualité de Chef de Réseau.

Après trois tentatives de parachutage, la première annulée à cause du mistral, la deuxième à cause du sabotage de l'avion au décollage, puis la troisième en survolant Lyon, deux moteurs sur quatre ont été touchés par les tirs de la DCA les contraignant d'atterrir en catastrophe à Bastia. La quatrième tentative, le 24 mai 1944, fut la bonne !

Parachutés au « Vallon de l'Homme Mort » près de la Bouilladisse (Bouches du Rhône), ils arrivent à Belcodène et se cachent dans le cabanon appartenant à Rocca-Serra. Lors de leurs parachutages, un container sur deux avait été perdu et trouvé par les gendarmes français qui les  remirent à la police allemande, ce qui a provoqué un ratissage de toute la région. Après confirmation de ce message d'Alger, un rendez-vous a été pris le 12 juin 1944 à 18 heures au bar Berlioz (rue Berlioz) à Marseille où Marc arriva avec un dénommé Pavia.

C’était un piège tendu par le milicien Paul Pavia et ils furent arrêtés par la Gestapo.

Il arrive à s’évader en réussissant une spectaculaire évasion du septième étage de la Gestapo rue Paradis, considérée comme « mission impossible ».

Cette évasion permit de dénoncer aux services d'Alger la trahison de Marc et d'arrêter, à la libération, dix complices de Pavia travaillant pour la Gestapo, dont plusieurs, y compris Pavia, furent condamnés à mort.

Grâce, entre autres, aux renseignements réunis par Bermont et son équipe,, le débarquement de Provence du 15 août 1944 fut un succès.

A l'occasion d'une cérémonie à Nice célébrant le 50ème anniversaire du Débarquement en Provence, Bill Clinton alors Président des Etats-Unis lui fit remettre une lettre de félicitations par le Général Américain Quinn, adjoint du Général Patch, en présence de son Chef, le colonel Hyde, Chef de l'OSS, en reconnaissance des renseignements fournis à l'époque, qui avaient permis aux troupes alliées de modifier leur dispositif de débarquement.

Après-guerre, Bernard Bermond rejoignit la branche action des services secrets français.

Il prit une part de plus en plus active dans la vie municipale (adjoint au Maire de Salon de Provence) et fut également Conseiller Régional, tout en gardant son action au sein du monde combattant.

Elu Président au sein de la Section Départementale des Forces Françaises  Combattantes des Bouches du Rhône en 1961, il est, avec son équipe, à l'origine de l'édification du Mémorial de Jean Moulin à Salon-de-Provence. Président du Comité du Mémorial en 1964, il mène ce projet à son terme, fort de l'amitié et du soutien inconditionnel que lui apporte Laure Moulin, la sœur du héros.

Ce grand projet bénéficia de la caution morale du  Général de Gaulle qui accepta, fait unique, la présidence d'Honneur du Comité et lui accorda son Haut-Patronage.

Le 28 septembre 1969, en présence des plus hautes autorités civiles et militaires françaises et étrangères, Jacques Chaban-Delmas, alors Premier Ministre, inaugure officiellement le Mémorial Jean Moulin, considéré à juste titre comme le plus beau de tous les monuments érigés à la mémoire du courageux préfet de Chartres, délégué du Chef de la France Libre, chargé de l'unification de toute la Résistance Française, qui fut le premier Président du Conseil National de la Résistance.

Bernard Bermond a été homologué FFL, FFC et DIR (interné).

Distinctions : Commandeur de la Légion d'Honneur - Commandeur de L'Ordre National du Mérite- Croix de Guerre à l'ordre de l'Armée - Médaille de la Résistance avec rosette - Médaille des Evadés avec Croix de Guerre - Croix du Combattant Volontaire.

Bernard Bermond est décédé à Marseille 9e le 30 juillet 2008.

D’après l’article MVR et François Heilbronn

Résistants, Personnalités liées à la Résistance (mvr.asso.fr)

Portrait par François Heilbronn

Livre ouvert des Français Libres


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 50597
Caen: 


Crédit Photo de la notice :  © François Heilbronn


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Fiche mise à jour le:  10/09/2024

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