Annuaire des résistant(e)s du Havre
FAFIN Lucien Joseph
- ISOLE
Date de naissance: 02/09/1901  à Le Havre (76)
 
Lucien Joseph FAFIN, né le 2 septembre 1901 au Havre, avait été engagé volontaire à 17 ans durant la Grande guerre.
Il était le frère du policier Jean Fafin (membre du réseau clandestin HAD et du réseau Marathon) et était domicilié 33 rue d’Arcole au Havre.
Selon un courrier adressé à Pierre Naze, il effectua de manière isolée des actes de sabotage sur du matériel allemand à la CIM en 1941.
Maurice Frémont, policier de L'Heure H se mit en relation avec lui pour obtenir des renseignements, qu'il remit ensuite au secrétaire de Police Victor Lebreton.
Son courrier à Pierre Naze, daté du 4 juillet 1973 :
« Monsieur le Président,
En 1941, je reçus l’ordre de démonter de leurs socles des machines destinées à l’Allemagne sur le terre-plein de la C.I.M. Ces machines furent sorties et mises sur des madriers et en l’absence de mes compagnons, je provoquais l’accident.
Le soir, je rendis des comptes au bureau où un monsieur me dit de passer à la caisse et de quitter Le Havre. Cet homme, je le sus plus tard, s’appelait Pierre NAZE.
Ensuite, j’ai travaillé à Fontaine-la-Mallet en qualité d’ajusteur conducteur pour les régulisse et pointot.
Je livrais là encore un combat en volant des papiers pendant l’heure de midi, dans le bureau, profitant de l’absence du polonais parti dans une ferme éloignée faire du marché noir.
Je pris 12 feuilles timbrées, mais dus attendre le lendemain pour me procurer l’Aigle. Je passais les papiers à Morel, un des requis cantonnés à l’école d’Octeville. C’était un samedi.
Le lundi, je fus interrogé et envoyé à la Kommandantür à Montivilliers qui avait son siège dans un grand pavillon à droite, au bas de la côte d’Epouville.
Je pus passer pour innocent et fus charger de travailler dans un trou avec des copains qui ignoraient tout. Je me blessais avec un rasoir et pus ainsi rejoindre ma maison.
Je retournais travailler rue de Tahure comme forgeron pour refaire des pioches.
Tout allait bien quand, un soir, une jeune femme vint à la barrière de mon jardin pour me prévenir que le lendemain, à 11 heures, un homme en gabardine beige serait dans la rue, de ne rien dire et de le suivre.
Derrière lui, j’allais ainsi à la police de Sanvic. C’était Maurice Frémont, Heure H, qui me dit de me tenir à sa disposition et le soir, j’avais la visite devant mon jardin de Victor Lebreton, secrétaire de police, j’avais des renseignements à donner.
Un autre soir, la jeune femme est revenue car il fallait que je me renseigne du nombre de soldats cantonnés au Fort de Tourneville.
Je demandais 2 laissez passer à un officier du lieu de mon travail, car je ne pouvais pas continuer car je n’avais pas de place.
Je me rendais au Fort lorsque j’aperçus un soldat Français seul qui se dirigeait vers les WC. Le soir, j’étais en possession des renseignements que je remis à la jeune femme.
Un soir, j’ai eu la visite de monsieur L. Cayeux à 19h 1/4 à la suite du bombardement, nous étions le 6 septembre 1944.
Une bombe était tombée sur le tunnel et on rassemblait les hommes afin de sauver les vies humaines.
Je commençais avec l’ordre de mon chef de creuser des trous. Il fallait un responsable et je fus nommé. Nous avions mis tout en œuvre pour sauver les gens malgré les éboulements.
Le 8 septembre, nous sommes arrivés à creuser, mais impossible de rentrer du fait de la chaleur. Monsieur L. Cayeux demanda l’aide des pompiers, mais il était trop tard, les gens étaient morts.
Le lendemain, j’ai dû avec mes volontaires hisser un drapeau blanc car il y avait mitraillage.
Un soir, en sortant du cimetière, j’ai vu les soldats mettre 8 mines, mais non piégées. Le lendemain à 7heures, j’aperçus les tanks.
C’est alors, devant eux, que je retirai ces mines qui se trouvaient près de la porte des Anglais. Un F.F.I. que je connaissais de la Transat me gardait mes papiers en cas de coup dur.
Je prévins les Anglais que ma mission était finie et repartis avec mes hommes pour terminer notre triste travail.
Je jure sur l’honneur que ce que j’ai écrit est la vérité ».
Distinctions : Lucien Fafin était titulaire de la Médaille des Engagés volontaires, de la Médaille commémorative 14-18, la Médaille commémorative 39-45 pour services rendus pendant les bombardements et le siège du Havre.
Il est décédé au Havre le 16 septembre 1986 et a été inhumé au Cimetière Sainte-Marie Division : 07 Rang : O Emplacement : 36 (expiré depuis le 11/12/2014).
Rédaction : Sylvie Baudouin
Documents annexés : courrier de Monsieur Lucien Fafin à Pierre Naze (Archives Anacr, archives municipales) - Etats de services de Lucien Fafin
Vincennes : non référencé
Cote 116 Z 2 (Anacr)
Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)
Fiche mise à jour le:  08/03/2023





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