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© Peggy Feuilloley
Photos


FEUILLOLEY Joseph Roger

Statut : 
  • ISOLE
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 30/11/1918  à Fontaine La Mallet (76)

Parcours dans la résistance :
 

Joseph Roger FEUILLOLEY est né le 30 novembre 1918 à Fontaine La Mallet.
Il passe un CAP de peintre en bâtiment dans les années 1932-1935 ; Trois médailles récompensent ses études, deux de bronze et une d’argent.
Il travaille dans l’entreprise de peinture LENOIR qui existe toujours au Havre. Il participe aux mouvements populaires en 1936.
Appelé pour effectuer son service militaire le 2 août 1939, il fait partie de la classe 38. Sa première affectation a lieu au 91ème Régiment d’infanterie basé à Mézière dans l’est. Plus tard il est versé au 124ème RI  en garnison à Laval .
Il prend part à la défense de la frontière Belge et ensuite à la « poche de Lille », au milieu de la ville, entouré par les forces ennemies.
Il est blessé le 19 mai 1940 à Maubeuge par une balle qui lui perfore le ventre jusqu'à la vessie. Fier de son fusil de marque « Lebel », il le démonte et le jette dans un puits afin qu’il ne tombe pas dans les mains des Allemands.
Après sa blessure il est dirigé sur l’hôpital de Calais, le 21 mai 1940.Une première opération  effectuée pour extraire le projectile échoue : il est considéré comme perdu et mis en chambre mortuaire dans la chapelle de l’hôpital. Reprenant ses esprits, il se met à gémir pour alerter le personnel soignant (des religieuses).
ll repasse sur le billard en juin 1940 et sera opéré par un jeune chirurgien Allemand qui retirera la balle par le dos, sans anesthésie . Il rejoint l’hôpital d’Enghien en Belgique du 22 juin au 29 juillet. Ensuite durant un mois, c’est l’hôpital de Mons qui l’accueille d’où il sortira le 29 août 1940 pour retourner à Enghien jusqu’au 24 novembre 1940 après avoir appris a réforme définitive en date du 14 novembre 1940, par une commission allemande.

Il est transféré comme prisonnier de guerre au stalag XII A à Weinhein Baden et sera rapatrié sanitaire fin 1940.
Il rentre d’Allemagne dans un état physique très dégradé, conjonctivite aux deux yeux, teint cireux, malnutrition. Après une longue convalescence et de nombreux soins, il réintègre la société Lenoir et reprend son métier de peintre une fois rétabli.
Il fait rentrer dans son entreprise son frère Alexandre et à eux deux ils se livrent à diverses actions risquéees.
Lors d’un chantier, qui consistait à repeindre des chambrées d’officiers allemands postés sur la base aérienne d’Octeville, un camion citerne garé laissé sans surveillance, à deux pas, attira l’attention de Joseph et de son frère. Discrètement, ils introduisirent un chiffon enflammé dans le réservoir d’essence. Le résultat ne se fit pas attendre : « sabotage et terroriste » résonnèrent sur le terrain. Eux continuèrent leur travail comme si de rien n’était. Le terrain était occupé par l’escadrille Von Richthofen à l’époque. L’occupant quittera la base fin 1943, creusant des tranchées dans la piste d’atterrissage pour la rendre impraticable.
Une autre fois, attablés au café « Le Coucou du Bois » abandonné mais toujours debout, avenue de Frileuse, Alexandre exhibait une superbe bague, un officier Allemand, intéressé leur demanda s’ils la vendraient. La négociation pour l’acquérir commença. Le prix convenu, l’allemand prit la bague et sortit du bar sans se doutait de ce qu’il l’attendait. Les deux frères lui emboîtèrent le pas et le suivirent place Sainte Cécile jusqu’à l’escalier roulant où ils le poussèrent dans les marches. Le malheureux dévala en entier les trois cents marches. Les deux frères récupérèrent la bague et le laissèrent pour mort ce qu’il advint. Ce fait entraînera des représailles sur la vie de la population (couvre-feu).

Joseph aida également des réfractaires au service du travail obligatoire à quitter Le Havre par le train (Maurice Avenel, boulanger avenue de Frileuse entre autres).
Il commit d’autres faits, notamment sur le plateau de Caucriauville que les troupes d’occupation fortifiaient pour la défense du Havre.

Après la Libération, fin 1945, après avoir démissionné de la maison Lenoir, il créa sa propre entreprise de peinture et décoration. A cette époque le travail ne manquait pas et les chantiers se succédaient, mais l’argent pour la reconstruction et les dommages de guerre se faisaient attendre. Il déposera le bilan et entrera dans l’entreprise Décorpeint où il fera sa carrière et y prendra sa retraite en1978. Il est décédé le 15 août 1992 dans un accident de la route en Charente Maritime « lui qui n’avait jamais passé son permis de conduire »…

D'après le récit de Peggy Feuilloley, sa petite fille.

Document annexé : "histoire de Papy dit Pitou", récit de Peggy Feuilloley - documents d'archives familiale et photographie.


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : Non référencé
Caen: 



Crédit Photo de la notice :  © Peggy Feuilloley


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Fiche mise à jour le:  11/03/2023

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